‹ La pensée et la langueChapitre 443 sur 587 · CONTEMPORANÉITÉ, POSTÉRIORITÉ, ANTÉRIORITÉ · texte numérisé non relu

CONTEMPORANÉITÉ, POSTÉRIORITÉ, ANTÉRIORITÉ

Les actions sont entre elles en rapport de temps. Elles sont contemporaines, postérieures, antérieures les unes aux autres. Ainsi dans cette phrase : La préciosité avait gagné la province, lorsque Molière /'attaqua, les deux événements sont, non seulement passés par rapport à nous, qui en parlons, mais le premier est antérieur au second.

Considérons les phrases : Je viendrai avant qu'il ne parte ; je viendrai alors qu'il partira ; je viendrai après qu'il sera parti. Dans des figures analogues à celles dont nous avons usé déjà, l'arrivée sera marquée par un point, le départ par un autre. La figure de la première phrase sera donc :

Départ de B Arrivée deA

Départ de B

.Arrivée de A

Départ de B

Prenons maintenant pour exemples trois phrases : !« Le soleil se couchait quand on a apporté la dépêche. C'est un exemple d'une simultanéité dans le passé. 20 Les affaires reprendront leur train, quand on rétablira des services de transport réguliers. C'est un exemple de simultanéité dans le futur. 3^ Puisque je le tiens, je n'ai pas envie de le lâcher. C'est un exemple de simultinéité dans le présent. Toutes ces actions sont contemporaines les unes aax autres.

Seulement ce n'est pas assez de dire en gros que des actions sont contemporaines ; il est bien visible que la coïncidence entre elles peut être totale

OU seuieiiK'iiL pisrlielic. Elle est fort variable, ^'o!ci par exemple deux actions-poiuts : Au moment même on elle .se levait pour partir (A), sa mère entra (B). Les deux points se superposent. La figure sera :

Voici maintenant une aclion-poinl qui sur\ icnî au i)0!nl de déi)ari d'une action-ligne : Au moment mênu' où elle entrait en eonvaleseenee, eettc malheureuse nouvelle lui parvint :

Convalescence

Arrivée de la nouvelle

Au lieu d'être à son début, raclion-ligne peul être fléjà en cours d'exécution quand l'action-point B survient. Ainsi : Quand les États généraux se réunirent, la France attendait déjà une Révolution : — J'avais f/uator:e ans (ceci a duré un an), quand j'ai perdu ma mèrr.

Uans O

Mort de la mère

S'il s'agil de deux aclions-lignes. liniilées ou non. elles peu\'enl se recou- \ rir en totalité. Ainsi : Je regarderai attentivement pendant tout le temps que durera l'opéridion. La figure est :

•^' Uperation 1/

\\\ contraire elles peuvent ne coïncider que sur une partie de leur durée Ainsi : Le train manci'uvrait : l'auto a dû slcdionner un moment au passage à niveau. La manœuvre du train avait commencé avant l'arrivée de l'auto. Donc les deux actions-lignes, si elles finissent en même temps, ne se touchent que sur unv i)orli()n de l'une. La figure est :

^' Stationneiii'- ^

Les deux actions-lignes i)euvent coïncider à li'ur point de départ, sans

CONTEMPORAXÉITÉ, POSTÉRIORITÉ, ANTÉRIORITÉ 717

avoir la même durée. A huit heures nous avions fini de dîner ; il a lu un inslant. moi j'iti brodé toute la soirée.

Fin du dmer.

Et ainsi de siiiLe. Les catégories que l'on l'orme : anlériorilé, postériorité, etc sont donc loin de renfermer des rapports temporels toujours identiques. Le^ mots sont grossiers par rapport aux finesses de la pensée et de la langue.

Page 1