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MOYENS D'EXPRIMER LES RELATIONS

Au dernier stade il sert d'introductif à des propositions qui n'en ont que faire : que c'est comme un bouquet de fleurs. C'est du style gendarme, sans doute : mais le tour est très répandu dans la langue parlée : D'où que je devenais... Je devenais du Roquet... que j'y avais couché... que j'y étais été pour avoir de l'ouvrage... qu'on m'a traité de faignant et qu'on nfa dit que j' priais F bon Dieu d'n'en pas trouver... que j'avais fait neuf lieues... que je n'me sentais pas de froid. ..que j'n'avais mangé qu'un sou d'pain d'ia journée.. que v'ià que j' frappe à laporte de la ferme... qu'on m'ouvre... que j'mecouche.. que j' m' endors... qu'on m'réveillc.et qu'on m'mène en prison (h. monnier. Se. popul.. La Cour d'assises).

Formation de nouvelles Conjonctions. — lo Des gonjonctioxs s'agglutinent.— Que s'est ajouté à si. pour former g-ue si. qui a été très usuel : Que si, quand vous arrivez dans une compagnie l'on vous fait civilité, et qu'on se levé pour l'amour de vous, il faut bien se garder de prendre la place de personne (Civ.. cil. v) ; -- Que SI vous avez cette vérité, ne nous la cache: pas parla manière dont vous nous la proposez (mostesq., Esp. des lois. Liv. xxv, ch. 13).

2o Que A ÉTÉ AJOUTÉ A UNE PRÉPOSITION OU A UN ADVERBE. Oll a

ajouté que directement, soit à des adverbes, soit à des adverbes-prépositions: ainsi que. bien que. encore que. encore bien que. puis que. avant que. si bien que (1).

3° A d'autres mots. — Ce sont des participes ou des adjectifs, d'où : vu que, attendu que. excepté que, considéré que, sauf que. Considérant que. dont il est fait grand usage aujourd'hui, montre à merveille comment le rôle dû participe s'efface, et comment la syntaxe. (|ui rapportait d'abord l'action de considérer à un sujet, s'oblitère. L'expression devient synonyme d'attendu que.

40 Que A.IOUTÉ A UNE PRÉPOSITION SlIVIE DE CC. (V'cst Ic type ]v

plus connuun de formation. Une préposition est sui^•ie de ce. puis d'un que : par ce que.

Il faut, pour comprendre celte formation, se rejiorter au développement des propositions à reprise dont nous a\ons parlé, et dont le tyjie le plus simple est en a. f. : ço (ce) li peiset que (ceci lui jièse ([ue). I-a ])roposition commençant par que développe ce qui est annoncé par ce : ceci lui pèse qu'il (à savoir qu'il) n'eut pas d'enfant : et ce tour entre en concurrence avec : Qued enfant n'ourent peiset lor en fortment (AL, v. 22).

Or le ce. au lieu d'être sujet, peut être complément d'une préj)osition : De ço se sont esmerveillié. Que // mori (Thèbes, 4830; de ceci, ils se sont (merveilles à savoir qu'il mourut). D'où : ils se sont émerveillés de ce qu'/7 mourut. De ce que est encore en plein développement. Il empiète peu à peu sur le simple que. Madame de Sévigné écrivait encore : Nous faisions la guerre au bonhomme d' Andilly qu'il avoit plus envie de sauver une âme qui était d'un beau corps qu'une autre (Lett.; duxix):- je fus étonné que, deux

(1 ) .Viilicfois : (lins que, deviinl que, pavavaul que, soudain que. suhil que.

COXJOXCTIONNELLES ET COSJOSCTIYES 705

juiirs après, il me montra toute l'affaire exécutée (mol., Éc. d. /.. I*rél'.). Nous dirions, au moins dans la première plirase : de ce que.

A ce que se répand aussi. Il a déjà existé en a. T. une forme à ce que, qui avait le sens de afin que. Il s'en foi'me aujourd'hui une autre dont l'origine est claire. De: il y aurait intérêt kcela.^ on aboutit a: // // cuirait (/rcmd intérêt à ce qu'on pût dresser le catalogue de sa bibliothèque.

Xous nous servirions d'à ce que, là où le que suflisail au XVII^' s. : Quel avantage a-t-on qu\in homme vous caresse? (mol.. Mis., 49) ; — j'aurais une douleur extrême quhine personne que j'ai chérie... devint un exemple funeste de la justice du Ciel (id., D. Juan, iv, 6). Le simple que est ainsi T)eii à peu supplanté. Par suite de façon que, de manière que tendent à céder à: de manière à ce que (1).

C'est au procédé de formation que nous venons d'examiner que sont dues de nomjjreuscs locutions : hors ce que, pour ce que, par ce (lue, sans ce que, en ce que, jusqu'à ce que, grâce à ce que...

Xous en avons gardé un assez grand nombre. Mais, dès le Moyen-Age, elles furent en concurrence avec les formes où que suivait directement la préposition. Pour que est attesté en 1168, et aujourd'hui il est seul employé; pour ce que a disparu.

50 Que AJOUTÉ A UNE PRÉPOSITION SUIVIE d'un NOM. — D'autres éléments linguistiques sont de tout temps entrés en combinaison avec que pour former des locutions analogues à celles que nous venons de voir ; ce sont : chose, rien, tcmt. On disait en a. f. de tant que, pour tant que. Nous avons encore ; en tant que, pour autant que, d'autant que.

A côté des mots à sens effacé tels que tant, il faut en ciler d'autres lels que fin, manière, sorte, etc.. De là sont sorties une foule de locutions conjonctives : afin que, de manière que, de sorte que, du moment que. de peur que, en raison que, à mesure que, au fur et à mesure que, elc...

Gomme partout ailleurs, la composition se fait peu à peu, de sorte qu'à distance, on ne sait pas toujours si on se trouve en présence d'un vrai composé. C'est le cas dans cette phrase : Par la raison que nous rompons ensemble (mol., Dép. am., 1393).

Remarques. — a) La préposition vient quelquefois à disparaître. Crainte que remplace de crainte que: crainte qu'on n'en cherche ailleurs (sÉ\., Lett., dlxxxiii).

P) Dans à celle fin que, le nom est accompagné de l'adjectif démonstratif.

60 Conjonctions issues de propositions figées. — Le type de cette formation est: /a soit que (quoique), qui, sous la forme jaçoit que,R vécu jusqu'à l'âge classique. Comme ainsi soit que était encore usuel, au moins .chez les pédants, du temps de Molière (h. i.., m, 389). Quoi que, nous le verxons, a une origine analogue ; quoique je l'aie vu est une transformation de quoi que j'aie vu.

(1) V. JOURJON, Rev. de Philologie, lftl.5, 205.

BHUXOT

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