CHAPITRE III CONJONCTIVES ET CONJONCTIONNELLES
La conjonctive, par la variélé des rapports qu'elle marque, tient à la fois de la subordonnée et de la coordonnée. Quand on dit : Il poussa la porte qui s'ouvrit, le sens est à peu près: et elle s'ouvrit: — Cf. Rapporte toujours les champignons, ma mère est là. qui les examinera un à un. Il ne faudrait I)as toutefois croire à une simple juxtaposition de deux idées ; la relation marquée par le conjonctif est très étroite (1).
Très sou\ent. on peut dire le plus souvent, la proposition à forme conjonctive, joue un rôle de subordonnée. Nous l'avons vu dans l'Ofc/e/ (p. 352). Je la ris qui croisait la rue : — on les entendait qui discutaient. Cette même proposition se rencontre bien ailleurs. Elle inarcjuc toutes sortes de rapports. Il est très fréquent par exemple (juelle marque la coïncidence dans le tem])s : Le chat est au jardin, qui guette les oiseaux. Le sens est à peu prés : en train de guetter (2).
Elle intervient également pour ex[)rimer des fins, des causes, des hypothèses, nous le verrons dans chacun des cliapitres où nous étudierons les rapports des idées entre elles : Pierre, qui connaissait son père, ne perdit pas confiance ; (la proposition conjoiutive a la valeur d'une causale). Dans : je veux une bague qui vous plaise, le sens est : qui soit de telle .sorte qu'elle vous plaise: la proposition conjonctive a la valeur d'une finale, etc.
Distinctions enti>e conjonctions et conjonctifs. — Si les rapports de sens entre conjonctives cl coujoiictionnelles sont très étroits, les rapports de forme ne le sont pas moins (V. p. 179).
Qri t't Qi'ii. n'ont longtemps fait qu'un. Il faut arriver jusqu'au XVII« s., pour qu'on les reconnaisse avec sûreté l'un de l'autre. D'où toute espèce de confusions.
Que. — En a. f., cjiiand on rencontre une ])hrase telle que celle-ci : un garson que l'on disait qui estait fils Bertain : il est impossible d'affirmer que ce qui soit un conjonctif. Si bien que dans: une pnc^//^ qu'on disait qu'elle
(1) On a été fort embarrasse de classer les propositions conjonctives, c'est-à-dire celles où entrent des représentants conjonctifs. Si on ne considère que la forme, rien de plus simple.
Quant à la valeur logique, elle est extrêmement variée, et il est vraiment trop commode de les séparer en explicatives et délciniinutives (!?).
(2) TORL., Vcrm. Beitr., m, G5.
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esloit plie Beriain, il est. malgré l'apparence, impossible encore d'aflirmer qu'on est vraiment en présence d'une complétive introduite par que (h. l., I, 345 ; II, 424-28).
Il a été extrêmement difficile, même en langue moderne, de démêler le rôle de que dans les constructions doubles, telles que : un enfant que tu dis que tu as vu. Cf. D'autres ont des détours qu'on ne sait ce que c'est (th. corn., D. Juan, IV, 1).
Nous avons parlé au Chapitre de la Représentation (p. 181) du que remplaçant tous les autres conjonctifs. Nous n'y reviendrons pas ici, sauf pour marquer qu'il n'y a qu'une différence arbitraire entre ce que conjonctif et la conjonction.
Combien d'exemples pourrait-on citer de confusions entre alors que et à l'heure que. Longtemps : à l'heure que nous en avons besoin ne se séparait gijère de : alors que nous en avons besoin. Nous aurons à signaler des ressemblances analogues, par exemple entre au moment que et du moment que.
D'autre part où est la limite entre que conjonctif et que conséquentiel? Voici une phrase du Ménagicr de Paris : Car à peine trouverez-vous aucun que, s'il a aucun amy qui apparç.oive son péchié, ja puis ne le verra de si bon cuer il, 178) ; — Comparez cette phrase de Malherbe : il est des choses d'une certaine forme, que toute leur signification s'en va hors de nous (ii, 146).
La ou. — Au XVJe s., là où jouait très nettement un rôle de conjonction. On le retrouve encore dans Malherbe avec la valeur de tandis que : celui qui vit a plus besoin de la vie, là OÙ celui qui n'est pas né se passe et de la vie et de toute autre chose (mai.h., ii, 85).
De quoi et dont. — Ils ont été longtemps synonymes de : de ce que (h. l., II, 383 ; m, 390). — Il s'excuse de quoy // ne Imj a pus envoyé des roses (Nouv. rec. de let., 1638) ; — Les marchands de la Halle se plaignent de nous de quoy nous leur enchérissons les œufs (v. h. /.., ix, 141) (1 ).
Parce que et par ce que n'ont été séparés que par une règle de Yaugelas, qui sentait bien l'écjuivocjue possible. Il n'aimait pas cette phrase : 7/ m'a adouci cette mauvaise nouvelle, par ce qu'il me mande de la bonne volonté que le Roy a témoigné pour vous (i, 172). La langue moderne écrite a seule résolu la difTiculté par une distinction orthographique (2).
(1) Pour quoique et quoi que voir à V Cjpposition, liv. XXI^^ ch. viii.
(2) On trouve encore chez M""' de Sé\if^né les divers éléments de la locution séparés par une incise : uous opinons à prendre à gauche, parce, disons-nous, qu'en lout cas celui-là nous conduira plutôt qu'un autre vers Notre-Dame des Anges (Lelt., ccccxxxiv).