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SING. ET PLURIEL

Cas preposK

dont où.

Désordre dans les formes de qui. — D'ahoTÛ,qve servait en place de oui : par l'aide de leur lignage, que ils durent faire honnour (joinv., 675b)" D'autre part „gu( ou, çiu faisaient fonction d'objet direct: Les autres roys qui ont estes devant vous, euy Diex absolve (joinv., 856c) ; — son fil qui // voloient à signeur (frois., i, 27). — Puis cui a fini par se confondre avec le sujet ki (écrit qui).

En a. f. le féminin sujet était que. Le qui sujet masculin s'étendit aussi peu à peu au féminin. Que, féminin, se trouve encore au XVP s. : pour la cause que dicte est (C. Nouv. nouv., i, 78). Il a totalement disparu.

L'ancien neutre que. — Eïi a. f. il y avait un neutre sujet que : dites v^qiift vos plaira. Il a survécu pendant le moyen français : ce que ne restera impuny. D'où nos expressions modernes : Advienne que pourra ; ce que bon me semble ; vaille que vaille.

Longue confusion de qui et de qif'iï. — Ce n'est pas seulement entre elles que les formes conjonctives se brouillaient. Comme il se prononçait i,.il y avait autrefois identité phonétique entre qui et qu'il, comme dans la prononciation vulgaire de nos jours ; l'orthographe était par suite extrêmement variable : s'il y a vivres dedans et gens qu'ils soyent léaulx à leur dame (J. de Par., 9) ; — rendre à chacun ce qu'il lui apartient (maill., Serm., 19). Malherbe avait corrigé cette faute dans Desportes, mais il la commettait (Cf. Comm. s. Desp., Élég., 1. i ; et Lett. i). Vaugelas a posé la règle : ce qu'il vous plaira (Rem., i, 56). Des discussions eurent lieu à propos de quoi qu'il arrive et quoi qui arrive (a. d. b., Suit., 299); la meilleure éducation qui soit possible ou qu'il soit possible (bouh., D., 176). —

180 LA REPRÉSENT ATIOX

Les classiques négligeaient encore nos distinctions : Vous avez la plus fertile imaginalion qui soit possible de concevoir (la br., ii, n. 2 ; Let., xxi).

En langue moderne, quand // appartient à un impersonnel, il arrive souvent qu'on confonde encore. On trouve des qui pour des qu'il et inversement. Léonard Astier... émietta... ce qu'il restait du fromage d'Auvergne dans son assiette (a. daud., Imm., 15); — je ne sais pas, ni vous non plus, ce qu'il va sortir de tout ça (laved., Nouv. Jeu, l^e p., ch. m) ; — je n'écris pas la lettre que je peux... Qu'est-ce qui m'appartient, à moi, de faire pour mon mari ? (herv.. Cours, fl., u, 7).

Confusion de dont et de d'oÙ. — Dont est resté longtemps confondu avec d'où. L'identité phonétique entre eux était complète (1). Au commencement du XVIP s., certains grammairiens ne les reconnaissaient pas encore l'un de l'autre (duval, Esc. /r.^ 2^^)^ Vaugelas (Rem., n, 31), a posé la règle : on ne dit jamais : le lieu dont je viens, quoique ce fût sa première et vraie signification, mais : la maison dont il est sorti. La j>honétique aida à la syntaxe. Dans on, o devint plus ouvert__et la résonance nasale fut plus sensible. Dès lors on jout facilement distinguer, comme nous le faisons, dont et d'où.

Les disparates du matériel conjonctif. — Les formes de représentation conjonctive que nous venons de voir sont tout à fait disparates. Les unes sont diverses, suivant le cas : qui au sujet, gi/e à l'objet. Nous en reparlerons- Elles ne marquent ni genre, ni nombî"e. Les autres, invariables, où, dont, expriment un rapport casuel ; elles n'ont ni genre ni noml)re.

Que n'exprime à peu près rien que la ligature conjonctive ; il n'a ni genre, ni nombre, ni cas.

