II. Ne pas se régler sur l'exemple des acteurs
III. Ne pas's'en rapporter à certains^ainphlets récents de l'Académie, où il cst qu£stion de « langue forte » (1).
En principe, dit Martinon. les subsLantifs ne se lient guère au singulier (ju'en vers on dans la lecture (le temps est beau pour la saison).
Après r, prononcer s serait gro tesque : un corpz ensanglanté, prendre le mors aux dents. Au contraire, au pluriel, on dit fort bien : deux corps ennemis.
En jjarlant, on ne fait p a sj toujours la liaison avec s du pluriel, lanl s'en faut. On dit dos à dos, de temps à autre. Mais on ne doit pas dire : nez à nez, (lu riz au tait, ni Paris est grand. On ne dit pas deux moulins Ont survécu ; ■ — ' ï/.x cents soldats ont péri^Jl faut, pour qu'on entende r qu'il y aitjLin étroit j.ipport syntaxique entre les mots : il y a là des hôtels Sichalandés ,• <iuc inulez-vous faire cwec des soldats exténués ? Encore cette liaison n'est-elle pas liés nécessaire ni très usuelle. Dans une foule de cas, elle est absolument proscrite, ainsi après les mots en / ; des ceufs au lait. De même l'éviter après r ■• .s(7CS cuners, sacs en tas, après /• .• des velours à côte, des morts amoncelés.
Conclusion. — - La \érité linguistique qu'il faut retenir au sujet des pluriels est celle-ci : la plupart des noms français n'ont plus de forme du pluriel. L'idée du pluriel est dans les mots qui accompagnent nécessairement k" nom : articles, noms de nombres, possessifs, etc.
Malgré toutes les contraintes auxquelles on soumet les enfants pour leur niseigner la première règle de la langue écrite, le résultat linguistique ne ]) 'ut être que très médiocre. Un signe d'écriture ne remplace pas une forme. Nous avons gardé une s de convention. Elle peut avoir son prix, mais elle demeure comme extérieure à la langue, si bien qu'elle est souvent négligée, cl que de grands écrivains s'en affranchissent même à l'occasion: de ce j'iissc la présence est si forte. Que je vous tends tes bras, que mon âme m'cmpnrte Vers vous et dans le sein d'autre fantôme cher, Que je crois les revoir (1 AM.. Joe., 5 mai 1798).
(1 I N'oir MARTINON, (lu-umcnl un prononce, 'M2, .38o.