‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 275 sur 586 · CHAPITRE III RÉPONSES ET ÉNONCIATIONS AFFIRMATIVES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III RÉPONSES ET ÉNONCIATIONS AFFIRMATIVES

Oui et si. — De toutes les réponses affirmatives, la plus simple est oui. Ce mot, qui avait donné son nom à notre langue (langue d'oui, par opposition à langue d'oc et à langue de si) est formé de la réunion du vieux démonstratif o à //. On disait suivant la personne : o je... a il : Irez-vous ? OJe (== je erai cela) — Ira-t-il ? 0 il ? — Aués vos relenqui Mahomet, fille bêle? 0 je, che dist la dame, — (Aiol, 9679) ; — L'aveir Cari un est il appareilliet ? E cil respuni: OU, Sire, assez bien {RoL, 643).

Si est d'usage après une interrogation négative; on ne répond pas alors par oui, mais par si : Il n'y a pourtant pas de quoi se fâcher, — Ma foi, si. (MUSSET, // faut qu'une p. soit ouu, ou ferm,, 1).

20 On répond également par si,quand on conteste une assertion négative: Cette femme idéale n'existe pas ? Si, elle existe,

3° On emploie encore si pour marquer des contrastes : Non ! répondit Onésime, non ! et fe n'en ai pas envie, — Moi, si.

En somme,5i est d'usage quand il s'agit d'une opposition à l'idée précédente.

La proposition alfirznative. — Toute proposition à laquelle rien ne donne le caractère d'une question, et où il n'y a aucune négation, est affirmative : // fait beau ; — cet homme a cinq enfants ; — croyez-moi !

Affirmation par double négation. — L'affirmation peut résulter de la présence de deux négations : Non que Maupassani, dans sa jeunesse surtout, n*ait connu ce féroce plaisir des mystifications funèbres; — Naoh nVcoutait pas sans trouble te bruit de ces bêtes colossales (rosny, G. du Feu, 17) ; — Ce fut dit unanimement, et non sans un dégoût mêlé d'horreur (richep., Miarka, 13).

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