Au contraire, le type lequel, variable en genre et en uoniii££v et dont les formes, comme celles de l'article, marquent une sorte de déclinaison casuellc, est en contradiction complète avec les autres séries.

Les conséquences de ces diversités se sont fait longtemps sentir. Elles s'aperçoivent encore. Commençons parla plus importante.

Que. — Le que invariable formait une ligature extrêmement commode: on le trouve très anciennement. E s'i vont les bêles dames cortoises, que eles ont deus amis ou trois avec leur barons (Auc, 6, 36 = qui ont) ; — Quatre capitaines que leurs soldats les tuaient par derrière (montluc, 32) ; - celui qu'elle donne a mengier (frois., m, 213, 12) ; — un flum... que on n'i puet passer se par un pont de pierres non (villeh., 163 = sur lequel). — ■ Ce que était encore souvent employé au XV 11^ s.

(1) o nasal parait avoir eu en a. f. la valeur d'un o très fermé, avec résonance nasale. D'où la confusion mont pour moût, couvent pour couvent, etc.

A) Dans les circonstances -<lp. 1iPLi,,jd|jL-tgmp.s^ etc. : Valenciennes, du côté que le Roi la fit attaquer (rac, Camp, de Louis XIV). Andry signale comme i)onne construction l'exemple : Quel fut le ]our heureux qu'on la vit sortir comme la Colombe de V Arche? (Refi., 518);- — A l'heure que je parle, on vous cherche (mol., Scap., m, 2) ; — le jour que, d'un faux bien sottement amoureux... (BOIL., Ép., III, 52).

B) De même pgurj.es compléments de manière : de la façon qu'z7 parle (mol.. Mal. im., i, 4); — de la manière enfin que la pure nature Exprime de l'amour la première blessure (Id., Éc. d. /., 944). — Vaugelas {Rem., ii, 467) estimait que le que ne se mettait pas toujours bien pour avec. Mais il y a peu d'observations sur ce point au XVIF s. On retrouve çue aujourd'hui encore dans une foule d'expressions : du moment que ; du côté que ; de ta manière que ; depuis si longtemps que.

Il est populaire de dire : il avait un bâton qu'il le tapait, il a venu par le train qu'il avait parti. Cependant on écrit fort bien avec Flaubert : Les jours qu'il faisait trop chaud (Un cœur simple, ch. 2).

Que servait aussi, en langue classique, dans beaucoup d'autres constructions : ils parleront dece qu'on parlait quand ils sont entres (pasc, Pens., vi, 15) ; — Vous ave: de quoi rendre de bons offices aux gens qu'/7 vous plaira (mol., Ani. Magn.. i, 3).

Recul dans la langui-: eckitk, développement dans la langue POPULAIRE. — Ce développement de que a continué en langue populaire. Il sert d'une sorte de copule derrière laquelle se construit une i)brase ordinaire, avec son sujet, son objet, etc. C'est le type du mot-outil dépouillé de toute notion accessoire, de cas, de nombre, de genre, connue le français les aime. On ijcut dire qi-t'il. cst^.la particule-<x)«jon€4ive pax cxi:ÊlLçniLO. Xéanmoin^l j^^xjciji U-'jJ-»^toulc.4l-^^ la langue populaire

Ti" acconnuudé : Klle a entre dans un taudis qu'o/i /7'en a jamais vu un pareil; la femme que /'// ai dit ça; il y a des gens que le travail les effraie: c'estune femme qu'i a pas moyen d'iui parler ; sa fille qu'elle en était si fière. Tous les écrivains qui reproduisent le ])arler commun en offreul des exemples: Car, enfin, à quoi cela sert-il, toutes vos qazettes, qu'on n'y comprend rien ? (murger, V. de Boh.. ch. i) ; — c'est moi que Je suis Théodore (scribe. Le V. garç, 9) ; - Le corps aurait dans ses cadres un sergent qu'// aurait sauvé un général (.i. noriac, Le 101^ rég., 112) : — c'est moi que je viens vous prendre (a. d.vud., Num. Roum., 252).

