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CHAPITRE II LES VERBES COPULES

Le mouvement dans l'état. — Pour marquer l'entrée dans l'état, on emploie des verbes sul)jectifs où est contenue l'idée de cet état : un enfant pâlit (devient pâle) ; — un vieillard maigrit : - — un pays s'enrichit ; — la glace a durci ; — des ferrures se rouillent : — des chairs se raffermissent. Nous y avons déjà fait allusion.

Mais en outre on se sert de difïérenls verbes uîonl le i)rincii)al est devenir) suivis d'attributs : /(/ vie devient difficile; — Voire flanune devient une flamme ordinaire (rac. Phèd., 350); — le ciel, débarrassé de son voile, devenait clair (i^oti, Péch.. 67).

On se sert aussi de se faire : Il se fait vieux ; — La région commence à se faire tourmentée, presque montagneuse ; ■ — la terre se fit fraîche et tendre, une odeur d'eau descendit des collines (rosxv. G. du feu. 11). Dans ces j)iuases, il ne reste dans se faire rien de la valeur réfléchie. Sur ce modèle, on a fait ])ien des phrases : Après... s'être fait droit, elle se fait idée (v. n.. Cont., Am-.. VII) (1).

La persistance dans l'état. — La copule est tantôt un verbe sim])k' : rester, demeurer; tantôt un ])rononiinal, se conserver, se maintenir : notre petite ville de toile blanche va demeurer bâtie pour un ou deux fours (i.on, Dés.. 7(») : — leur tijpe provençal avait ])u se maintenir très pur (i.ori. Matelot, i. ()).

L'apparence. — Elle s'exprime: 1^ ])ar différents verljes simples : par(ùire. sembler : ce raisonnement m'a paru juste ; ■ — cette proposition m'a. semblé équitable ; 2" par le pronominal se montrer : la médecine se montra impuissante.

On se sert aussi des locutions \erbales avoir l'air. passer pour (\qs contemporains disent : s'avérer) : chez les Juifs, elle (cette profession) passait pour tout à fait criminelle (hkn.. Jés.. ix).

Autres copules. — En dehors des copules cpii signifient l'existence, le devenir, la ])ersistance, ra|)parenee : être jeune, .sembler jeune, rester

{ 1 ) Mais il paraît contcslable que: Jésus s'est fait chair soit strictemen l l'équivalent de Verbiim caro facliini est. Le français ne marque-t-il pas une volonté exercée sur soi-même ? Question de

théoloKi<'. (Cf. hlle .sV.s/ failc servante des pauvres).

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jeune, il faut observer que d'autres verbes sul^jeclifs peuveut servir à lier un attribul au sujet, par exemple : a) il mouriii colonel : b) il a vécu vieux.

Ces verbes appartiennent à deux catégories l)ien distinctes. Oux du type a expriment une action qui n'a point pour effet de rendre l'attribut applicable au sujet ; la qualité lui appartient. Un homme a été gravement blessé ; il a perdu la jambe, il est mutilé : il vivra désormais mutilé. Cf. son fils aîné est mort jeune (il était jeune, cjuand il est mort) (1).

Au contraire ceux du type h expriment une action dont le résultat est que l'attribut appartienne au sujet. C'est le cas dans vivre vieux, qui signifie prolonger sa vie. de façon à parvenir à la vieillesse. De même tomber mort. Cf. cet honime si dur pour les autres, retomba évanoui sur le seuil de la porte (a. DUMAS, Tul., ch. vii, 11).

On pourrait appeler ces derniers attril^uts des attributs de résultai. Ils marquent en effet un résultat de l'action subjective, qui est de mettre le sujet dans une situation donnée, et cette application trouverait son usage ailleurs pour des attributs de verbes objectifs.

Les verbes, qui servent à construire les attributs de résultat sont tantôt des simples : il tomhSi évanoui, tantôt des pronominaux : Ils s'accroupissent, adossés les uns aux autres (v. n.. Mis.. Marins, vin. v) (2). Dans Ijeaucou]) de phrases, il est fort difficile de sa\oir si on se trouve en présence d'attributs de résultat ou non, ainsi : Soudain la vieille se redressa, formidable et superbe (rich.. Miarka. cli. iv, ii). L'effet ne vient-il pas. en partie au moins, de sou mouvement ?

Absence de verbe. — Elle est fréquente : Toujours plus fort, ee grand souffle qui agitait toute chose (loti. Pêeh.. 11). D'où la locution courante : telle une feuille abandonnée au vent.

(1) Il me donna le jour vieux, au retour d'un long voyage (rkn., Soun. cnf.. 1. ii, ih. m, p. 85) ; — les types primitifs... Surgissaient orageux, gigantesques, touffus (v. n., /.»■(/., L' Sac. de la f-, n).

(2» Bien entendu, ce sont aussi dos passifs : il a été nommé chevalier de lu J.rnion d'Honneur.

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