CHAPITRE VI MODALITÉ DES TERMES
Servitudes grammaticales. — On devine combien elles sont graves, puisque le subjonciif est de rigueur. Nous avonsdit qu'on peut, en dehors de toute finalité, marquer une caractéristique éventuelle : Vous avez une maison qui me conviendrait ; — // vous faut une maison qui aurait un petit jardin. Si la phrase prend un caractère final, il se produit nécessairemenl un conflit. Aujourd'hui, le sens de la modalité l'emporte, comme d'ordinaire, sur le sens du rapport, et, avec les conjonctifs on garde le conditionnel, qui marque Téventualité : Je veux {cherche) une maison qui plairait à ma femme, où mes enfants pourraient jouer à l'aise.
Mais avec une conjonctionnelle, le conditior nel est impossible : afin qu'il me plairait ii'est pas français. On trouve des j^hrases comme : On arrange la villa de façon qu'elle plairait à n'importe qui. Seulement de façon que n'exprime ici qu'une conséquence, point de finalité. Avec finalité, la langue classiciue eût eu la ressource de son subjonctif conditionnel : de façon qu'elle plût.
Fins apparentes. — Avec les compléments, il est très facile d'exprimer des lins de ce gt'nre, on se sert de comme : Elle... étendit les deux bras comme pour prendre son vol, cl tomba toute raidc {vkvh.i... Morte, 132); — ses mains... se crispèrent... autour de son cou... comme pour le retenir (g. sand, Ind., 7); — laReine, comme pour avertir du départ, fait cnmnumdcr un trousseau (.michel., Rév., III, 38).
Il y a là une véritable forme d'irréelles. Dans les j)hrases conjouclionnellcs, on est obligé de se servir de périphrases : comme s'il eût voulu, comme si son intention avait, eût été do sortir.