Que sert aussi de ligature entre des phrases : Il y a tout de même lù-dedans des choses que, si on les suivait, le monde serait meilleur qu'il est (vidocq. Mém., ch. xLv). Là encore, on le condamne, mais nous le retrouverons.

Longue hiésitatioii sur l'emploi des cas. El uni donné qu'avec

( ertains conjonctifs, ji-faHaftr-mîe jjn'^position pouiuaiaxqaei: le cas, il était intai qu'avec d'autres qui l'exprimaieiit porêiix-mêmes, on le marquât une

<~" secûiicUiiois. Or, ii pouvait être aussi dans l'antécédent; d'où des syntaxes

diverses : c'est à vous que ; c'est vous à qui ; c'est à vous à qui. .■-'~-\

Le pléonasme était très courant à l'époque classique : C'est à VOUS, mon Esprit, à qui /e veux parler (boil., Sat., ix, 1) ; — et que c'est à sa table à qui l'on rend visite (mol., Mis., 626) ; — c'est d'elle (de ta protection) dont j'espère avoir la délivrance (racan, Psaum. lxx) ; C'est d'eux d'où le soleil emprunte sa splendeur (Id., Berg., m. 1) ; — ce fut surtout à Rome OÙ ces Pères se signalèrent (rac, P.-R., l^e part.). ■ — On hésite aussi sur : c'est où je vous attends et c'est là que je vous attends.

! -■ OÙ et lequel. — Où, qui a une signification locale, s'étendit au commencement de l'âge moderne, bien en dehors de son emploi propre (1). Il en était arrivé à être l'équivalent de lequel. On disait vers où. Chapelain y voyait une élégance, qui fut condamnée par l'Académie : // se rendit à un tel lieu, vers où l'armée s' avançait (cf. vaug., Rem., ii, 50) (2).

Conjonctif adjectif. — Il existait eJi,^^t^imconjorurUt.a4j««tif.^ était leque-. Il quex. Il est très commun en a. et moy. f. : de la quele mort il desplaisoit grandement a son linage (frois., vi, 186, 15) ; — pendant lequel temps sa bonne jemme garda très bien son corps (C. Nouv., xix, i, 101).

Il est à remarquer-quÊje^aeZ adjectif équivalait sou\ent-àr-de-qut: li prevos des marchans qui moult l'amoit et par quel pourcas (par l'intervention de qui) délivrés estoit (frois., v, 97, 22).

Les exemples de lequel adjectif sont extrêmement rares au XVIP s. dans le « beau style » . Molière le met dans la bouche de ses médecins, comme un pédantisme. L'expression la plus commune alors, c'est : toutes lesquelles choses. Lequel adjectif a laissé une dernière trace, l'expression auquel cas.

Essais de spécialisation des conjonctifs. — A l'époque du m. f., la langue, d'une extrême pauvreté, était arrivée à une assez grande richesse ; mais en syntaxe, comme peut-être aussi quand il s'agit de vocabulaire, la richesse consiste moins à avoir des synonymes parfaits, que des formes ayant chacune leur destination propre et leur utilité spéciale. Or ce n'était pas du tout ici le cas :

1° On pouvait concevoir deux systèmes de conjonctifs, un ordinaire, un autre de rechange pour ainsi dire, comme eût été lequel, dont les formes, distinctes de genre et de nombre, permettaient de renvoyer à un mot plus sûrement, quelque éloigné qu'il fût. Il y a bien quelque chose de cela dans notre système actuel, maisl'ensemble est imparfait, /eçueZ ayant été mutilé.

2' On pouvait imaginer une fusion des éléments, totale et complète. Ce qui la rendait dilFicile, c'est que la langue avait deux ordres de conjonctifs, essentiellement distincts : les uns à forme variable, suivant le genre et le

(1) Sur où objet secondaire voir à l'Objet secondaire, liv. X, ch. IV.

(2) Cf. par où : S'il avoit trouvé le secret Par où lu composes les charmes (racan, Odes, i, 217).

nombre, les autres à forme fixe. Aussi cela ne s'est-il pas produit, et n'a-t-il jamais été essayé.

