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DONNÉES SPÉCIALES

Sans que. — La langue classique conslruisait volontiers des propositions conjo\ctionnelles renfermant une donnée négative à l'aide de sans que : je sautai les degrés à moitié endormie et me serois eassé le eou sans qu'il me soutenoit (M^e de moxtp.. Mém., 359) ; — vous nïavez éerit la plus aimable lettre du monde ; j'y aurois fait... réponse, sans que /'(// su que vous couriez par votre Provence (sÉv., Let., cix).

Si ce n'est, si ce n'eut été. si ce n'était que. — Jusqu'à la fin du XVIle siècle, quand il y avait doute sur la réalité des faits, on employait .s; ce n'est que avec le subjonctif : je ne comprens pas ce qui a pu donner lieu a de si estranges imaginations, si ce n'est peut estre qu'on ait pris pour un bandecui de certains petits cristaux que je leur mets au devant des yeux... (PERRAULT. Rec. de div. Ouv., 15).

N'eut été que, n'était que. — Dans la langue classique, ils remplacent souvent les locutions précédentes : N'estoit que je suis seure que vous l'aymez et que vous supporterez facilement cette petite imperfection... je me fusse bien gardée de vous en entamer le propos (A. th. fr., vu, 152) (1).

3^ Données en groupe. — A) Une suite de données peut être présentée p .r la même forme répétée : oh ! s'il te reste un cœur, (Juc, ou du moins une âme, Si tu n'es pas un spectre échappé de la fJanune... Si Dieu n'a point encor mis sur ton front. Jeûnais ! Si tu sais ce que c'est que ce bonheur suprême D'aimer... Si jamais femme aimée a tremblé dans tes bras. Attends jusqu'à demain (v. h., Hem., v. 5).

B) On pouvait aussi en a. f., ne pas répéter la conjonction, on gardait alors le subjonctif au second terme, si on l'avait au premier : s'adont seust Guillelmes son talent, El il volsist prendre Vacordement, Ja trovast pais assez legierement (Cor. Looys, 876).

Il arrivait aussi qu'en s'abstenant de répéter sz, on mettait les deux verbes à l'indicatif : et se c'est fille qui fust marie du père ou de la mère ou des II ensemble et ele muert sans oir de son cors (ph. de beaum., Coût., 503).

On trouve la conjonction remplacée par que, comme aujourd'hui, et suivie du subjonctif. IVIais les exemples de ce mode ne se multiplient vraiment qu'en m. f. Malherbe blâma le tour sans que. Il ne voulait pas que l'on écrivît : Si du porteur d'Europe aux Jumeaux il arrive, et sortant du printemps il croisse les chaleurs (iv, 307). .

Ce fut lentement aussi que derrière ce que le subjonctif devint obligatoire. Il arrive encore au xvii^ s. qu'on trouve le verbe à l'indicatif : si nos sens ne s'opposoyent pas à la pénitence, et que nostre corruption ne s'opposoyt pas à la pureté de Dieu, il n'y cuiroit en cela rien de pénible pour nous (pasc, Pens,, éd. IMolin., ii. 49-50).

(1) Voir TOBLER, Ver«i. Beitr., iv, 75.

40 Alternative dans l'hypothèse. — • Le choix enlre deux hypothèses se propose à l'aide de ou, comme le choix entre deux affirmations. Ou pouvait être répété en a. f. : ou il me plaise ou il me griet. Aujourd'hui ou lie deux ou plusieurs données : que j'aille entendre Guillaume Tell OU que je resle à pleurer au coin de mon feu, tout est bien immuable dans ce centre où si peu de personnes pénètrent.

Soit. — Un verbe au subjonctif pouvait être répété. Parmi tous les verbes, le verbe être jouait là un rôle essentiel, soit au présent,, soit à d'autres temps. Nous n'employons plus deux fût ce, mais soit que est devenu une forme invariable qui introduit des données diverses : soit qu'z7 élève les trônes, soit qu'z7 les abaisse (boss., Or. fun. H. Fr.).

Ce soit que peut alterner avec ou que : mais, soit qu'/7 n'eût pas remarqué cette manœuvre OU qu'il n'eût osé s'y soumettre, la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux (flaub., Bou., 2).

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