LE SIGNE DE LA DÉTERMINATION. L'ARTICLE DES DÉTERMINÉS
préposition : en l'esté (bouchet, Serées, i, (39) ; — troublé de guerres civiles, SOUS les prétextes de religion et bien public (l'est., Journ. de H. III, 35).
L'AGE CLASSIQUE. -- Au XYII^ S., le dernier pas fut franchi. On dit encore : àjous^égards , mais c'est une locution, comme enjous cas. Fût-ce avec tout, l'article est d'usage. Il faut dire : tous les hommes ; toutes les femmes. De mêine avec les abstraits, l'analogie l'a imposé : l'honneur, la piété, l'avarice.
L'article et les locutions verbales ou nominales. — Jusqu'alors, le verbe suivi, du nom sans article ne pouvait être considéré comme une locution verbale composée véritable, puisqu'il était à peu près facultatif de ^Trjettre ou non l'article. Désormaisla différence entre une expression juxtaposée et une phrase ordinaire fut souvent marquée par l'absence de l'article. Ainsi : promettre mariage, avoir envie, entendre raison (1). Oudin marqua.it déjà la ditïérencc entre prendre médecine et prendre la médecine. ^"^l'on viëîrTa'speclfi^iSoa y peut adjonter l'article » (G/-.. 63 ; h. l., in, 422 et s.). Les grammairiens ne discutent plus que sur des cas particuliers. Vaugelas s'interroge sur vent du midi et vent de midij ; l'Anonyme de 1657 sur fruict d'esté ou fruict de l'esté (21). — Autour de La Bruyère, on polémique sur ouvrages d'esprit ou ouvrages de l'esprit.
L'article et la grammaire logique. — Ainsi, de plus en plus, tout nom, pour tenir dans la phrase un rôle syntaxique, doit être accompagné d'un article ou d'un mot jouant un rôle analogue. Vaugelas pose en principe que le nom, pour qu'on puisse lui rapporter un relatif, doit être accompagné de l'article ou d'un de ses équivalents (Rem., ii, 104). La théorie générale est donnée par Port-Royal, qui en a fait un exposé d'une netteté puissante :
Le nom commun, comme Roy.
sans article
avec l'article le signifie ou
ou n'a qu'une signification fort confuse
ou en a une déterminée par le sujet de la proposition ,
l'espèce dans toute son étendue
un ou plusieurs singuliers déterminés par les circonstances de celui qui parle, ou du discours.
£7 a f(.il un festin de Roy, ils ont fait des festins de Roys.
Louis XIV est Roy, Louis XIV et Phdippe IV sont Roys.
le Roy ne dépend point de SCS SI jef.
Les Roys ne dépendent point de leurs sujets.
Le Roy o fait ta paix, c'eut à dire le Roy Louis XIV, à cause des circonstances du temps :
Les Roys ont fondé la principale abbaye de France, càd.
les Roys de F rince.
(1) Il y a naturellement des locutions a\ec article : prendre le change, la fuite. Certaines qui n'avaient pas l'article terdent î^i le reprendre en f. m. : la ferme que le garçon d'ailleurs n'avait pas l'envie de quitter (zola, Déb., 565).