Échec du l'^r systèmf.. Lequel mutilé. — Au XVI® s. lequel eût pu ofïrir ks formes qui manquaient. Mais il recula au lieu de progresser. Certains théoriciens, comme Patru, ne le souffrent pas du tout en poésie, où « il n'entre que dans le burlesque ». Les plus libéraux le restreignent ; ainsi Vaugelas (approuvé par l'Académie) admet qu'on dise :

1» Au « GÉNITIF ». — J'ay envoyé un courrier exprés, au retour duquel je verrai] (il faut duquel et non de qui) ; j'honore infiniment sa vertu, en considération de laquelle (et non de qui) ;

2° Au ^( DATIF » masc. — C'est un heureux succès, auquel je n'aij contribué que de mes vœux (et non à qui, ni à quoi).

3° Au CAS PRÉPOSITIONNEL,. — C'cst uu sujct SUF lequel on peut dire beaucoup de choses (jamais sur qui ; quelques-uns disent sur quoy ; il est moins bon que sur lequel). De même au féminin et au pluriel.

4° A « l'ablatif ». — Jamais duquel, il faut dont, sauf en cas d'équivoque : c'est la cause de cet effet, dont je vous entretiendrai] .

50 Au « NOMINATIF ». — Il faut s'abstcuir de lequel, qui est rude, sauf à répéter qui. Quelquefois, on peut admettre un lequel, mais pour la clarté, (VAUG., Rem., i, 206-209). Ex. : c'est un effet delà divine Providence, lequel est conforme à ce qui nous a esté prédit (bouh., D., 189) (1). Tel est aussi l'avis d'Andry de Bois-Regard (Refl., 526). Il y eut une décision conforme de l'Académie. Lequel était désormais incomplet.

6° Au CAS-OBJET. — Au comiilément d'objet, lequel fut également exclu. Voiture, Descartes, en avaient pourtant fait fréquemment usage. On le trouve même chez d'Ablancourt, un puriste : // vouloit dire à mon avis {qu'ils font du bien) à leurs héritiers, lesquels ils enrichissent par ce moyen (Apopht., 1). Mais Vaugelas l'avait considéré comme peu élégant, tout le monde a fait chorus ; on ne l'accepta plus, comme au sujet, que pour éviter l'équivoque.

La conséquence était qu'au sujet et à l'objet, qui et que devaient servir à la fois pour les personnes et les choses : les personnes qui ont survécu ; les objets qui sont restés entre ses mains.

Essais de spécialisation des conjonctifs aux cas obliques — Dont et duquel. — Vaugelas (Rem., i, 125-6) était peu favorable à l'emploi de à qui en parlant des choses. Ce pronom était réservé pour représenter les personnes ou les choses personnifiées. L'analogie du sujet s'y opposait. Cependant la règle a fini par passer (2). On lit encore dans Corneille : Je

(1) Lequel était encore très usuel au nominatif au XVI» s. : A mon las cueur, lequel s'en va mourir (\iar., ir, 175) ; — et même au temps de Descartes : le cœur, lequel incontinent après se désenfle (Méth., 5^ p.. Ordre des questions de pliys.).

"(2) Les exemples, fort nombreux, de la langue moderne où qui représente des cho-, , ^ont des imitations, des archaïsmes.

triomphe aujourd'hui du plus juste covrroux De qui le souoenir puisse aller jusqu'à vous {Cin., 1609).

Par une conséquence naturelle, de qui devait seul représenter les personnes, à l'exclusion de duquel : k Un homme duquel la vertu est hors de soupçon. L'usage préfère dont ou de qui ^^ , dit Régnier Desmarais (Gr,. in- 120, 286). L'usage de duquel a néanmoins persisté.

Un essai fut tenté aussi pour restreindre l'usage de dont, mais il n'a eu aucune suite.

Au XIXe s., on a du moins essayé d'établir des règles pour l'usage des formes de qui et dont, représentants de personnes (1).

Dont et duquel ne servent pas indifféremment à la ligature conjonctive (2). On dit : l'homme dont (ou duquel) nous avons rencontre la fille ; dont... (ou duquel) la fille a épousé un lieutenant du 3e dragons. Mais on ne peut pas dire : l'homme dont vous avez assisté à l'enterrement hier, il faut : à l'enterrement duquel vous avez assisté.

