ATTRIBUTION D'UNE CARACTÉRISTIQUE A L'OBJET DU VERBE
L'objet d'une action est fort souvent de donner à un être, à une chose, un rôle, une situation, une forme, un aspect, une qualité ou manière d'être quelconque. Blanchir un mur, c'est faire un travail après lequel le mur sera blanc; nommer quelqu'un facteur, c'est lui confier la fonction de distribuer les lettres.
Un nom peut avoir un oljjel de ce genre : la nomination de Bernardin comme préfet est inuninente. La phrase équivaut à : on va incessamment nommer Bernardin préfet ; — Tous comprirent combien affreuse serait pour eux la première inspection de leur reddition prisonniers de guerre (s', sim.. XII. 179).
Mais le plus souvent cette attribution est faite au moyen d'un verbe. Nf)us avons vu à la Formation des verbes (p. 217), comment des verbes de ])lusieurs types signifient donner à l'objet la manière d'être exprimée par leur ])rimitif. Ce sont des simples : grossir, obscurcir, creuser, griser, égaliser, neutraliser, germaniser, gazéifier, ou des com])oscs : aguerrir, attendrir, éclaircir, éclairer, enivrer, enrichir (1).
Lorsqu'un verbe ne contient pas en lui-même l'idée allrihutive qui doit jxisser sur son objet, on emploie un mot spécial pour indiquer cet attribut : On a élu M. X. député de la Seine. Évidemment M. X. est l'objet du verbe : on a élu ; mais ce n'est pas là tout l'objet, qui est essentiellement d'attribuer la ([ualité de député (i M. X. L'action de l'élire fait que cette qualité lui appartient après l'élection. L'expression étire député remplace un verbe simple, qui n'a plus exactement ce sens : députer (2).
L'attribut ainsi appliqué à l'objet peut être : 1" un nom : nonvjwr
(1) Rappelons que, sous l'influence d'un préfixe, le verbe peut marquer non plus l'acquisition d'une qualité, mais sa perte : Défraîchir, enlever la qualité de frais, 61er la fraîcheur ; déniaiser, faire cesser d'être niais.
(2) La malice publique se seit de criici/ier quelqu'un pour dire (tonner ta croix de la Légion d'Honneur à quelqu'un.