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LES CALCULS HT LE LANGAGE

7j/, l'idée csL qu'il ne faut louclier à aucune de ces deux choses, que l'on doit se garder ou de l'un ou de l'auti-e de ces attentats. (Cf. il n vécu huit jours sans boire et manger à : sans boire ni manger).

AUSSI et NON PLUS. — La langue moderne, pour marquer qu'il y a quel([ue chose à ajouter à une, idée négative/ em])loie non plus : ma femme n'y a rien compris, ni moi non plus. L'ancieiinc langue, elle, em-pteyatt-rnrssrrdans une phrase négative comme dans une phrase positive : sachez que leur objet n'est pas de corrompre les mœurs : ce n'est pas leur dessein, mais ils n'ont jyas aussi pour unique but celiuj de les réformer (pasc, Pmv.. v).

L'usage aujourd'hui ne reste litire qu'avec ne que. Vn écrivain moderne pourrait écrire comme au XVIL' s. : la Tradition du peuple Juif, et celle du peuple chrétien ne font ensemble qu'unt- même suite de religion : et tes écritures des deux Testaments ne font aussi qu'an même corps et un même lirre (boss., Ilist. uniiK, ii. ch. 13). Mais on dirait difficilement : ,s/ ce n'est pas un goût déréglé qui doit décider du choix d'un état, ce n'est pas aussi un respect hunmin (mass.. C(u\, L. Nomhreux exemples dans Littré, Rem.).

La somme. Totalité. — L'idée de totalité est marquée en mathémotiques par les mots de tolql et ûa somme ; en. langage courant^.jpar tout : toute la France : — tout l'été nous restons à Decmville ; — tous les hommes.

D'après ce que nous avons dit des choses partageahles et des choses nombrables. on différenciera facilement tout le gâtecm et tous les gâteaux. Le premier tout signifie le gâteau entier, tous signifie la totalité des gâteaux existants.

Les êtres ou les choses exprimés par des nominaux peuvent également êir£ totalisés : vous tOUS, soyez témoins ! -- la scène nous a émus tous deux ; ~ - Nous avons trouvé ici un honvne comme il nous le faut à tous deux (moi... B. G., i, 1). On ajoute souvent, pour indiquer qu'il n'en manque point : depuis... jusqu'à : Depuis madame Rivais... jusqu'à la vieille servante... tout le monde... (a. daudet, Jack, 215').

En ce qui concerne l'accord, tout adjectif ne présente aucune espèce de particularité : toute la ville : toutes les concessions possibles.

.Autrefois tout se construisait régulièrement sans article ; il nous en est

resté de nombreuses expressions : en tous cas, à tous égards, de toute sorte, de toute(s) façon(s), de toute manière. Depuis le XVII^ s., l'article est obligatoire : non, elle est générale, et je hais tous les homm.es (mol.. Mis., 118).

Dans le premier sens, on use aussi des mots entier, tout entier (cf. intégrcd). Dans le second, on peut dire : en totalité (cf. les mots unanime, unanimité).

Il y a une autre façon d'exprimer la totalité, c'est d'employer le distributif chacun. Si on pose le principe : chacun doit le service militaire personnel, cela revient à dire que tous le doivent. Inversement : nous somm.es allés tous les ans à Chamonix depuis 1910, peut se traduire par : chaque année.

La seule dilîérence est que, diins le second cas, on pûxteja^ peniâc-^iar les idées isolées, au lieu d'en faire la somme ; on distribue au lieu de grouper. Mais il faut bien reconnaître q,u'il n'y a^uère de différence entre r£peindre la façade de sa maison chaque dix ans ou la repeindre tous les dix ans.

La presque totalité. — La presque totalité s'indique comme tous les nombres approximatifs par à peu près, presque : à peu près tous; presque tous.

Dans d'autres cas, on marque qu'il s'agit seulement du plus grand nombre, on dit alors, en général, généralement, en grande partie, pour le plus grand nombre, pour la plupart. On passe de là à l'idée de majorité (1).

Retranchements. — En mathématiques, ils s'expriment par le mot moins (—) : A- — B ; 5 — 3 = 2. En langue vulgaire, on dit : qui de 5 retranche, ôte 3, reste 2. q^.<Ç^'-

Le retranchement se faisait en a. f. à l'aide de la préposition fors ; tout est perdu, fors l'honneur et la vie, qui est sauve : — il le faut avouer avecque vérité, il me passait en tout, fors en fidélité (racan, Berg., i. 138).

Une variante phonétique de fors, à savoiç/jors (v^nu do cfe/(ors),aj:£jm placé \q. vieux mot : le tyran avait toute la tête, hors le visage enveloppée {Journal de Perlet, 12 thermidor an II) ; — hors la loi même du mouvement, tout est mobile dans la nature et dans l'humanité (puoud., Rév. soc, 98).

Mais on dit aujourd'hui de préférence hors mis. (Pour la manière dont ces mots de retranchement sont devenus prépositions, voir aux Compléments). Sauf est toujours invariable, ainsi que hormis. Excepté- i&deVicnl adjectif après le nom : les fêtes de Noël et de Pâques exceptées ; — on les a tous écartés, sauf deux. Ces mots s'emploient devant une autre préposition : j'ai vu Ruy Blas pitoyablement joué, sauf par Sarah (flaub., Lett. à G. Sjmdj^ 305).

{Sans. On retranche aussi quand, au moyen de sans, on indique quliui ou plusieurs êtres ou objets, u'cnti'cut pas dans le compte : sans je beaupère, ils étaient sept tous les fours à table. (Pour sauf que, sauf si, et les propositions d'exception., etc., voir aux Rapports non logiques).

Sixeji'est est un vrai mot composé : qui donc a droit d'espérer, si ce n'est celui qui porte en lui l'affranchissement du monde ? (mich., Rév., i, 309).

Sinon ne faisait pas xlans la vieille latii-gue un mot composé, c'était le .se (si) accompagné de la négation pleine non, dont plusieurs mots pouvaient le séparer : se par un pont non. Depuis le XVP^ s., les deux éléments se sont soudés, et après un tem]js de défaveur, sinon est devenu un synonyme courant de excepté : personne de ses amis n'est entré, sinon vous (2).

(1) Ajoutons que souvenl ù l'idée que tous les rires, toutes les choses ont pris pari à une action, se sont Irouvés dans un état donné, s'ajoute l'idée accessoire d'un empressement, d'une sorte de concurrence entre eux : c'était à qui apporterait des fleurs ; — ce fut à qui parlerait, à qui gémirait, à qui lèoerail les mains au ciel (v h., Dern. /., l^réf.). On comprend d'où est venue cette façon de parler : on. joue à qui perd gagne ; — on court à qui mieux ; d'où : à qui mieux mieux ; c'était à qui réussirait le mieux.

(2) Voir aux Hi/j ollièses (V part.).

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