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CHAPITRE PREMIER LES CERTITUDES

La certitude a été étudiée plus haut. Qu'elle se traduise par une énonciation positive ou négative, elle peut être simplement déclarée, ou bien on y insiste fortement, ou enfin on la présente avec réserve. Nous avons vu aussi à l'aide de quels moyens on [n-ocède à ces renforcements ou à ces atténuations.

Il faut observer ici que celle certitude qu'on déclare ne porte pas seulement sur des réalités. On peut se déclarer certain aussi d'éventualités.

Quand il y a certitude d'une réalité, les faits sont exprimés, ou bien dans une proposition principale accompagnée ou non d'une affirmation de certitude, ou bien dans l'objet d'une phrase dont la principale exprime la certitude : Le train est arrivé, j'en suis sûr; — // est certain, assuré, établi, incontestable, hors de cloute, démontré, je suis certain, sûr, j'ai l'assurance, la certitude qu'il reviendra. Le mode est en général l'indicatif. Il ne l'est pas toujours. Ex. : Je n'ai pas douté un instant que ce ne fût bien là le diamant qui avait été volé. (Voir p. 522).

Quand il y a certitude de faits éventuels, les faits éventuels s'expriment au conditionnel dans la principale, au suljjonctif et au conditionnel dans l'objet : // voudrait bien habiter ce château : — // est certain qu'il voudrait bien habiter ce château, mais qu'il en coûterait aujourd'hui cent mille francs par an : — // est établi maintenant qu'il eût réussi avec un peu plus de persévérance.

A l'éventuel, pour marquer qu'un fait n'a pas eu lieu, il y a des formes irréelles, dont nous avons parlé déjà p. 514 : J'aurais pu autrefois acheter ce château pour un morceau de pain.

Quand on veut insister sur la certitude de celte éventualité qui n'a pas été réalisée, an se sert de l'imparfait de l'indicatif ; les classiques employaient aussi le passé simple : Vous dont j'ai pu laisser vieillir l'ambition Dans les honneurs obscurs de quelque légion (r.\c., Brit., 154).

La chose énoncée a failli avoir lieu. — La langue moderne exprime cprune chose a été tout près de se réaliser par les verbes faillir ou manquer suivis d'un infinitif : Le coup a failli l'atteindre ; nous avons manqué de verser. La langue classique em[)loyail penser : l'ambition et les jalousies qui

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