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LE SIGNE DE LA DÉTERMINATION. L'ARTICLE DES DÉTERMINÉS

Le, la, les. — Quand un nom d'individu est déterminé, il esL diisage en f. m. de le prctienler comme déterminé, au moj'en de l'article le, la, les, assez mal appelé « article défini ». Ex. : le portique de la Madeleine, la fin du XV 11^ s., l'orgue du Trocadcro.

Ixs noms qui expriment une espèce sont aussi présentés comme déterminés par l'article défini : les })oissons ; les sapins. Peu importe du reste la compréhension de la catégorie, qu'il s'agisse d'un embranchement, d'un genre ou d'une simple variété : les arbres fruitiers ; les statues grecques ; tes figurines de Tanagra.

Il faut observer tout d'abord que lej;ôle dfij.laït,i^le s'étend aux noms -qjLxi-softt-détewïiLaÉs ^safts-q+t^ueimir dcterminiiti^n -les accompagne. Soit une table. Sitôt que, pour une cause quelconque, on sait de quelle table il s'agit, l'article intervient : maman met la table (il s'agit de la table à manger). C'est même l'article qui seul sert à empêcher qu'on ne pense à une table . quelconque (1).

Les formes de rartjcle. — Ce n'est que-iml lÊiLtÊmen.t que les '< articles définis » ont pris leur rôlf.Lj-.e-4atitt4es -ignorai t. Ils sont nés à^la fin derla^période latine, ou plutôt se^s.ont^-alors^- jiégagés de leur fonction dé«iott5trattve-(»v-t.^ I,- 97V; iU&^novicius signum faciat (benoist de nursia cf. A. 1., L, IX, 506), dans un texte de la décadence, veut dire à peu près : que le novice (dont il a été parlé) fasse le signe (2). En a. f., l'article avait deux cas, comme le nom ; il en sera parlé plus loin. Avec les prépositions, il s'est combiné en des formes contractes, semblables à celles dont nous avons parlé : de le > del > deu, du ;<^aIe>aL> au ; en le > enl > et > eu, ou ; su(r) le > sul ; de les > des ; a les > als, aus, aux : en les > es. C'est une raison de phonétique syntaxique qui explique ces formes ; dans à le mur, les syllabes ne forment qu'un mot phonétique, e disparaît par

(.1) Cf. pcisscz-moi le plat (celui qui est sur la table ou dans le voisinage) ; — c'est un œuf du Jour (du jour où nous sommes).

(2) Ce qui importe ét\-mologiquement, c'est comment ille a pu donner H en même temps que il. Tantôt ille était accentué, tantôt non. Soit : ille videl, d'une part ; ille murus, de l'auirp; Dans le premier exemple, ille (sujet) se trouve ordinairement séparé de videt ; il conserve l'accentuation qui lui est propre, sur il. Dans le 2» exemple, ille (ou illi) accompagne toujours son nom murus, de telle sorte qu'ils forment ensemble un véritable mot phonétique unique. H est naturel <lans ce cas que l'accent du groups se portant sur la première partie de murus, il de ille, devenu proclitique, tombe ; le seul demeure {li murs).

conséquent, on passe à la forme al mur; toutes les formes contractes en / s'étant Yocalisées normalement, al devient ensuite au; cf. del, deu ; de deu, on passe à du, comme dans senr, sûr ; meur, mûr. Enl, el, devient de même eu, qui par un changement dont on retrouve ailleurs l'analogue, se transforme en ou. Des, es sont des formes analogiques.

Ces formes constituent en réalité une-ii^ilUblh? déclinai§ûii,-H+te des^seules que nous ayons en français, car lorsque vous les mettez à la ri\çj JCjjiu^aj.i , es, oUj elles représentent vaguement un sujet, un génitif, un datif, un Ifccusatif et un locatif ; c'est ce qui explique l'opinion des grammairiens du XVP s., qui s'entêtaient à trouver des cas en français et à décliner le nom. Ex. : le mur ; génitif : du mur etc. A dire vrai, le nom français se décline par son article.

Disparition de es et de OU — La disparition de ou est antérieure à celle de es, qui n'était pas complète encore au commencement du XVIIc s. ; on connaît les expressions qui ont survécu : bachelier es lettres, etc.

Développement de l'article. — I>'évolution du sens a été assez lente. Longtemps il resta quelque chose de la valeur primitive dans le, ia, les : Ço dist li reis : al Jesu e al mien (RoL, 33C = à celui de Jésus et au mien). — A proprement parler, à la Saint Jean signifie ù celle de St-Jean (à la fête do St-Jean). Mais tel n'est plus le sentiment moderne. On ne sent en aucune façon que la représente le mot fête. La est article dans la St-Jean, comme dans : ic jour de l'an ; le 14 juillet.

Dès la plus ancienne langue, l'article défini apparaît pour marquer que l'extension du substantif est limitée à certains objets ou à certains être . q\ù sont connus ou déterminés d'une manière quelconque : Dist Blancai,drins : apelez le Franceis {Roi., 506).

Au contraire, quand le substantif est pris dans toute son extension, le plus souvent l'article défini manque : pur sa beltct dames // sunt amies (Ro'., 957 = pour sa beauté (les) dames lui sont amies). Mais il ne faut pas croire à une extension rationnelle fondée sur des besoins. A chaque instant l'cirticlc manque là où on eût pu l'attendre.

Depiis le début du XIII^ s., jusqu'au XVie s., les progrès de l'article furent constants. Comme il avait perdu son caractère démonstratif, il s'éteidit par analogie (h. l., i, 342, 162-4), tout en restant relativement rare avec les noms abstraits : jusques mort me consume (vilt.on, Bail, à un gentilh.) ; — puis paix se faict (Id., Bail, de la grosse Margot). — Au XVI^ s., quoiqu'il ne puisse être question de « règle » , à proprement parler, un poète comme Ronsard est là-dessus d'accord avec un grammairien comme Meigret : les articles omis défigurent l'oraison (h. l., ii, 386-399).

L'article se généralise désormais même devant les noms abstraits. Le progrès sur ce point se marque nettement du début à la fin du XYI^ s. : ... toutes les choses, que la Nature a crues, tous les ars et sciences, en toutes les quatre parties du monde (du bei.l., Déf., 48-49). — On le trouve aussi après une

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