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CHAPITRE III LES COMMANDEMENTS DE STYLE DIRECT

Notre volonlé se trtKluil de façons bien diverses.

1° Gris. Interjections. Exclamations. — Elle se résume d'abord dans des cris: Hop ! Halte ! J>es mis oui un sens général : Allons ! Voyons! les antres un sens spécial. Ainsi ils servent à appeler: hé ! pst ! holà ! à faire taire : chut! à hâter : hop, Iiop ! ainsi de suite.

Parmi ces cris, il y a une foule de mots : Ferme ! vite ! Paix ! Là ! Tout beau !

Des mots ou des groupes de mots quelconques, jetés en cris, sur le ton du commandement, prennent la \aleur d'un ordre. Ils sont sans tiombre : Silence ! En arrière ! Leste ! — Doucement ! mais doucement ! vous h-s rendrez poussifs (flaijb., Educ., i. IG) ; — Hors du trône, tyrans ! à la tombe, vampires ! (v. h., Lég., Evir., xvi) ; — Allons ! ouste ! dehors ! (p. et v. MAHG., Poum, ch. 10) ; — La porte ! on vous dit ! animal ! (.r. AiCARD, Maurin des Maures, éd. Nels.. 15); — (irisolas ! du café ! du café bien chaud ! (id., //;.. 17).

Pour se rendre compl:e de leur importance, il suHit d'en examiner une série, par exemple les commandements militaires : Par file à droite. Arme sur l'épaule. Demi-tour à gauche. A droite alignement. A ta baïonnette. Feu à volonté. En avant! De même à l'école, à l'atelier, au magasin, partout, l'ordre se traduit sous cette forme brève.

Remarque. — l'n nominal apparaît souvent auprès de ces mots ou groupes de mots, qui ne sont point des verbes, pour diriger l'ordre sur l'interpellé. Sur : rf/,s-rfonc, toi, on construit : Silence, VOUS autres! et ainsi on personnalise.

20 L'impératif. — L'a. f., pour exprimer que la chose énoncée est l'objet d'un ordre ou d'une demande, se sert essentiellement de l'impératif, sans faire aucune distinction, suivant que la proposition est positive ou négative : Ferez, Franceis : nuls de vus ne s'ublit ! (Roi., 12.58).

Cet emploi est intégralement conservé : Laisse-mo/ passer, ou je te tue ! (muss.. And. del Sarto, i, 1) ; n'y pense donc plus !

Formes de l'impératif.— On peut dire que l'impérat'f ne se distingue

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plus de l'indicatif que par l'absence de sujet exprimé : Venez! Sors! (1). L's,par laquelle on prétend distinguer tu manges de mange.n'a aucune signification. On prononce : lu mange{s) avec avidité comme : mange avec précaution. Les auxiliaires ont à l'impératif les formes du subjonctif : aie, ayez, sois, soyons, ce qui a son importance pour les impératifs composés : soyez rendus à la caserne pour 8 heures. Cf. sache, veuille.

La première personne du singulier manque. Elle manquait en latin (en grec aussi). Le commandement suppose en effet au moins deux personnes : une qui commande, une qui est commandée. Même alors qu'on se dit à soimême : '( Meurs ou tue » , on s'adresse pour ainsi dire à autrui, carie moi est dédoublé. On l'interpelle, comme si on avait alîaire à une autre personne.

Il importe toutefois de ne pas oublier que l'on commande souvent à un groupe de personnes où on entre soi-même. Alors, en vertu des règles générales, c'est la personne du sujet parlant, la première,'^qui prévaut: iVIarchons î Qu'un sang impur abreuve nos sillons !

Il est à peine besoin d'ajouter que la 3e personne est empruntée au subjonctif : qu'il aille, qu'elle sorte, qu'elles sachent bien que je leur ai pardonné ! (2).

Les autres personnes du subjonctif jK'Uvenl aussi constituer des ordres : Et toi aussi... je te chasse ! Que je ne te voie plus !... Que je ne te revoie jamais ! (mirbeai'. Mauv. Berg.. m. 6).

30 Commandements ironiques. — Quelquefois, on se sert d'une iorme ironique, on ordomic le c<)ulr:iii-e de ce (ju'on veut: fiez-VOUS à lui ( = ne vous fiez pas) ; — C'est cela ! Prends son parti devant Toi non (aug.. G. de M. Pair., 1, 5) ; — Allons, va ! ne respecte rien ! casse ! brise! lâche les sangsues ! brûle la guimauve ! marine des cornichons dans les Iwcau.r ! lacère les bandages ! (fi.aub., Bov., 271).

40 Périphrase impérative. — On se sert pour détourner l'interpellé d'un acte quelconque, non seulement de l'impératif, mais d'une périphrase formée de l'impératif du verbe cdler : N'allez pas vous imaginer ! Cette périphrase n'a pas du reste perdu toute valeur. Elle implique qu'on s'égarerait en faisant la chose (3).

50 L'infinitif. — L'a. f. exprimait souxent la défense par linlinilif, surtout la défense négative : Sire cumpainz, amis, ne 1' dire ja (Roi., 1113). Cet infinitif avait quelquefois un sujet : Ha ! vassaux, jet il, conquis m'as. Merci! Ne m'ocirre tu pas (chrest., Er., 993). Nous employons encore

(1) Cf. p. 260.

(2) On connaît les petites chicanes orthographiques : Vs à ajouter à va ou à mange, et qui n'est pas celle de tu vas : vas-y, manges-en. En fait, ce n'est pas là qu'est la difliculté ; mais comment remplacer mène moi-z-ij ? Xous en avons parlé p. 381.

(3) Comparez l'emploi de cette périphrase ailleurs : Pourquoi aller dire à celle dame que Duprex est le professeur de ta fille ? (Lvb., P. aux yeux, i, 6) ; — ■ El tu veux qu'un pareil personnage, aille s'allier (inec le fils d'un ancien confiseur ? (//>., ii, 1 ).

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