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POSSESSEURS

Le leur.

la leur,

les leurs.

L'histoire des formes des représentants à un seul possesseur comprend deux périodes. Au début, les formes, proches de leur étymologie, sont fort différentes dans les trois personnes :

!'■<= pers.

2« pers, 3« pers.

SUTET

Objet

singulier pluriel

singulier pluriel

masc.

fém.

meie, moie,"

toe.

soe.

meies, moies.

loes.

soes.

masc.

mien (1),

tuen.

suen.

fém.

meie, moie.

toe,

soe,

meies, moies.

toes,

soes.

Une première analogie assimila les féminins de la 2^ et de la 3^ personne à celui de la V^, toe > toie. Les choses ne devaient pas en rester là. Mais ce premier changement est significatif, c'est la première personne qui prévaut.

Au XIV^ s., les possessifs perdent leur déclinaison, comme le nom. En même temps, on note un nouveau mouvement analogique. L'objet masculin mien entraîne un féminin mienne, qui fait disparaître le féminin moie ; on lui donne aus.si un masculin pluriel miens, et un féminin pluriel miennes, qui se substituent aux formes anciennes.

(1) La forme masculine du cas objet, meon, qui se lit dans les Serments de Strasbourg, ne reparaît plus dans les textes ultérieurs. Il n'est pas sûr que cette graphie ait été tout à fait exacte.

Par analogie, les formes de la 2^ et celles de la 3^ personne se modèlent sur celles de la l^e ^t deviennent :

tien, tienne, tiens, tiennes,

sien, sienne, siens, siennes.

De sorte que toutes les formes modernes, unifiées, proviennent du seul type mien. C'est un remarquable cas d'analogie morphologique, qui montre comment l'instinct unifie des séries de formes correspondantes (n. l., i, 423).

Au possessif de la pluralité, leur, devenu adjectif, a rcçi! .s des autres adjectifs, et l'a gardé. Les grammairiens en ont fait le signe du possessif opposé au personnel : il a gardé son manteau : il leur a oté les leurs.

Représentants et adjectifs. — Les fondions des représentants possessifs se sont différenciées très lentement de celles des adjectifs correspondants. En a. f., elles se confondaient, et il resta longtemps des traces de cet état de choses. C'était l'article qui caractérisait les représentants, car on pouvait fort bien dire jusque dans la langue classique : cet habit est m'en (= à moi), à côté de : cet habit est le mien ; il est vôtre ci non mien. Le tour est vieilli.

Hors de ces constructions attributives, les formes qui sont aujourd'hui celles des représentants se rencontraient aussi dans les adjectifs épithètes : ce mien père, quelque vostre ami ; — cist meon fradre Karlo est dans les Serments. Les possessifs de la pluralité cessèrent les premiers de s'employer ainsi. Puis ce fut le tour de mien, tien, sien. Il n'en reste que quelques façons de parler, qui sentent le style niaroliquc, et où i! y r indéter minatioii ; '\in sien cousin.

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