De pace fidci, ch. I
platoniciens qui jetèrent tant d'éclat aux xv* et xvi* siècles ; consultons par voie directe les Pic de la Mirandole que Savonarole comparait à Saint-Thomas et à Saint-Augustin sans que l'éloge soit inconsidéré, les Marcile Ficin appelé le Saint-Thomas du Platonisme, les Georges de Venise, les Ghristophore Landino, les Ambrogio Traversari...
Au siècle passé, une science nouvelle, celle des Religions comparées, affermit sur des bases inébranlables la conception traditionnelle des dieux, honorés chez les peuples groupés sous le nom générique de gentils, par rapport aux notions issues de la Révélation.
On doit le constater, la Renaissance avait déjà posé les fondements de cette science. L'étude des auteurs anciens, réunis en Bibliothèque universelle, parallèlement avec les écrivains inspirés et traditionnaires (cabalistiques), se termina en Conclusions synthétiques que les temps modernes n'ont pas infirmées, bien au contraire, puisque tout un système d'apologétique religieuse fut établi sur la concordance des traditions unanimes.
La Renaissance s'enthousiasma pour les ouvrages antiques, c'est vrai, mais l'amour de l'Anti-
quité ne constitue pas le paganisme de Fesprit. Il n'y a pas de siècles païens ; il y a des païens dans tous les siècles. Sensible à la tendresse d'Anacréon qu'il retrouve dans Synésius, Bossuet se montre plus sensuel, plus païen que le pur Fénelon sous son enveloppe mythologique.
Avant de caractériser une époque il est nécessaire de s'initier à la fois dans sa philosophie et dans son mode d'expression. Ainsi l'ambroisie platonicienne que célébraient les Renaissants se nommait en réalité pour eux : la vision divine dont jouit l'àme béatifiée ' ; l'Achéron était le Purgatoire. Le fameux Landin aux précieuses questions camaldides nous apprend que « passer de l'Achéron au marais infernal » signifie le passage de la pensée qui s'égare à la concupiscence jusqu'à l'acte du péché ^
A mes yeux, et les preuves sont abondantes, Léonard de Vinci exprimait les croyances philosophiques et religieuses de son époque. Nous savons qu'il avait lu Nonnus, qu'il connaissait Plein par son ouvrage principal : Theologia plato-