LE FUTUR
l'exemple suivant : Puisque Angélique aime réellement Valère, elle doit l'épouser malgré son défaut (s'« beuve, Lundis, vii, 11). Ce sens s'afYaiblit surtout dans les propositions subordonnées : je ne savais pas qu*elle dût venir. Le futur est né comme cela.
Il y a un futur prochain formé avec vouloir -f il veut pleuvoir : mais c'est là une forme usitée seulement dans le Sud et dans l'Est ; elle n'est pas parisienne. (Cf. Vahcès voulait crever).
Il arrive qu'au lieu du futur on est obligé d'employer un présent, derrière si par exemple : Cet homme sera bien accueilli, s'// se présente. C'est là surtout que la périphrase avec doit entre en jeu ; S*i7 doit réussir, ce sera certainement cette fois-ci.
On emploie même le présent en place du futur en dehors de ces nécessités et par figure. Le sujet parlant anticipe sur les réalisations. Desportes avait écrit : Si fe meurs en chemin, je seray hors de peine, Et par mon haut désir J'honore mon trespas {Am. Hipp., 9). Malherbe a trouvé le tour mauvais (brunot, Doctr., 438). Ce tour a subsisté néanmoins. Supposons un ^ récit de voyage : Je partirai demain à 9 heures ; après-demain, vers midi^ fe
serai à Strasbourg ; lundi fe fais mes affaires, et fe te reviens mardi.
i' L'intention. — L'intention peut naturellement s'exprimer par le futur.
Mais elle s'exprime aussi très fréquemment par le présent : je donne à ma ' fille cent mille francs de dot ; — Je vends cela cent francs ; — Je vous laisse
'^'^ mon cheval à deux mille francs.
Le futur dans les autres modes. — Impératif. — L'action comman- >t; dée ou demandée à V impératif est à venir. Donc l'impératif a en général la
il! valeur d'un futur : Venez, peuples, venez maintenant (boss., Condé).
il q Éventuel. — L'éventuel au futur s'exprime par le conditionnel présent :
aii J'aurais du plaisir à le revoir encore, et Je le reconnaîtrais, fen suis sûr
.vC' (MÉRIMÉE, Colomba, 12) ; — Il serait bon de nous mêler à tout ce peuple qui
court les rues et d'éteindre quelques lampions sur de bonnes têtes de bourgeois (Muss., Fantas., i, 2). Voici un exemple de futur dans divers modes : le
utii four, vous resterez ici ; la nuit, vous pouvez vous promener par toute l'église.
jn ici Mais ne sortez de l'église ni four ni nuit. Vous seriez perdue .On vous tuerait
t^en^ et fe mourrais (v. h., N.-D., ii, 152).
^fufi. Dans certaines subordonnées où l'éventuel est impossible, on peut se
servir de la périphrase avec devoir, qui exprime alors nettement l'idée d'avenir : fe ne ^gneri^s pas le contrat, s'il devait contenir une pareille clause. On sent qu'il n'y a ici aucune idée de devoir, puisqu'au contraire la
^^^JttV thèse de l'orateur est que cette clause ne doit pas exister.
^^urdif Subjonctif. — Au subjonctif, le futur s'exprime par le subjonctif pré-
K^ sent : // faut que vous y alliez ; — il est bon que VOUS constatiez par vous-
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même son état de faiblesse; — retire-toi, que ta voiture puisse passer; — couchez-le iusqu*à ce que le médecin vienne ; — je veux que Durandal désormais /'appartienne (bornier, Fille de Roland, iv, 3).
J.a règle est d'employer Timparfait du subjonctif avec le sens du futur derrière un conditionnel : je voudrais qu'il le sût un four oui' autre. Nous dirons, ( n parlant des modes, comment et pourquoi cette forme entre en décadence. Dans l'usage commun, elle est remplacée par le présent : je voudrais qu*ïl le sache.
Infinitif. — La valeur temporelle de l'infinitif résultant le plus souvent du sens du verbe auquel il est joint, il arrive que derrière certains verbes comme espérer , il prend des airs de futur : chacun espère s'en tirer. Ce n'est là qu'une apparence, comme on peut le voir en substituant à l'infinitif un nom : chacun espère une retraite paisible. De même avec souhaiter^ attendre, promettre, conseiller : je vous promets de vous lire avec attention. Il arrive qu'on se sert de l'infinitif qui exprime soit le présent, soit l'avenir, et qui est directement rattaché à un futur antérieur, équivalant d'un passé composé : Dites, vous ne m'aurez pas appelée à la vie, à la joie, à la lumière pour me rejeter dans la solitude et dans la nuit? (m. tin., M. Péch., xi). II n'y a ici aucun abandon de chronologie. L'un des deux faits est dans le passé : vous ne m'aurez pas appelée ( = vous ne m'avez pas appelée), l'autre dans l'avenir: pour me rejeter (= vous ne me rejetterez pas).
Moyens extrinsèques. — La date dans le futur se marque au moyen: 10 des adverbes et adverbiaux : demain, après-demain, bientôt, un jour, jamais, toujours, tôt ou tard ; 2° des compléments : j'irai le dimanche 30 ; — // y aura une manifestation le 1*^' mai ; — une fois ou l'autre, il reconnaîtra son erreur ; — cela se retrouvera bien quelque Jour ; — Soyez là à dix heures ; — sur les trois heures, vers le soir, on commencera à respirer ; — je serai là pour deux heures ; — ce sera pour demain ; — les hommes des siècles à venir seront mieux fournis pour la vie, ils ne seront peut-être pas plus heureux.