L'ATTENTE ET L'ESPOIR
Emporte-le, garde-le jusqu'à ce que tu apprennes que je suis mort (lam., Raph., 20).
Il faut observer que le subjonctif se généralise de plus en plus, malgré la logique : j'ai attendu jusqu'à ce que je fusse bien sûr de mon expérience.
Quand on tient absolument à marquer la réalité du fait, on' emploie jusqu'au moment où avec l'indicatif : jusqu'au moment où j'ai été bien sûr.
L'espoir. — 1° Il s'exprime par divers ver])es : On espère, on compte, on se flatte, on se promet, on rêve, on nourrit l'espoir, on se berce de l'illusion que.
L'indicatif est toujours possible dans la proposition-objet : Le médecin espère qu'il le guérira ; — nous comptons bien qu'on en viendra à bout : — // vit dans l 'espoir qu'on arrivera à une entente.
Cependant on trouve fréquemment le sul)jonctif en langue moderne. C'est d'abord pour une raison logique, quand il y a incertitude : Puisqu'on cherche des preuves, il reste donc un espoir que ce soit une calomnie ? (curel, Nouv. Id.. I. 1). D'autre pari, l'espoir voisine avec le désir. On désire, on envie, on ambitionne, on a un caprice, une marotte, on est désireux, avide, on a soif, besoin que... Le mode à l'objet est le subjonctif affectif : Je désire que vos projets soient bientôt une réalité (1). D'où la construction à'espérer avec subjonctif : Et l'âme de l' Amante, Anxieuse, espérant qu'il vienne, vole encor Autour du sceptre noir (héréd., Troph., Régilla).
2° L'espoir s'exprime aussi dans des phrases décomposées : Tu ne te fatigues pas trop, j'espère? (begque, Corb., i, 1); — Au moins joue le même rôle que les verbes : // ne t'a pas insultée, au moins !
30 L'espoir s'exprime fort souvent par un fragment hypothéticjue au mode du possible : Si cela pouvait arriver ! — l'empire !... Si je l'avais! (V. H., Hem., IV. 2).
(1) Voir sect. v, ch. vu, Les Souhaits