‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 16 sur 586 · D'ACTIONS · texte numérisé non relu

D'ACTIONS

Voiciy voilà. Naissance et développement de ces présentatlls. —

Les êtres, les objets, les idées sont souvent présentés : Voici votre père ; voilà votre affaire. En a. f. on se servait du mot héréditaire es, as : Es me, (me voici ; Al., st. 46); — As VUS Rollant sur son cheval pasmet {RoL, 1889). Mais ce mot était d'un emploi très restreint, on le trouve surtout avec les pronoms.

Dans voici, voilà, on reconnaît facilement l'ancien impératif voi, suivi des particules de lieu ci et là, qui figurent aussi dans les démonstratifs. Ronsard disait encore : Approchez, voy me-ey(i\, 285) ; — Voy-/es-là toutes deux (iv, 294 ; cf. h. l., ii, 382). Puis les éléments se sont soudés.

Il est à noter qu'il y avait autrefois deux formes vecy, velà (h. l., ii, 383). La première a disparu; il est probable que c'est la seconde qui se conserve sous la forme v*là, déjà usitée au temps de Molière, mais qui n'est pas classique

Originairement, voici et voilà présentent entre eux la même différence que celui-ci et celui-là. Mais, depuis longtemps, ce sens primitif s'est elïacé, et à partir du XYiii^ s., les deux mots tendent à se confondre ; aujourd'hui voilà annonce très souvent des choses qui vont suivre au lieu de se rapporter à ce qui précède, quoique tous les grammairiens, y compris Littré, maintiennent la distinction : Voilà ce qui va arriver, le taux de r intérêt baissera. A voilà s'est ajouté dans les temps modernes l'enclitique t-il — // : En voilàt-il un tas de jobards .' Il y a un composé, revoici, revoilà : revoilà le printemps.

Êtres, actions, caractérisations présentées. — Le rôle des mots voici, voilà est extrêmement considérable.

1^ -— Ils présentent des êtres et des choses : Mère, voici ton flls ; — voici qui nous contentera tous deux (mol., G. Dand,, m, 6) ; — voici donc le grand art : faire un peu rendre à un succès le son d'une catastrophe (v. u.. Mis,, 4« p., 1, 2) ; — voilà qui vaut la peine que Von vive (aug., Av,, i, 5) ; — adhérer à Jésus en vue du royaume de Dieu, voilà ce qui s'appela d'abord être chrétien, (ren., Jés,, ch. xxviii),

2° — Ils présentent des actions ou des états. On les fait suivre ou bien d'un infinitif : voilà parler ; ou bien d'un participe : voilà notre homme pineé ; — mes funestes pressentiments, les voilà donc accomplis ! ou bien d'un conjonc-

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