‹ La pensée et la langueChapitre 29 sur 587 · AUTRES FORMES DE LA PROPOSITION · texte numérisé non relu

AUTRES FORMES DE LA PROPOSITION

truits avec c'est, compléments prépositionnels ou propositions commençant par une conjonction : c'est à vous que je m'adresse ; — c'est pour lui que je travaille ; — ■ c'est devant vous que je veux marcher ; — c'est par vos soins qu'il a été élevé : — c'est afin de suffire aux liesoins de son enfant, parce qu'elle a un enfant, qu'elle cherche du travail.

C'est est aussi directement suivi de que : c'est qu'il y croit .' — c'est que je ne sais pas comment m'y prendre !

On a fini par aboutir à des formules où c'est, est-ce, entrent comme éléments composants : qu'est-ce-que c'est que cette logique ? (:moi-., Bourg., ii, 4) ;

— savez-vous, vous, ce que c'est que vous dites à cette heure ? (Id., Ib., m, 3) ;

— qu'est-ce que c'est donc, que vous me regardez toute effarée ? (Id.. Escarb., 6).

RÔLES MULTIPLES DE CES PHRASES. — Si maintenant on considère le rôle joué par c'est dans l'expression de la pensée, on voit combien il est étendu et varié. On s'en sert :

1° Pour expliquer un mot ou une phrase : c'est dire que les Chcunbres ne sont pas d'accord.

2° Pour identifier : c'est elle ! — le coupable, c'est lui ! — « c'était Ici le manteau de ta déesse, le zaimph saint que l'on ne pouvait voir « (flaub., Scd., 115).

3° Pour présenter : Sonnet... C'est un sonnet... L'espoir, C'est une dcune. (mol.. Mis., 305).

40 Pour estimer, apprécier, caractériser : c'est quelque chose ; — c'est toute une affaire ; — c'est une révolution ; — c'est délicieux ; — c'est à en pleurer ; — c'est à hausser les épaules.

50 Pour marquer l'existence, l'accomplissement d'un fait : c'est donc une affaire convenue (f. fabre, Barnabe, Œuvres choisies, 214) ; — c'était devenu définitivement ma nièce, cette personne, imprécise au début, qui m'accompagnait (loti. Pitié, 188).

60 Pour exprimer un rapport d'apparLenance : c'est à toi d'agir ; — c'est maintenant ci l'humanité de prendre la place du divin Sacrifié (b,\rrès, Coll. insp., 193).

Rien que la sèche — el incomplète — énumération qui précède (il eût fallu parler du rôle de c'est dans la mise en relief des divers éléments de la phrase) permet d'entrevoir quel usage le français fait de cette formule c'est. Il n'est pas rare de la trouver deux ou trois fois de suite, et elle est si naturelle qu'on ne s'y arrête pas : c'est par de semblables coups, dont sa vie est pleine, qu'il a porté si haut sa réputation que ce sera dans nos jours s'être fait un nom parmi Les hommes... d'avoir servi sous le Prince de Condé (boss., Condé, 523-521) : — Oui, fé vous entends, c'est un ridicule que d'être trahi, c'est une gloire que d'avoir pris les devants. C'est comme cela que je raisonnais autrefois avec vous, c'était notre code. (G. sand, Elle et Lui, ch. viii, 88).

Rien de plus usuel que le mélange des c'est et des il, on le remarque à peine : il y a une chose à laquelle tu n'as certainement pas songé : ce sont les

conséquences de celte petite plaisanterie ; — il y a huit jours que je ne vous ai vu, et je ne vous ai point mandé de nouvelles du diamant que vous me mîtes entre les mains pour lui en faire présent de votre part ; mais c'est que j'ai eu toutes les peines du monde ci vaincre son scrupule, et ce n'est que d'aujourd'hui qu'elle s'est résolue à l'accepter, (mol., Bourg., m, 6) (1).

( I ) Type d'exercice. Essayez de faire disparaître les c'e.^l de la phrase suivante : \"est-ce pas que c'est bien et d'une femme honnête ? S'est-ce pas que je peux sans scrupule à présent Prendre place parmi ce monde méprisant. Et que fij paie assez mon droit de bienvenue Pour ne pas y rouijir comme une parvenue ? O mon frère ! sens-tu quel légitime orgueil C'est d'entrer là sans mettre un nmsque sur le seuil ! Ce n'est plus mon fantôme, une apparence vaine Qu'à ce rang souhaité j'introduis à grand'peine ; C'est moi-mfme, c'est moi, c'est ma réalité, Qui respire à son aise en pleine honnêteté 1 (aug.. Av., m, 4).

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