CHAPITRE V LIGATURES CONDITIONNELLES
Que. — Un simple cjiic sufiisait autrefois, ici comint' partout, pour servir de ligature. Il sert encore quand l'acte conditionné est négatif : D'autres répondent qu'ils ne s'en iront pas, que les gardes du corps ne soient partis les premiers (michel., Rév., i, 404) (1).
Locutions conjonctives. — Néanmoins, pour marquer spécialement la condition, l'a. f. déjà avait créé des locutions spéciales.
Mais que.— Saueir i ad. m^is qu' il seitentenduz (Roi. ,234); — PovmxsT QUE : Pourtant que II estans ne soit plus Ions que de V pies (est. boil., Reg. des Mc.^tiers. l'*^ p., i. .5.3, G.); — Par tel si que: Mon amy, par ma foy que j'accorde A faire (tout ce) que (me) commanderez. Par tel sy que me donnerez Une robe grise ou blanche (A. th. />., ii, 145). Cette expression a encore été reprise par La Fontaine : Je te la rends dans peu, dit Satan, favorable; Mais par tel si qu*au lieu qu'on obéit au diable Quand il a fait ce plaisir-là, A tes commandements le diable obéira (Cent., xiv).
La langue moderne se sert surtout de locutions où entre le mot condition ou un mot synonyme : a condition de ou que, sous cette condition, A SAVOIR que : les plus rares vertus et les plus gracieu.t procédés n'ont de prix qu'à condition de se produire ci un moment distinct et choisi (muss., On ne saur, penser ci t.. i) ; — C'est parce que mon père lui avait laissé de l'argent, à la condition que je passerais pour leur fils à tous deux (g. sand, Elle et /., XIV) (2).
A CHARGE QUE. — Je ne vous les apprendray qu'à, la charge que vous ne ferez plus d'histoires (pasc, Prov., 6).
Pourvu que. — C'est encore un ancien participe (Cf. vv que) : Il donnera son consentement à rompre le mariage pourvu que vous lui donniez de l'argent (mot... Scap.. Il, 5) ; — Pourvu que vous ne vouliez pas le traiter comme un ennemi, vous trouverez qu'il ne l'est pas (sÉv., Lett.. cxvii) ; — quand on demande au bon Dieu quelque chose, il le donne toujours, n'est-ce pas ? Bien sûr... pourvu que ce soit quelque chose de raisonnable et qu'on le demande de tout son cœur (a. i.ichtenberger. Trott, 110) (3).
Moyennant que. — Le mot a été très usité, il l'est moins. On aura ses services, moyennant qu'on le paiera, est une hrase archaïque. En m. f. on trouve souvent ce moyennant que : Moyennant qu'il eust la grâce de son père (COMM., i, 1, L.).
(1) 0;i dit aussi moindremenl que. A ces locutions toutes faites, il faut comparer si peu que.
(2) En m. f., on employait la locution par co:\iV.lion que.'EWc se construisait avec le subjonctif et avec l'indicatif.
(3) CE. scHULZE, Zurneufr. Gram., 3S9-391.