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RAPPORTS ET DIFFÉRENCES ENTRE ADJECTIFS ET ADVERBES

soudaines alarmes Des nuits, épouvanté, furieux, impuissant ! (lkc. de LiSLE, Po. tr., Lév. de Magn.) ?

I; n'est pas plus facile de distinguer ailleurs ce qui appartient à l'action et ce qui appartient à l'objet : elle noua ses bras convulsifs autour du cou de sa mère (zola. Une page d'am.. 190).

Adjectifs adverbialisés. — Depuis la plus ancienne ia'Lue. es adjectifs au neutre s'emploient concurremment avec les adverbes (h. l.. ii, 372). Cet usage est très classique : penser bien creux (hautef... Crisp. Méd.. III, 7) : — marche doux (id.. Bourg, de quai., ii. 2) ; — aller doux (montfl.. Éc. des Jaloux, i. 9) ; — parler doux (th. corx.. Am. à la mode. m. 1).

Aujourd'hui nous disons tout semblablement : rire jaune ; — sentir bon, mauvais ; — acheter, vendre, coûter, coter, payer, revenir, vcdoir cher ; — voir clair, net, juste ; — chanter faux, haut, bas ; — tenir bon, ferme ; — sonner creux, plein ; — nuirclier droit ; — mener ferme, roide ; — ///(/• doux ; — raisonner juste, faux (1).

Il est à remarquer que ce sont seulement certains adjectifs, brefs et anciens, qui se prêtent à cet emploi : juste, bon, ferme, net. dur, raide, creux.

A la Renaissance on avait formé des composés tels qye : doux-fleurant (2).

Longtemps certains adverbialisés ont été en concurrence avec les adverbes correspondants : vendre cher ou chèrement sa vie. Le choix ne s'est guère déterminé que par des caprices de langue. Ce qui est remarquable, c'est que non seulement il existe des expressions faites, mais que le tour avec l'adjectif se prête à des extensions analogiques : la multitude voit bête (flaub., Éduc, r, 82) ; — Je suis... un pauvre être qui voit triste (dur., Uniss.. 1) ; — toute sa gentille personne sentait frais comme un bouquet (flaub., Éduc, I, 79). C'est le verbe parler qui se prête le mieux à cette construction. On dit non seulement parler clair, ferme, à côté de parler clairement, fermement. mais parler allemand, anglais, hébreu, parler chrétien, et même parler Vaugelas. Mais il faut aussi mentionner le verbe faire. On dit non seulement cela fait bien, mal, mais cela fait joli, distingué, commun, etc.

Il est souvent fort difficile de distinguer cet adjectif de manière dun attribut. Point de doute pour : jeter bas. Mais: semer le grain épais, moudre fin, habiller deux enfants pareil, vous cousez trop lâche, le blé a poussé dru prêtent à contestation. Ils peuvent s'interpréter des deux façons. a\ec des nuances à peine sensibles. Il n'y a guère de différence non plus à dire étends la nappe bien plat ou bien plate.

Adverbes adjectivés. — De même que l'adjectif et les autres qualificatifs s'emploient pour caractériser des manières d'agir, de même des locutions de manière s'emploient pour caractériser des êtres et des choses.

(1) deux ou Irois vers cités juste (a. daud., Imm., 24) ; 7a femme... parlait raide (ro., Ib., 76).

(2) On peut ajouter que nous avons quelques expressions adjectivés composées : petit à petit, seul à seul.

(i04 .LES ÊLÉMEXTS DE LANGAGE SERVANT DE CARACTÉRISTIQUES

C'est un (.''Change perj)étiiel : On dit du travail à l'heure, aux pièces, comme travailler à l'heure, aux pièces.

Ce sont d'ai^ord es noms d'act on qu"on trouve carac érisés à la manière de verbes : son arrivée à cheval ; les journaux parlent de /'envoi directement dans le port du (Aiirassé Patrie.

Ces constructions s'étendent aussi à des substantifs cjui n'apparaissent pas comme des noms d'action, au moins au premier abord : un repas à la carte. Et si on soutient cju'ici repas éveille les mêmes idées cjue le verbe manger, l'explication ne vaut pas pour : Une femme bien. Cf. Un Jour je vis. debout cm bord des flots mouvants, Passer. ..Un rapide navire {y. h., Cont., Prol. ) ; — Frédéric se rappela les jours déjà loin où il enviait le bonheur de se trouver r/un.s une de ces voitures (flaub., Éduc, i. 366).

Si on a tant tenu à séparer adjectifs et adverbes, c'est certainement à cause de l'importance qu'on attribuait à la classification des mots en Mots varialîlcs et Mots invariables, en vue des questions d'orthographe c[ui se posaient. Rien n'est plus curieux à cet égard que les efforts de "Vaugelas pour arriver à distinguer même adjectif et même adverbe, qui l'ont entraîné jusqu'à proposer de mettre à même adverbe une s, quand il était joint à un nom au singulier. Celte .s devait servir à faire reconnaître qu'il n'était pas adjectif.

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