LE MOYEN. U INSTRUMENT
dames, as tables, où â signifie proprement au moyen de : As tables juent, purels csbaneier (Roi., 111 ). On est arrivé à employer à pour toutes sortes de jeux : jouer au soldat, au cheval fondu, à chat perché, à qui perd gagne.
A entre dans une foule de locutions : combattre à la baïonnette ; — faire sauter à la dynamite ; — friser au petit fer ; — repousser au marteau ; — chauffer un fer au feu ; — rrier à pleins poumons ; — mareher à l'électricité ; — piquer à la machine.
Avec des participes : cousu à la main ; — fait au tour ; — brodé à la machine.
Avec des noms : tir au pistolet ; — combat à l'arme blanche ; — attaque à la grenade ; — dentetle à la main, au métier, au fuseau ; — travail à l'aiguille ; — machine à vapeur ; — une lampe à pétrole ; — fourneau à essence ; — chauffage à l'électricité ; — /ampes à incandescence ; — Ils reconnurent la maison à un vieux noyer qui l'ombrageait (flaub., Boik, 100) ; — elle devinait, à l'inspection des traits et des manières, et reconstituait des existences d'humble labeur (lem., Rois, 39).
A ne pourrait plus cependant entrer dans toutes les phrases où on le trouvait au XVI^ s., ainsi : ceulx qui' le seruoyent, le lièrent à gros cables (rab., Pant.. I, iv).
Par est commun : une plaie par arme à feu ; — un congé par ministère d'huissier; — pr^'nrfr^' par la main ; par la douceur; — répondre par une boutade ; — Par des vœux assidus je crus les détourner (rac. Phèd., 270) : — Par ce rare secret, efforcez-vous de plaire (mol.. Mis., 1026); — Elles étaient disposées de façon ii reproduire par leurs rangs circulaires, compris les uns dans les cuitres, la période saturnienne (flaub.. P. chois., 184. Sal.) (1).
Parmi les prépositions qui servent à construire le complément de moyen, il faut citer encore :
Avec — C'est avec son couteau qu'il coupait le pain dur... c'est avec son couteau qu'il grattait les fruits pourris... c'est avec son couteau qu'il se taillait des bâtons de voyage... C'est avec son COUteau qu'il exerçait tous les arts de la vie (a. FRANCE, Mann., 65-66). Il est des cas où le complément introduit par avec se rapproche singulièrement du complément de matière, ainsi dans des expressions populaires comme : un panier fait avec du rafia.-
En — // se ruine en folles dépenses; — veuillez nous expliquer tout cela en quelques mots ; — écrire en prose ; — une pièce en vers.
Au MOYEN DE — Au moyen de, moyenncmt sont relativement nouveaux. Ce dernier, repoussé encore par Bouhours, est resté un peu lourd : il lui donna son consentement moyennant finances ; — moyennant une somme de... on prépare des jeunes gens au baccalauréat ; — Moyennant je ne sais combien de versions, de thèmes et de vers latins, mon ami s'est procuré tcmt le poème (BOURG.. Corn.. 65).
(1) Par pourrait cire sou\'ent consitiérc comme introduisant un corapiémcnl d'agent.
A LAIDE DE — GRACE A — A l'aide de est courant : ouvrir à l'aide d'un passe-partout. Le même ra])port est souvent contenu dans grâce à : J'ai obtenu cette place grâce au bon certificat que vous m'aviez donné. Le mot marquait originairement une idée de gratitude, elle est bien effacée. (Voir au liv. XX, Les Causes).
20 Compléments saxs préf^ositioxs. — Faut-il compter comme françaises certaines expressions que le commerce a vulgarisées, telles que cousu main, où le rapport n'est plus marqué ostensiblement ?
