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CHAPITRE II LES FORMES DES GENRES

Noms où aucTine différence de forme ne marque les genres. — Beaucoup de noms qui s'appliquent aux deux sexes gardent la même forme : ce sont pour la plupart des noms terminés en consonne articulée (suivie dans l'écriture d'un e muet) : adversaire, camarade, concierge, élève, garde, locataire, patriote, philosophe. A noter les très nombreux noms en iste : artiste, copiste, touriste, et les noms de nationalité : Russe, Tchèque.

Les hommes et les femmes se distinguent par leurs prénoms : Jean, Pierre, Henri ; Rosalie, Marie. Quelques-uns de ces prénoms sont communs : Camille, Bénigne, Théodore. Dans les parlers populaires on entend souvent des noms féminisés : La Thibaude est la femme de Thibaud. Mais l'article féminin sufïil : La Masson.

Formes du masculin et du féminin» -- Les deux sexes sont parfois nommés de deux noms différents : le gendre, la bru : ic frère, la sœur ; le neveu, la nièce; un singe, une guenon; un coq, une poule ; ou encore, sans avoir recours à deux noms distincts, on emploie deux mots dont l'un est tiré de l'autre : cane, canard.

Les forines usuelles. Type en e. — Dans la plupart des noms, c'est une variation de forme cpii marque les genres différents : le chat, la chatte ; le communiant, la communiante ; c'est le type le plus ordinaire. Les formes des noms sont ici semblables à celles des adjectifs, dont nous parlerons plus loin ; elles en viennent du reste. C'est par analogie cpi'elles sont passées des adjet tifs aux noms (1). Ce tyi)e a gagné de proche en proche : Avocate est dans Bossuet : afin que la Vierge Marie fut /'avocate de la vierge Eve (Ann.. li'c part., éd. Lel). ii. 16). — Canarde se trouve chez Mf"'-- Clairon, vieillarde cliez V. Hugo. Cf. des vieillardes si vieilles qu'elles ont comme du... moisi sur la figure (Gong.. Joiirn.. ii. 194); — un cœur d'homme est comme une marée fuyarde des endroits qui l'ont mieux attirée (muss., Prcm. po.. Marr. du feu, se. 1).

Des noms en an on tire des féminins en ane, anne : titane; artisane : tijranne : demande ci ce démagogue de Marins .s'il n'est pas l'esclave de cette

(1 ) N oir poiii- le classenienl tic ces fornu-s cl leurs pnrliciii:irités, à la f'Miarlérisalion. ïiv.Xiy, ch. 2. H sufTira de rappeler ici que la différence créée par la présence de e n'est qu'une diUcrence apparente. L'orthographe empêche de voir la réalité des choses. Ce qui distingue avonfe de avocat, c'est que le premier mot se termine par un /.

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