‹ La pensée et la langueChapitre 105 sur 587 · FÉM · texte numérisé non relu

FÉM

i cil

(ci

i celé

Singulier :

i celui

( ci (la

{ celi

i cel

IS

i celé

Pluriel :

i cil i ccls

Ua jci lia

i celés i celés

(1) Nous avons dans ce livre, laissé de côté le geste, qui ne nous appartient pas. Une faudrait pas oublier que c'est un langage.

1 ceste

i cist

IS

Singulier :

i cestui

la

i cest

ha

Pluriel :

i cist i cez

(ci

lia (Ci

t Cl

)la

(Cl

icesti .jj^^

1 ceste

i cestes

i cestes, cez

Plus t;ird, grâce à une discrimination si:)ontanée, qui a demandé plusieurs siècles, mais qui a été complète et parfaite, il n'est resté que les formes nécessaires, et toutes ont été spécialisées dans un rôle sj'ntaxique. Nous avons, 1° une série de démonstratifs adjectifs, cc{t), ciiic (1), ces (2), avec la possibilité de distinguer entre l'objet lointain et l'objet prochain, au moj^en de ci, là, ajoutés au nom : cel homme-ci, ces hommes-là.

2" De l'autre, une série de nominaux et de représentants :

celui i ci celle i ci ce ( ci

— (là - jlà -)la

ceux ( ci celles ( ci

- I là — \ là

La langue a hésité entre ci et ici. Malgré Vaugelas, elle a préféré le premier (h. l., III, 293), forme mieux faite pour être enclitique. Le même Vaugelas avait voulu supprimer les façons de parler telles que cet homme (i)ci, qu'on disait populaires (Rem., ii, 68). Heureusement elles ont survécu ; mais on observera que : ce Monsiei:r-là, cl autres formules analogues, n'exprimenl pas respectueuscmcnl. Il faut dire : Monsieur que voilà (3).

Les démonstratifs qui accompagnent des noms Iqs pr飣dent lo}i jours tt s'accordent a^•ec eux : celte prairie, ces fleuves.

Les démonstratifs comme signe. Leur valeur déterminative. — La

])résentation est souvent purement abstraite; les démonstratifj; ne^sont pas seulement des gestes, et il ne faut pas prendre leur nom dans un sens troj) étroit. Ils ne mettent pas toujours sous les yeux. Sitôt qu'il ne s'agit plus d'un objet matériel, mais d'un être ou d'une idéei-4^mr-j:ûlej1eyi£jiLJigiiré. Ils spécifient donc aussi le temps : Elle était moins gaie.. ceite année : — à ce soir ; — ce jour-là, nous rirons bien. Ils marquent souvent 4^s rnpporis vagues : Ces dames vont bien : - Oh ! cette idée ! — Voyons cette langue ; — et ce mariage, où en est-il ? - tous les amis, le ménage Lornvau, Madame J.echaptois, ces demoiselles Hcchefeuille (in.AVB., Un ca-ur simple, 16).

(1) Sle s'est conservé, mais avec un caraclère populaire marqué. Au XVII<' s. il eût été péda«t, (lit Th. Corneille, de prononcer autrement.

(2) Cette réduction de cestes à (es a été expliquée tantôt par c sl's ^ cez ; tantôt par un emprunt de la forme féminine au masculin ; tantôt par J'analogie île les, mes, tes.

(3) L'addition de ci et de là réduisait singulièrement le rôle du démonstratif. Certains dialectes l'ont abandonné et lui ont substitué l'article : Beganlc donc l'homme là (Lorraine).

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