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CHAPITRE IV ÊTRES ET CHOSES IMPLICITEMENT DÉTERMINÉS

Une petite fille est allée porter une ordonnance chez un pharmacien ; elle y retourne une heure après : Monsieur, je viens chercher la potion ; le l)harmacien n'hésite pas, ne questionne pas. Il n'y a aucune détermination dans la phrase de l'enfant, mais il y a un rapport entre sa première démarche et la seconde. Si elle était venue demander une potion, on lui aurait dit : quelle potion ? mais elle a apporté auparavant une ordonnance ; quand elle revient, c'est évidemment la potion conforme à l'ordonnance qu'elle vient chercher. De même, au moment du baccalauréat, on commande à l'appariteur : Faites entrer les candidats. Nui besoin de dire : les candidats au baccalauréat, cela résulte du lieu, de la date, des personnes présentes, élèves et examinateurs.

Ces déterminations implicites sont extrêmement nombreuses. Les circonstances, le milieu sufTisent pour qu'un nom général soit appliqué à une catégorie particulière. Pour un conservateur ou un visiteur de musée, le mot général collection suffît. Il suffît aussi aux magasins du Louvre, sans que l'on ait besoin d'ajouter, dans le premier cas, de tableaux, dans le second, d'échantillons. De même le Conseil, pour une Société, c'est le conseil d' Ad- i niinistration ; pour un soldat, ie conseil de guerre; loour une Faculté, la réunion des professeurs et ainsi de suite. Combien y a-L-il de présidents I Dans chaque corps, chaque Société, on s'adresse au président, et on sait duquel il s'agit.

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