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CHAPITRE IX

A QUOI ON RECONNAIT LE SUJET EN FRANÇAIS MODERNE. LE SUJET ET L'ORDRE DES MOTS

Au temps où beaucoup de sujets avaient leur forme spéciale, comme nous venons de le voir, il n'y avait pas un besoin absolu de distinguer d'autre façon le sujet du verbe. La place du nom sujet par rapport au verbe restait donc relativement libre. La langue, gardant des traces de la morphologie latine, conservait ainsi quelque chose de la souplesse de la construction ancienne : Voldrent la veintre li Deo inîmi (voulurent la vaincre les ennemis de Dieu; S^^ EuL). A vrai dire, même dans la vieille langue, le sujet précédait déjà le plus souvent le verbe : Li Emperere est par matin levez (Roi., 669). Et cette tendance était si nette que, dès les temps les plus lointains, l'ordre inverse, accompagné bien entendu d'une intonation spéciale, donnait un sens inlerrogatif à la phrase : ies tu des noz ? Néanmoins, l'a. f. usait très librement de l'arrière-position du sujet; il ne faut pas considérer comme des inversions des constructions comme celles-ci : Et sanz trop longuement pleidier, An prist la foi mes sire Yvains (chrest., Yvain, 3280); — Coarz est-W, quant il me cric {lé., Ib., 1223). On pratiquait même régulièrement l'arrière-position du sujet dans plusieurs cas :

A) Quand en tête de la phrase se trouvait le complément d "objet du verbe, ou un attribut se rapportant soit au sujet, soit à l'objet : Ombre li fct li plus biaus arbres, Qn'onques poist feire Nature (Id., Ib., 382).

B) Quand la phrase commençait par une circonstance : Ores fut-il cois. Lorsque la déclinaison à deux cas fut disparue, c'est-à-dire au Xl\'^' s..

comme on ne pouvait plus distinguer le sujet d'après sa forme, la tendance s'accentua de lui donner une place invariable, qui permît de le reconnaître.

La construction normale. — La construction dite « directe » s'établit donc d'une façon de plus en plus fixe; le sujet ouvrait la phrase, le verbe occupait la seconde place, enfin l'attribut du sujet ou le complénicul (hi verbe venait à là troisième.

Sans doute, on trouve souvent encore en m. \. le sujet après le verbe. Mais il peut déjà être question d'inversions, c'est-à-dire, somme toute, de dérogations à l'usage ordinaire : Orgueilleusement feirent une saillie ceulx de dedans (comm., i, 100, M.) : — Alors descendit Gymnaste de son cheval

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