CHAPITRE III MOYENS D'EXPRESSION DE LA RELATION
1° La donnée est dans un mot ou groupe de mots sans lien apparent avec le reste. — Un pas ! Tout est fini (v. h., Hern., ii, 2); — Un mot, Xin baiser, je serai payée au centuple (g. sand, Ind., 125) ; — Et puis, chaque fcnime comme chaque homme a son idéal ; on meurt quelquefois en le cherchant ; un an de vie de plus, on l'aurait trouvé (gaut., Jeun. Fr., 10).
Un et RATTACHE SOUVENT LES DEUX TERMES : — Un veric de cette noire drogue, de ce laudanum que j'aidcms un flacon..., et cette lente torture de mes remords cesserait du coup (bourg.. Corn., 3).
2° La donnée est dans des mots variables, adjectifs et participes rattachés au second terme par un lien syntaxique. —
Et cette femme favorisée du sort, placée autrement, eût sans doute agi différemment (gaut., Jeun. Fr.. 10) ; — Le bonheur dérobé, pour moi ce ne serait pas le bonheur, ce serait le remords (lamart,, Raph., 83) ; — de tels motifs n'eussent pas été du goût du maître et auraient pu, découverts, nous valoir un bon coup d'appui-main sur la tête (gaut., Romcml., 5).
30 La donnée est dans xin complément prépositionnel. — Oh ! avec deux enfants, vous seriez pauvre ! (balz., Cous. Pons, 20).
Un des compléments les plus communs est celui que nous avons vu en parlant de la cause. T. a donnée est dans un infinitif construit avec de : Je serais bien bête de me gêner... de me ronger l'âme comme je le fais depuis quelque temps (maupas., Bel-Am., 275) ; — Vous ne croyez pas que pour réfléchir vous seriez mieux d'être un peu plus seule, chez vous ? (g.\v.\ult, Ma tante d'HonjL. i, se 12).
'jo La donnée est dans une coordonnée. — A) Cette coordoxnée PEUT ÊTRE a l'indicatif. — Rciisonnons dcms l'hypothèse la plus défavorable. Monsieur Lefort qui vous parle en ce moment, est écarté de l'affaire. On règle son mémoire, loyalement, sans le chicaner sur chaque article... Que deviennent les immeubles ? (becq., Les Corb., 11, 9).
Dans les systèmes d'opposition, le verbe de la donnée est souvent à l'indicatif futur : vous ferez tous les efforts que vous voudrez, vous n'arriverez pas à votre but.
B) On donne a la coordonnée la forme interrogative : Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même. Je suis Gros- Je an comme devant
(la font., Fab.. vu, 10); — Admire-t-on la dame, // se rengorge (muss.. Chand., i, 1).
De même dans les oppositions : Nos pas sont lourds ? Nos yeux arides ? Nos fronts ridés? Au cœur on n'a jamais de rides (v. h.. Hem., m, 1).
C) Le verbe de la donnée est a l'impératif. — Fouillez la vie intime de ceux qui méritent véritablement le nom d'artistes, rous les trouverez tous hommes de bien, tous religieux (a. dimas. Aff. Clém.. xxi, 36) ; — Demandezlui pourquoi il s'est fait ombre, // n'en saif rien (mi ss.. Chand.. I, 1) ; — Otez ces mots de grandeur, ôtez ces noms de Platon et d'Aristote qui .sont de trop, il reste vrai que l'abbé Barthélémy avait la plus belle tête... {s^'^ b^vxil, Lundis, VII, 192).
De même dans les oppositions. Xints avons cité plus liant les vers de la Fontaine: Soyons bien buvants, bien mangeants : \ous devons à la mort des trois l'un en dix ans (l.v font.. I-\ibl., vi, l'.l).
D) Le veiîbi: est au sib.jonctif. — Qu'un homme fasse profession de tromper, il ne trompera personne (boss.. Serm. Ilom. du m., 2"" p.).
