L'OBJET EST UN ÊTRE, UNE CHOSE, UNE IDÉE L'OBJET EST DANS UN NOM
Questions sur l'objet. — Aujourd'hui, quand une question porte sur l'objet du verbe, l'interrogatif varie, suivant qu'il s'agit d'une personne ou dune chose, de même qu'au sujet. Pour une c(uestion relative à une personne, ou emploie riiii : qui demandez-vous ? Pour une chose, que : que voulez-vous ?
Autrefois, on eni|)loyait que (ou qu'est-ce que) dans tous les cas, pour demander l'objel du verbe. Cet emploi se retrouve jusque chez les classiques : Qu'est-ce que vous aviez en vosire compagnie? (racan, i, 100, Berg., iv. 5). Lorsqu'il s'agissait de choses, pendant longtemps, quoi a été employé tout comme que : ^MOi ferez? quoi dirai-je? On l'emploie d'ailleurs encore assez volontiers avec l'infinitif : Quoi faire? Quoi tenter ? (1).
A l'objet, comme au sujet, et pour les mêmes raisons, les périphrases interrogatives tendent à remplacer les iuterrogatifs simples : qui est-ce que vous demandez? qu'est-ce que vous voulez? Cette substitution est fort rare, lorsque la question forme l'objet d'un verbe principal. On dit : Je ne sais que croire, que vous dire : — je vous demande qui vous avez rencontré (2). Bien entendu, si l'objet doit êlre construit indireclemcnt, l'interrogatif est précédé de la même préposition que le complémcnl. Ainsi faire du tort à quelqu'un : A qui faites-vous du tort ?
Derrière une préposition, que est toujours remplacé i)ar quoi : A quoi pensez-vous ? — De quoi avez-vous hérité ?
Signes auxquels on reconnaît le nom en fonction d'objet. — • On a vu plus haut, à propos du sujet, que la. f. distinguait le cas-sujet et le cas-objet dans les noms. C'était une assez pauvre distinction, puisque la plupart des féminins ne l'avaient pas, et que, d'autre part, la forme de l'objet n'était pas propre au nom employé en cette qualité. Il l'avait aussi comme complément prépositionnel quelconque.
Quoi qu'il en soit, c'est le cas-objet qui a prévalu et qui est resté seul
(1) Lorsqu'il s'agit de choisir entre plusieurs objels, de f;iire une détermination, on emploie lequel (Voir à la Détermination, p. 136-137).
(2) Dans la langue populaire, l'inlerrogalion relali\ e aux elioses se fait aussi à l'aide de formules snrpériphrasliques : Qu'est-ce que c'est que lu dis ? On dit aussi: Quoi c'est que tu demandes ? Aucune de ees formules ne peut pour le moment être acceptée.