Autrement dit , quand le conjonctif dépend du sujet ou de l'objet, dont est possible. Il ne l'est plus, sitôt qu'il dépend d'un autre terme de la phrase. Ce n'est pas que les exemples fassent défaut. Il y en a en a. f. et en français classique : // est des nœuds secrets, il est des sympathies. Dont par le doux rapport les âmes assorties S'attachent l'une à l'autre et se laissent piquer Par ce je ne sais quoi qu'on ne peut expliquer (con^., liod., 359); — lui, dont à la maison Votre imposture enlève un puissant héritage (mol., Dép. am., 410). On retrouve de nos jours de semblables phrases : contre ce William. dont elle n'est pas même certaine de l'existence, que veux-tu qu'on fasse ? (GONC./.a Faustin. 03). Mais ces phrases donnent une impression de maladresse et d'obscurité (3).

(1) Bonifacc me paraît être celui qui, malgré des erreur'^, esl arri\ é le mieux à préciser les emplois (le chacune des formes doiil, iliiqiiel, de qui (Manuel des nmat. de la 1. fr., .348) :

1" Lorsque, dit-il, par un pronom relatit à ime personne ou A une chose, on veut exprime; entre celte personne ou celle chose un rapport de possession, on se sert de dont, si le pronom précède le substantif qui exprime la chose possédée : le mensonge est un vice dont on ne sauraii avoir trop d'horreur. Alais on emploie duquel lorsque le nom de la chose possédée est après une préposition : on en pi des colonies, par le moyen desquelles on s'assura de la fidélité des provinces.

2" On emploie don/ et non de qui ou duquel pour éviter une équivoque : Henri IV, dont tu bonté est as.sez connue. De qui pourrait signifier par qui (a).

.3° On emploie dont comme régime d'un verbe : j'approuve la manier,^ dont vous distribuez notre temps ; la personne dont i7 .'t'agissail. Il est en général, ou seul possible, ou meilleur que duquel.

Toutefois, on emploie mieiix lequel pour éviter une équivoque : I.a honlé deDicu, de laquelle lin ne peut douter, me rassure ; dont serait équivoque.

De même : cet homme de qui le pays esl asse^ bi?n connu, nous aidera dans nos recherches : dont serait équivoque (?).

4° De qui est absolument nécessaire dans ces phrases : on ne peut rien exiger de qui n'a rien. (C'est évident, la ressemblance n'est qu'apparente. Il ne s'agit pas ici du conjonctif ordinaire).

.■S" !)c qui esl mieux que don/ dans les phrases suivantes : L'homme de qui i'ai appris cette nouvelle est véridiquc. Celui de qui je tiens mon bonheur est celui que je croyais le moins mon ami.

Bonifacc hasarde l'opinion que de qui exprime mieux l'origine précise, que dont exprime pins ^aguement le point de départ ; il n'a pas tort.

(2) Cf. TOBi.ER, Verm. B., ni, 12.

(.3) Cf. : fin cercle dont j'ose vous prnmeiire qu'il vous sera agréable de faire partie (n. coNsr. Ad., IX, 80).

(a ) Vt\ Téalité dont a eu aussi ce sens, et la règle n'a rn naître nu'à une époque où il l'avait perdu.

Qui, quoi, représentant des choses. — Vaugelas (Rem., i, 125) a condamné à qui rapporté aux choses : objets à qui notre esprit se colle et s'attache avec passion (malh., Bienf. Sénèq., 1. i, ch. xi). Après maintes contestations, l'Académie finit par admettre la règle, sauf qu'elle réservait les animaux domestiques et les choses morales, acceptant qu'on pût dire : une vertu sincère à qui... On recommandait à quoi : des artifices à quoi // faut prendre garde (a. d. b., Refl., 522 et Suit., 3).

Au cas prépositionnel, mêmes distinctions : on ne disait plus : Soutiendrez-vous un faix sous qui Rome succombe ? (corn.. Ponip., 170). L'usage changea, en effet.

