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CHAPITRE XI MODALITÉS DIFFÉRENTES AUX DEUX TERMES

Il n'y a pas nécessairement identité de modalité entre la donnée et !a Tésul tante.

A) La donnée peut être considérée comme un fait réel, la conséquence DEMEURANT POTENTIELLE : si la chosc VOUS plaît, JB VOUS /o laîssefais à vingt sous : — ce serait à coup sûr, pour le plus grand bien des enfants, qui ne seraient pas toujours les seuls à y gagner, si les parrains ont à cœur de tenir leurs promesses et leurs engagements.

B) La DONNÉE PEUT ÊTRE SIMPLEMENT POSSIBLE, LA CONSÉQUENCF.

ÉTANT DANS LE réel(1). Cc cas cst plus fréquent qu'on ne pense. Il arrive couramment que, pour toutes sortes de raisons, l'idée principale doit être présentée au réel, qu'elles que soient les éventualités qui se produisent, ainsi: Marie-.J canne, tu m'aimeras toujours ainsi, n'est-ce pas ?... même si l'avenir t'enlevait des illusions sur ma valeur ou mes capacités (iierv.. Cours, fl.. ii,2).

Onoi)pose lorl bien un fait et une évenlualilé potentielle : Je me surprends parfois prêt à idolâtrer une courtisane, tandis qn\iuprès d'un (uige je serais peut être plus froid qu'un marbre (g. sand, Elle et L., ii) ; — L'histoire pourrait être longue et terrible, je la ferai courte et simple (champfl., Cont., 180 i. De même dans un système hypothétique ou oppositif : VOUS eût-il rendu tous les services du monde, on ne peut l'aimer (flaub., Corr.. 2^ sér., 266).

En langue classique, on trouvait l'indicatif associé avec un subjoncti! du conditionnel : En vérité, je ne me mêlerai point de vous en envoyer, à moins que ce ne fût une perle (sév.. Lett., ccccxxxii); — mais le scmg innocent dût-il être versé, que ne demande point votre honneur menacé ? (rac. Phèd., 903) ; -- dussiez-vous devenir la proie des plus funestes égarements, je ne cesserai pas de vous aimer et de vous estimer (g. sand, Elle et L., vu;.

Il faut noter ici l'emploi si répandu de ces formes du verbe devoir à la donnée ; diii, dussè-je ont Uni par entrer dans toutes sortes de phrases, et à s'accoupler à des temps et modes divers.

Avec quand, le conditionnel réapparaît : Quand je devrais vous pcrdn à jamais, quand ces murs devraient crouler sur ma tête, je ne sortirai pas d'ici que je ne sache quel est ce mystère qui me torture depuis un mois (muss.. Conf., V, v).

(1) Il ne faut pas tenir compte <ie phrases comme cclle-ii : cependanl, si on consultait le Dieu appelé suffrage universel, qui sait ? (i-l.\ub., Lell. ù G. Siuul, :JOG). Qui sait exprime en effet une incertitude, une sorte d'éventualité. De même si à celto interrogativc on substituait im il sr peut que, qui exprime lui aussi une possibilité.

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