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L'APPARTENANCE. LES POSSESSIFS

« Les verbes qui se conjuguent avec deux pronoms delà même personne ôtent communément toute équivoque ; et quand je dis : je me suis blessé à la main, il est évident que je parle de ma main ; alors dans ce cas l'emploi de l'adjectif possessif seroit une faute.

« Cependant l'usage autorise à dire: Je me suis tenu toute la journée sur mes jambes ; je l'ai vu de mes propres ijeux ; je l'ai entendu de. mes propres o'-cilles » (343).

Il faut ajouter, et cette remarque est fort importante, que si le nom est accompagné d'une qualification, le possessif reparaît : elle leva les bras, inâîs": elle leva ses bras chargés de bracelets : ■ — Rouvre tes yeux qu'emplit la lueur du tombeau ; - - la machine souleva encore son genou de géante.

En outre le possessif reparaît quand il s'agit d'indiquer un des rapports dont il a été question plus haut : J'ai mal à mon bras (au bras qui me fait mal d'ordinaire). - - Elle a toutes ses dents (les dents qu'elle doit avoir, les dents normales).

Enfin, il y a des ca])rices de langue : j'ij perdrai la vie, la raison ; j'y perdrai mes cheveux.

On peut conclure que le possessif est la forme normale ])our l'expression du rapport aux personnes ; mais l'article se substitue à lui, comme un substitut suffisant, quand le rapport n'a pas besoin d'être fortement marqué. Encore faut il ajouter que beaucoup d'écrivains en usent très librement. Ainsi Lamartine a écrit : La biche impatiente au vent tendait sa tête (Joe, 7 déc. 1794).

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