LE SIGNE DE LA DÉTERMINA TION. L'ARTICLE DES DÉTERMINÉS
joLianl dans la phrase un rôle syntaxique, c'est le cas d'in^^i 4kittméTTrtton. I,à l'ancienne liberté a survécu : femmes, moine, vieillards, lout était descendu (i.A FONT., Fut. VII. 8) ; — jet<mt shakos, manteaux, fusils, fêtant les aigles (v. h.. Chat., Exp.).
Il ne faudrait pas croire du reste cjue, dans rémunération niénie^ l'omission (le l'article suit obligatoire : sous sun ér/a;/-. lësTras, les cœurs, les yeux, les fronts tremblent (v. n., Lég., Pet. P.. de Gai.) (1). Elle donne une alhr.e plus rapide, tandisjjue l'article don.ne quelque chose de ])lus pesant ou de plus comiDassé. Elle donne aussi une généralité plus grande.
En fait, l'article e.st partout où son rôle l'appelle, près des noms d'espèce et près des noms d'individus : l'hiunanité ; l'homme primitif ; le Alasque de fer ; près des abstraits et des concrets : la seienee : la victoire de la Marne ; la (jarc de l'Est; près des noms implicitement déternnnés, comme de ceux qu'une détermination accom])agne : pendant la guerre ; par ordre de la Faculté (la Faculté de Médecine) ; entends-tu la cloche, nous cdlons être en retard (la cloche peut être celle du collège, celle de l'égiisc celle de l'hôtel, etc.).
Répétition des articles. - Quand il s'agit de déterminations, il y a lieu de consulter le sens.
Chaque fois qu'on vise à présenter comme déterminés des espèces ou des individus, sauf dans des expressions toutes faites, l'article s'impose, disent les grammairiens. C'est trop généraliser. T/usage n'en est pas là ; sans doute il faut dire : le grand et le petit commerce ; la viande fraîche et la viande de conserve. Mais une expression telle que : les lois divines et humaines n'est nullement une exception. On dit : les bois de pins et de hêtres font la richesse du pays ; — les sous-marins ont menacé les côtes italiennes et françaises : cet homme a montré toutes les vertus publiques et privées ; — les gares d'Austerlitz et d'Orsay étaient menacées par l'eau.
Quand il y a plusieurs caraclérisations. il n'y a pas lieu non plus de répéter l'article : la vieille et bonne eau-de-vie est un poison tout comme raiitre : — // sapait le culte antique et vénéré des dieux : — Je viens selon l'usage antique et solennel (uac. Ath., 2) (2).
Ce n'est que devant des caraclérisations non reliées entre elles qu'on répète l'article, comme si chaque fois il s'agissait d'une qualification distincte : Oh ! la bonne, la charmante femme !
11 y a des groupements, des ensembles de non.s auxc[uels un seul article suffit : conwmnirjuer aux officiers, sous-officiers et soldats ; seuls, les parents et amis sont invités (.3).
(1) L'article est naturel ici. iiaice <[uc les ixrsoiiiiages auxquels apparlieunent bras, cœurs, etc., ont été délerininés.
(2i Les classiques ne praUquaient pas loujoius ainsi : la douce et l'innocente proie (la font., Fab., VII, 1).
(3) Prendre garde aux c.ns uû il s'aïit d'iiii juxtaposé : h: Cnnsenxiloirc des Arts-et-Métiers; le service des Poudres et Salpêtres ; obsemcr les allées et venues des promeneurs.
166 I^WÉTERMINATION ET DÉTERMIXATIOX
S'il y a substitution d'un mot à un autre pour explication, correction, etc., un seul article suffit aussi : — la fièvre aphteuse ou cocotte.
A remarquer, parmi ces noms conjugués, ceux qui, tout en restant chacun au singulier, forment un ensemble pluriel : tes père et mère. Ces formes déplaisaient à Vaugelas qui les avait condamnées (h. l., m, 706). Elles ont néanmoins survécu, mais en petit nombre : tes frère et sœur ; le massacre des 2 et 3 septembre ; les mardi et vendredirfr chaque semaine. On pourrait écrire : les acides chlorliydrique et sulfurique sont également corrosifs de la peau ; les codes civil et pénal ont besoin de retouches. Ce n'est pas usuel.