30 GÉRONDIFS. — Un tour spécial est celui que fournit le gérondif : en forgeant on devient forgeron : — en s 'associant, tes plus petits constituent une force ; — // fait fleurir tous ces arts en les encourageant par sa magnificence (volt., Jean/? . et Colin); — il a eni})êché ses sujets de devenir jamais ce qu'ils pourraient être, en leur persuadant qu'ils étaient ce qu'ils ne sont pas (ROUSSEAU. Extr., Hachette, m, 33U).
On ajoute souvent, pour indiquer que le moyen a sulïi : rien que : Rien qu'en me racontant notre histoire, vous me révéliez la réalité liumaine (lem.. Rois. 28).
Ce n'est quà jjartir du XVllI' s., que le gérondif a pris régulièrement en. En a.f.,il était iii\ arial)le, et se distinguait parlàdu participe, variable en nombre. Au XYIL' s., quand le participe fut déclaré invariable, on ne se décida pas tout de suite à présenter en comme nécessaire. Vaugelas le recommandait seulement.
Du reste le participe présent peut jouer le même rôle. On le voit alterner avec le géroiidit : l'onsard .se bâtit alors cette maison lui-même, en prenant les matériaux de ci et de là, se faisant donner un coup de main par l'un et l'autre, grappillant (/// château les choses de rebut, ou les demandant et les obtenant toujours (BAL/... Les Pags.. 252).
40 Autres tours. — Quand il s'agit de marquer que le moyen a été employé avec ténacité, suite, etc., on se sert de la locution à force de : Hirsch. à force de remuer la bouche d'après la méthode Decostère, a fini par donner au poète la configuration de ces quelques mots (a. d.\ud., Jack, -177).
L'intermédiaire se marque au moyen de di\erses locutions : par l'intermédiaire, l'entremise, ou simplement à l'aide de par : Quer par cestui avrons nos bone aiude (Ale.v.. cvii, 535). On dit en termes judiciaires: par voie de, par ministère de : par voie d 'huissier.
Défaut de moyens. On se sert du nom des moyens, précédé de
sans : sans une longue expérience, il est impossible d'être un vrai homme politique : — sans chemins de fer, sans ports, sans télégraphe, sans téléphone, une industrie ne peut tùvre dans la société moderne ; - - les gens de
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t/iKtlUé... saocnl Imil sans avoir rien appris ; — // a gagné une forlunc ssins rien faire. Ou st- sert aussi de manque de, faute de : une affaire échoue faute de disponibilités (la locution marque en réalité un rapportée cause) ; — faute de pompes, on ne put combattre l'incendie ; — Et le combcd cessa faute de combattants (corn.. C;rf, 1328).
Représentation du complément de moyen. — Le complément instrumental peut être dans un représentant : Bien en purrat luer ses soldeiers (Roi., 34); — Qu'il conserve la couverture, il encouvrira sa fument (Il couvrira avec cela). En phrase conjonctive, le complément est dans un conjonctif : Qu'il garde une couverture dont il couvrira la fument.
On usait chez les classiques tantôt de dont, tantôt de que : La trompe dont il pompait sa nourriture : — A cause de la mauvaise chère qu'ils faisaient, et de la rigueur dont on les traitait (d'abl., Apoph., 78). Que n'est resté qu'en langue populaire : le moyen qu'il se sert pour tromper le monde. Dans la langue soignée on préfère user de lequel, précédé des diverses prépositions instrumentales, de. avec, par : le moyen duquel il se sert toujours.
De quoi — De quai forme une locution qui signifie le moyen de : j'di de quoi vivre, de quoi vous contenter : — Et qu'il reste et la Parque encor de quoi filer (boil., Sat., i, 32) ; — Cf. Si vous venez pour trafiquer, J'ay des nippes dequoy troquer (scarr., Virg. Trcw.. ii. 288). L'argent étant considéré comme le moyen universel de tout faire, avoir de quoi, c'est avoir de l'argent: A ceux qui se mêlent d'écrire. On dit que vous donnez de quoi (poisson. (Euv., Au Roi, 1). On est même allé jusqu'à dire : avoir du dequoi.