OÙ. — 11 a\ait longtemps représenté des personnes : c'est un homme OÙ j'ai remarqué beaucoup de vertu. Ce tour fut blâmé dans [Malherbe par Chevreau (i, 274). C'était rompre avec l'usage de tout le XYII^ siècle. Cf. Mon âme ... ne voit que Mascarille OÙ /e/er sa pensée (mol., Dép. A/n,,930).

En somme, à la fin du XVH'^ s.. lafTectation de qui aux personnes avait à peu près réussi. Mais les représentants de choses restaient multiples, et même duquel, auquel continuaient à garder leur emploi général.

NorvEi.LE spécialisai ION. Quoi coN.joNCTiF Di: l'indéterminé. — Anciennement (ruoi a représenté des personnes : li Sarrazins... de quoy il avoient fait lour chievetain (.toinv.. 176) (1). Puis il a re])résenté longtemps des choses nommées : tous les biens de quoy l'on pourroit jamais loer honwie (C. Nouv., xlvii, I. 287). L'époque classique ^oulul même faire de quoi le représentant particulier des noms de choses aux cas obliques : Ce blasphème. Seigneur, de quol vous m'accusez (corn., Androm.. 266); — d'un peu de vos faveurs, après quoi je soupire (mol.. Tart., 1419) ; — ces libres vérités sur quoi s'uunre nwn. âme {Id.. D. Gare, 441). .\ la fin du XVIL s., on l'acceptait encore dans ce rôle : l'unique objet à, quoi nous devons nous appliquer.

Mais dès ce moment, quoi tendait à devenir ce qu'il est aujourd'hui. Quand l'Académie discuta la remarque de Vaugelas (Rem., i, 124), quelques-uns prétendirent que < le principal emploi du pronom quojf devait être iiour quelque chose d'indéterminé, sans rapport à un substantif qui précède, comme en ces exemples : c'est de quoy il est coupable plus qu'un autre ; c'est à quoi il s'applique tous les jours » . C'était l'âge moderne qui s'annonçait. Marmontel désapprouvait formellement quoi, lorsqu'il s'agissait de représenter « un nom variable » . Il représente aujourd'hui : ce, rien, etc., c'està-dire des nominaux neutres ou des indéterminés, ou bien se met derrière voilà : ce à quoi j'aspire, c'est... voik) à quoi vous m'avez sacrifié !

Quoi est possible aussi avec les mots chose, point, raison, qui ont quelque chose d'indéterminé, ou bien quand on peut assimiler l'antécédent à quelque chose d'indéterminé : ce sont choses à quoi vous ne prenez pas garde (2).

(1) ]l ne faut pas tenir compte des exemples où le verbe est iniilcr : ccde bonie femme de quoy vous me parliez (N. de Tr., 2.36).

(2) Quoi peut encore ;i la rigueur représenter neutralement l'idée qui précède : i>in(/l-cinq mille mauoni.s soldats, en quoi consistait alors la ijarde du pai/s.

Coup d'œil général sur les résultats. — En somme la classification n'a pas abouti. La cause de cet échec, qui contraste si fort avec la réduction harmonieuse et l'adaptation parfaite des démonstratifs, c'est d'abord sans doute l'hétérogénéité des conjonctifs à fondre: mais il faut l'attribuer aussi à l'époque tardive où elle fut tentée, où le pur instinct populaire ne, pouvait plus agir librement, contrarié qu'il était par l'action des théoriciens. Au fond, une raison plus profonde encore, c'est que le développement complet des formes conjonctives n'apparaît pas aux langues populaires comme une nécessité. Quand le peuple use de conjonctifs, il s'y embrouille, les multiplie, les confond ; il ne parle pas par périodes et préfère par conséquent les relatifs aux conjonctifs. Pour faire la ligature, quand elle est. nécessaire, il a son que, qui lui permet de ne rien déranger à la construction des phrases : Une femme qu'on lui aurait donné le Bon Dieu sans confession représente le type véritable de la syntaxe populaire. (Cf. p. 702.)

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