‹ La pensée et la langueChapitre 425 sur 587 · CHAPITRE IV RETRANCHEMENTS ET EXCEPTIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV RETRANCHEMENTS ET EXCEPTIONS

Compléments d'exception. — On a vu à la Soustraction (p. 128) : moins, sauf, à part, hormis, excepté. Quand on retranche autre chose cjue des choses et des êtres d'une somme donnée, presque toutes ces expressions se retrouvent, changées, s'il y a lieu, en conjonctions : Tout s'est bien passé, sauf que le petit a été un peu effrayé : — nous avons eu becui temps, excepté qu'// a un peu pin vers midi : — le perroquet parle comme l'homme, sauf qu';7 n'attache pas de S£ns aux paroles : — il ressemblait à M. de Beaufort. hormis qu'il parlait mieux français (sév., L.).

Quelques anciennes expressions sont mortes ; on ne dit plus : ci la réservation de, mais ci l'exception de, sous réserve de.

Propositions d'exception. — Fors que, sauf que. — En subordination, on se servait autrefois de fors que (1). On use aujourd'hui de sauf que, excepté que. si ce n'est que : Il a tout sacrifié, si ce n'est qu';7 a voulu garder ce souvenir de ses parents.

La chose énoncée, objet de l'exception, peut être unie à l'autre chose énoncée par toutes sortes de rapports, logiques ou non. Ainsi elle peut exprimer le but : Je n'accepterai jamais, sauf pour VOUS obliger, sauf pour que vous n'en entendiez plus parler.

Modalités des exceptives. — La chose exceptée peut être placée dans diverses modalités ; c'est tantôt une réalité, tantôt une éventualité : // y fait agréable, sauf quand il pleut ; — j'y resterai, sauf au cas où il pleuvrait. Elle est souvent hypothétique : Je ne quitterai jamais cette maison, sauf Si on m'en chasse ; — à moins qu'on ne m'en chasse. Nous en reparlerons en traitant des différentes relations logiques.

(1) Encore au XVI* siècle : rien je n'y gaigneroye. Fors quV/î mes pleurs plaisir lui donneroije (MAR., EL, 20, G.).

Page 1