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CHAPITRE VIII A UT RE S DÉTERMINA TIONS

Les compléments les plus divers, soit seuls, soit en groupe, servent à l'individuation. Ils peuvent apporter des notions de toutes sortes. Ils peuvent consister en adjectifs, participes, compléments, relatives : l'ancien régime, le brevet supérieur, le budget de demain, les matières premières que nous tirons de nos colonies, etc.

Nous parlerons plus loin des caractéristiques spéciales de lieu, de Lemps, d'originerde |>rix,^ de manière ; or, caractéristiques à un endroit, elles sont déterminations dans un autre.

Ce qu'il importe de remarquer, c'esl^qu'il existe des compléments de détermination qui ne se rapportent véritablement à aucune de ces caractéristiques.

^IJne détermination parfaite est celle qu'on obtient par le rapport \4^entil,é : si je dis : vous ai'çzJamême robe que vous aviez dimanche, cette robe est strictement déterminée ; — - j'ai déjà trouvé la même opinion chez Rousseau.

Compléments et propositions de détermination. — 1» Pendant toute la période de l'a. L, le complément déterminatifse construisait, en certains ca^ sans La:&pociitioiT.-fce nom se mettait alors au cas objet (héritier des fonétions du jénitif latin) : le rei gunfcmuniers (le gonfanonier au roi, Roi., 106) (1) ; -^ l'enseigne Carie n'i devum ublier (Ib., 1179) ; — a feste Seint Michiel (Ib., 37). — On trouve généralement, dans cette construction, le nom déterminant après l'autre : Mère Dieu ; la meson son père ; — A la grand feste Seint Michiel de TPeril (Roi., 152). — Elle s'étendait même aux féminins, qui navaicnt ])oint de cas distincts : // filz Sainte Marie. On trouve aussi le pluriel : les demoiselles les reines.

Il nous en est resté des noms tels que l'Hôtel- Dieu, L' Église Notre-Dame.

20 On se servait d'un comjjlément construit avec la préposition de. Au latin Urbs Romae succéda à la décadence Villa de Roma (en f. la ville de Rome). Ici nous avons affaire-à-un^-appasitian^f/c-est simple copule. Ailleurs, il y a dépendance : le chemin de Rome ; mais la préposition n'a pas pour cela un sens plus particulier: si recevrez la lei de chrestîens (Roi., 38) ; — branches d'olive en voz mains porterez (Ib., 72).

En f. m., de a continué à être d'usage constant, le fond de la rivière; —

(1) V. J-oulet, o. c, 15 e s.

IGO INDETERMINATION ET DETERMINATION

les arbres de la forêt ; — les tragédies de Racine ; — rhabitude de se contraindre ; — les rôles d'ingénue ; — le nmitre d'écriture ; — le théâtre de la Foire ; — les rêves de la jeunesse ; — l'instinct de la conservation ; — r instrument du crime. — Eh bien, oui, fai retrouvé F ami de ma jeunesse (DUMAS, L'Étr., X, 112).

30 En f. m., un adjectif tient très souvent la place du nom en dépendance : critique musical, morceaux historiques, convention postale. Cet emploi a été souvent critiqué, sans que le développement en pût être arrêté. Il est devenu très important. On entend dire : la question j'erriigineuse, le réseau jerroz'za/re. Si l'adjectif n'existe pas, onl'invente;- - 'x'-^i^^uer

40 On se sert souvent de propositions conjonctives : le livre que vous réclamez vous a été rendu en juillet dernier ; — la situation à laquelle VOUS prétendez n'est pas digne de vous ; — le chemin par lequel il faut passer prend à côté de l'Église ; — l'honneur qui VOUS échoit est bien mérité.

Rapports entre déterminatifs et déterminés. — Ces rapports ont ité longtemps assez mal réglés, et il arrivait qu'ils fussent peu clairs.

Malherbe exigeait que l§.-posî>cssif- -eût un antécédent bien -déterminé^ auquel on pût le rapporter grammaticalement et avec lequel on le fît accorder. Kn examinant ces vers : Mais quel caitre nuage, en si grande jeunesse, Peut troubler votre esprit, sinon quelque maîtresse ?... Leur eûiu/;^ est variable, il feint de ne pas comprendre. Le cœur de qui ? demandc-t-il. Le poète devait dire:-XQ cœUr dés femmes es/ variable {Conim. s. Desp., iv, 101). L'accord par syllepse se trouverait ainsi condamné. A dire vrai, | on en trouverait des exemples jusque chez Malherbe lui-même : C'est mal vivre que de commencer toujours ci vivre, pour ce que leur vie est toujours imparfaite (Épître xxiii. Leur vie est mis pour : la vie de ceux qui commencent) ; — ■ ces salles à festin étaient alors inconnues... Deux pieux fourchus soutenoient les deux côtés de leurs loges (Épître Sénéq., xc, Leurs loges désignent les loges des hommes du I^'^ siècle). Néanmoins, dès ce moment, la lutte contre les équivoques commença. Vaugelas poursuivit le travail (II, 3G8) ; il était fort nécessaire. Depuis le XVIIIe s., on en use fort étroitement (h. l., m, 692). Seul un Lamartine, avec sa négligence ordinaire, brouille les son et les sa : Un réseau noir serrait ses cheveux dans sa maille ; Deux tresses seulement descendant sur sa taille. Où quelques blondes fleurs des prés s'entremêlaient. {Joe, 6 juil. 1793) ; - Comme Pijgmalion, contemplant sa statue, /'/ promenant sa main sous sa mamelle nue (Réc. poét., A. M. Fél. Guillcm.)

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