LA PHRASE COMPARATIVE
classiques : Bien ne /urtiflc pin.": le pirronisnte que ce qu'il y en a qui ne sont point pirroniens (pasc. Pens.. éd. Molin., i. 42) ; — Rien ne mit si bien Furniiis auprès d' Auguste, que ce ([U.\iprès que... il eut pardonné à son père... il lui dit (malh., ii. 38). D'Alilancourt. au dire d'A. de Boisregard. aimait cette manière de parler : j'aime mieux eneore. répondit-il. que tu me menaees. que ce que tu me traites {Apopht. dans RéjL. 106). ^'augelas cependant rapportait que quelques-uns la trouvaienl vieille (chose contestée par Lamothe le Vayer. 55).
Ce que est hors d'usage, mais de ce que, qui se rencontrait aussi chez les classiques, l'a remplacé : Ce n'est pas tant la peur de la mort qui me /ait fuir que de ce qu'il est fâcheux à un gentilhomme d'être pendu (mol.. Pourc. III, 2). Le tour est Ires usuel en langue i)oi)ulaire.
Suppression d"ix que. — Enfin la langue disposait d'un troisième tour. Il se rencontre dès Ta. t. : Encore ainme je mix que je muire ci. que tos li pûtes me regardast demain a merveilles {Auc. IH, 11. j"aime mieux mourir ici que de ce que tout le peuj)le me regarderait demain avec étonnenient). Les classiques en usent encore : rst-il rien de plus convenable que nous recevions de vos mains le fruit de nos bénies entrailles (boss.. Annonc. 1655. Ire p.); — est-il rien de plus évident que nous sommes toujours hors de nous ? (id., Martha. 1G55, l'"«' p.).
La langue moderne introduit le second terme de la comparaison au moyen de si : il est plus avantageux pour lui d'y aller que de rester ici. devient // est plus avantageux pour lui qu'il y aille que s'z7 restait ici. On se sert aussi de la périphrase avec voir : J'aime mieux qu'il soit exposé au dcmger que de lé voir embusqué.
La i>hrase de préférence. — Dans les phrases indiquant les préférences, les difficultés syntaxiques sont les mêmes que dans les comparatives, et se résolvent de même :
lo // aime mieux avoir... des moines dont il prétend disposer... que non pas des chanoines séculiers (kac. Lett.. xxxiii).
20 J'aimerais mieux qu'il meure que de ce qu'il soif mutilé comme j'en vois.
30 Délibérez ensemble. Préférez-vous l'emmener. OU si je le garde.
Plutôt. — Toutefois, il faut tenir compte d'une forme qui s'est spécialisée. C'est plutôt (ancien plus tost) (1).
A elle seule elle marque préférence : et je me résoudrai à quitter mon pays... plutôt quV'c vous quitter (mol.. Scap., i. 3). D'où cette formule : plutôt que de suivi d'un infinitif : Mais le galetas dans lequel nous étions
(1) Cf. de prcférence : ./<• lurndnii de préférence le corsage maiiue.
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n'était pas inexpugnable : je pouvais y être l)loqué : je préférai défendre les approches de la place, plutôt que de m' exposer à y être pris comme un rat dans lu souricière (vid.. Mém., i, 337) : — Mais plutôt que de commenter de suite les plans... je crois préférable et plus intéressant de dire d'abord... (Art et Dec... Dec. 1909, 211).
L'embarras naît quand plutôt que doit être suivi d'une phrase conjonetionnelle commençant par que. La langue populaire résout la difficulté par son moj^en ordinaire : J'aimerais mieux le voir rester garçon plutôt que de ce qu'z7 épouse cette jeune fille.
Dans la langue écrite, on intercale ici aussi le mot voir : plutôt que de le voir épouser cette jeune fille.
Plutôt (que) sert aux exclamations, si fréquentes dans l'expression des préférences : Plutôt mourir ! Plutôt l'Iionneur que la vie !