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DÉTERMINATIONS EXPLICITES- A.) LA DÉMONSTRATION

Souvent la dénionstratioii est une réiércnce à ce qui a été dit antérieureineiit: A c&^4x^\h, je vous prends votre récolte. (On vienHie dire le prix) ; — à cette époque-\SL, la vie humaine comptait pour peu de chose. (On fait allusion à une époque qui a été désignée auparavant) ; — L'audace d'une femme, arrêtant ce concours, En des jours ténébreux a changé ces beaux jours (rac. Ath., 13; le poète vient de décrire l'empressement du peuple) (1).

Il ne faudrait pas croire que la personne à laquelle renvoient les démonstratifs soit toujovirs-ronnue : Un homme est venu vers 3 heures; cet individu, après nous avoir demandé où vous étiez, prétendait entrer ici. On ne sait pas de qui il s'agit. Cet individu renvoie à un inconnu ; on sait seulement qu'il s'agit de l'homme dont il a été question.

Articles et démonstratifs. — L'article était uu démonstratif, qui a peu à peu diminué^e valeur. Les démonstratifs nouveaux tendaient à reprendre le cliemin qu'il avâir^suivi.

Dans les textes on relève-,d.es. articles comme démonstratifs et, inversement, des-déiiiOQiiiratiisJ-eiiant à peaprès.le rôle d'articles. Voici des vers d'Orson de Beauvais : Ce fu ou mois de mai, Que li tens renouvalle, Que florisscnt cil bois et verdissent ces herbes (1741). Cil, ces tiennent exactement le rôle d'articles : que fleurissent les bois^ que verdissent les herbes. On peut citer une foule d'exemples anciens de ce genre : Après la messe ne vost plus demorer Li rois, ainz fct tout son oirre aprcster, Lors veisiez ces chevax enseler, Metrc ces frains et ces bernois trouser (Aymeri, 1243). — 11 y en a aussi en moyen fr. Commines écrit par exemple : Au meillieu de ce pont fut faict un fort treillis de boys, comme on faict aux cages de ces lyons (i, 313, M.). Quels lions ? Les célèbres lions peut-être. Peut-être aussi simplement des lions.

Le sens vraiment démonstratif une fois sauvé, il sembla que la détermination marquée par là fût suflisante et n'en comportât pas d'autre. Allaiton continuer à dire >Prrt^jie.de Dieu je reçois cette grâce De voir encore de mon seigneur la face? Les grammairiens du XYII^ s., se sont.l'u.n après l'autre, prononces contre cette façon de parler. Quand ils rencontraient une phrase telle que celle-ci ^^^ cetéjai-ûù /> suis, ils y trouvaient (cde la super- .- — fl«ité» . Il leur semblait qu'il fallait dire ou : en cet état, ou : en l'état où je suis ; — il m'a fait V honneur de me dire, et non : il m'a fait cet honneur de me dire. Au XVIIJe s., on admettait difficilement des vers comme ceux-ci : C'est là ce Néresian, ce héros plein d'honneur. Ce chrétien si vanté, qui remplissait Solyme De ce faste imposant de sa vertu sublime! (volt., Zaïre, iv, 5).

L'usage n'a pas cédé ; on lit dans Hugo : Quand même grandirait l'abjection publique, A ce point d'adorer l'exécrable trompeur (Chat., Ult. verb.) (2).

(1) II exii-k- des démonstratifs de rappel : ledit, le siisdil, le susvisé, mais ils ne sont jamais sortis vraiment du langage des hommes de loi.

(2) Cf. Bateleurs de Vaultl. voilà quels sont vos rôles, Et quand un galant homme à de tels compagnons Fait cet immense honneur de leur dire : Mes drôles. Je suis votre homme, dégainons. (Ib., A des journ. de rob. c). Le démonstratif n'est là que pour marquer l'importance de rhonr.eur fait. Il souligne, c'est la suite qui détermine.

146 INDÉTEEMINATION ET DÉTEIUI INATIOX

On euiploic aussi très bien l'article en guise de dcmonslralif, d'où les exclamations : Oh ! la bonne blague ! à peu près équivalent à : Oh ! cette bonne blague ! Il est même parfois impossible d'employer le démonstratif : 0/2 / le délicieux pays !

Ce 18 février se met encore dans les lettres. C'est du style de Palais qui s'est géî-iéralisé. (Cf. eejoura'hui).

Les nominaux démonstratifs. — Ça n'est pas ancien. Dans les transcriptions phonétiques du XVIP s., on trouve encore sla. Cependant ça existait déjà alors dans le parler populaire. Il est écrit dans une lettre de La Fontaine du 10 septembre 1661 : si ça est ; on le trouve chez M™e de Sévigi.é (13 mai 1680). Il est pourtant taxé quelquefois encore de forme populaire. En réalité: Écoutez ça ; donnez-moi ça, etc. sont universellement employés.

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