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CHAPITRE PREMIER LES FAUSSES RÈGLES ET LA RÉALITÉ

En coordinalion, personne n'a jamais imaginé de régler l'emploi des temps sur d'autres principes que sur la chronologie des actions exprimées. Mais il en a été tout à fait autrement, lorscjue les propositions renfermant les diverses actions sont sujjordonnées, qu'elles soient conjonctives ou conjonctionnelles.

En fait, si l'action contenue dans une subordonnée peut théoriquement se trouver dans n'importe quel rapport chronologique avec l'action principale, encore faut-il que le sens le permette. Ainsi, prenons pour exemple une phrase objective, dont le verbe principal est je sais, tous les temps sont possibles à l'objet, qu'il soit dans l'irréel ou dans l'éventuel :

vous avez acheté, ,

I achetez, f

Je sais que •, . ., • de 1 étoffe.

I achèterez, l

allez acheter j

De même dans d'autres modalités :

( vous achèteriez, )

Je sais que ) . , . , J de l'étoffe.

' vous auriez acheté '

Mais d'autres verbes ne comportent pour leur objet qu'une action placée dans un temps donné : Je veux que vous achetiez ce bijou. La volonté porte nécessairement sur un acte futur, donc l'action-objet ne peut être que dans le futur. Ce sera ici le présent du subjonctif qui exprimera ce futur. Il serait impossible de concevoir un achat passé comme objet d'une volonté présente. C'est le sens même qui borne les j^ossibilités, et non la grammaire, comme on le voit fort bien (1).

Il faut observer de même que le sens du verbe principal employé à certaines formes impose de choisir le futur dans le passé : J'ai cru autrefois longtemps que X épousera .sa cousine, n'est pas possible, non plus que j'avais cru que X épousera sa cousine. On n'y croit plus ; le futur ne convient pas.

(1) lîn cliangeanl le sens du verbe, en disant par exemple : je veii.v bien, dans le sens de j'accorde, l'action-objet n'est plus dans le futur : je veux bien que voii.s ayez ncheU cela bon marchi't ce n'en es/ pas moins une dépense iniilile, est paifaitcinent français.

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