L'HYPOTHÈSE POSSIBLE
Le conditionnel, exclu avec sz, réapparaît avec quand : quand j^en devrais mourir, Vous avez des plaisirs que je ne puis souffrir (mol., Mis., 691) ; — quand vous voudriez être transfuge, l'autre camp ne vous croirait pas (lem., Rois, 67) ; — je jure devant toi que j'aime que... quand j'en aimerais une autre, je t'aimerai toujours (flaub., Corr., 2^ sér., 85).
Généralement, le si de la donnée est suivi de l'imparfait. Cette construction ne remonte pas au début de la langue. Elle n'est pas dans Roland, elle est une fois dans le fragment de Gormund et Isembart et le Pèlerinage de Jérusalem. Mais elle gagne du terrain à partir du XII^s. : Se tu voleies iV/a/j0777e^ aorer... Je te dorreie avoir et richctê (Cor. L., 807); — s'il VOS pleisoit, o vos iroie (chrest., Er., 108).
Dans la langue moderne, c'est la forme normale : Mais, oh ! qu'avec douceur j'exhalerais ma vie. Si tu daignais vouloir qu'avant de fuir aux deux. Mon âme allât revoir la sienne dans ses yeux (v. h., Hern., m, 7) ; — Votre cœur, ce trésor que j'implorerais encore à genoux, si j'étais roi de la terre (g. s.\nd, Lélia, i, 6) ; — j'ai une envie démesurée d'inviter les sauvages à déjeuner ci Croisset. Si tu étais là, ce serait une très belle charge à faire (fl.\ub., Corr., 3'^ sér., 8).
Pour augmenter l'idée d'incertitude, on peut se servir d'adverbes : jamais, par hasard, et aussi de périphrases telles que venir à : si on venait à le savoir ! si cette fortune venait à lui échapper. En a.joulanl jainuis, on marque qu'on ne croit guère à l'éventualilé (1).
La langue classique se servait en pareil cas de s'il jallaii que : S'il falloit qu'/Z en vînt quelque chose à ses oreilles, je dirais hardiment que tu en aurois menti (mol., D. J ., i, 1).
Utilisation de périphrases. — Pour traduire l'idée du futur, on se sert de l'auxiliaire devoir : Va, si tu devais être heureux par cet hymen. Ton fils tout le premier y donnerait la main (aug., Av., ii, 7) ; — Quand VOUS ne devriez pas me croire, je vous avoue que je ferais tout au monde pour vous laisser de moi un souvenir moins désavcmtageux (muss., Chand., m, 3).
(1) a .si on veiuni. cunii^iiicz rinipersonncl : s'il arrivait que, siî"par malheur, par bonheur arrivait que.