Addition d'une ligature. — On lie souvent la donnée à l'autre proposition par et. Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es ; — Qu'il se fasse attendre encore un quart d'heure, et je m'en vais (muss., Lorenz., i, 1) ; — Que Dieu vous conserve longtemps, Madame... et peut-être lai.s.serons-nous une institution qui fera bénir sa .sainte religion (uai.z.. ICnv. de l'h. cont.. 137) ; — Que je trouve un sujet dans ma soif, et j'irai loin (i-i.Arn.. Corr.. 2e sér., 268).
.'/' La donnée est dans un subjonctif conditionnel (A) ou un conditionnel (B). — A) Monsieur le V /com/e dût-il s'en offenser, j'aimerois un homme qui m'écrirait comme cela (mol., Escarb., 4) ; — Vous eût-il rendu tous les services du monde, on ne peut l'aimer (flaub., Corr., 2<^ sér., 266) ; — J'accepte l'âpre exil, n'eût-il ni fin. ni terme (v. h., Chat., Ult. verba).
B) Je vous verrais tous nuuu/uer de p(tin. aller <ntx portes, je n'y toucherais pas. entendez-vous ! (a. daid.. Jm.. 11).
Addition d'une ligature. - — Le plus souvent, en pareil cas, un que de ligature vient rattacher les deux propositions : Cette visite n'aurait pas eu lieu que je ne serais pas venue davantage (dumas, Id. de M^^ Aub., u, 6) ; — Jésus se fût obstinément refusé à faire des prodiges que la foule en eût créépour lui (ren., Jés., xvi) (1),
Très fréquemment conditionnel et subjonctif se mélangent ou se combinent : Madame Céleste ne m'eût pas .soumis ses justes appréciations, que je serais revenu tout seul à la vérité (chami-fi... Cont.. 2<»8); — Durt<d aurait
(1) .Je les pi.serais dan.s hi bnhmce céle.sle que je n'i/ Iroiioerais p</.s un mot qui .%eiilc lu faus.sc munnaic (.mu.ss.. On ne bnd. pas. ii, 4) ; — L'empire serait proclamé demain, que /e demanderais encore, comment et en vertu de quoi l'empire existe (proudhon, hev. soc., 119).
MOYEXS DEXPRIiSSlOS DE LA RELATJOX 87*
reçu an coup de maillet siirlatéle qu'il n'eût pas été mieux assommé (hv\su.. En route, 261).
La proposition contenant la donnée peut être sous forme interrogative : Quant à Charles, il ne chercha point à se demander pourquoi il venait aux Bertaux avec plaisir. Y eût-il songé qu'il aurait sans doulr attribué .son zèle à la gravité du cas (flavb., Bov.. 17).
En subordination. — A) Directe. — 1» La donnée est dans un PARTICIPE PRÉSENT. — J'obscrve comme vous cent choses tous les fours Qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours (mol., Mis., 159) ; — Épargnant son rivcd, je serais sa victime (corn., PoL, 1464).
2'^ Un gérondif. — Mes crimes, en vivant, me le pourraient ôter (corn., Pcl.. 664) ; — Un lama bouddhiste... serait mains surpris... en tombant.... dans un milieu... (ren., Souv. d'Enf., 133).
B) Indirecte. — V* La donnée est dans une proposition conjonctive. — Vn homme qui aurait fait un malheur ij vivrait dix (uis en paix, sans que gendarmes ou voltigeurs vinssent /"// ehereher... (méhiméi:. Col., 84) ; — • Une statue qui descendrait de son piédestal pour marehrr parmi les hommes sur la place publique serait peut-être sen^bltdde ci ee que j'ai été le jour où j'ai commeneé et vivre (nwe eette idée (Mrss.. Lorcnz., m, 3).
2° Dans ine p)u)i>osition coxjonctioxxelle. -- // sujjit de tes yeux pour t'en persuader. Si tes yeux un luomeni pouvaient me regarder (rac, Phèd.. 691).