‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 299 sur 586 · LES APPARENCES · texte numérisé non relu

LES APPARENCES

de Montfori, et que depuis ce temps, elle secoue quelquefois son flambeau (VOLT., Let, à Damilauilley 1«' mars 1765) ; — D* abord, il semble que tout ce qu'on dit en présence l'un de Vautre soit comme des essais timides, comme de légères épreuves (muss., Conf,, nf® p., ch. vi) ; — Il semble que ce bon Ralph M deviné le présent qui pouvait nVêtre le plus précieux (g. sand, Ind., 55).

Il me semble. — Avec il me semble, il nous semble, Tindicatif a toujours été beaucoup plus usité qu'avec // semble, comme si celui qui parle prenant à son compte ce qu'il avance, en faisait une certitude. Les exemples de l'indicatif sont communs : H me semble que je ne me suis pas lavé depuis dix ans (a. daud., Cont,, Monol. à bord) ; — Mais, Monsieur.., il me semble que ma conduite a toujours été... (lab., P. aux yeux, i, 3). Voici le subjonctif : bien qu'il ne se soit pas confessé à nous, il nous semble que nous saisissions le rapport (s*« beuve, Port, cont., i, 47) (1).

Il semblerait. — On affaiblit encore la vraisemblance, en mettant il semble au conditionnel, et cependant Tindicatif se conserve dans la subordonnée : plusieurs mois après son installationau Petit- Bourbon, il senMevoït que bien des gens n'étoient guère plus frappés de son mérite (despoix, Th. fr, s, Louis XIV, 20).

On DIRAIT QUE. — Le XVII« s. employait surtout le subjonctif derrière on diroit que : On diroit que le ciel, qui se fond tout en eau, Veuille inonder ces lieux d'un déluge nouveau (boil., Sat., vi, 73) ; — On diroit, et pour moi j'en suis persuadé. Que ce démon brouillon dont il est possédé, Se plaise à me braver, et me /'aille conduire Partout où sa présence est capable de nuire (MOL., Et., 1693).

La langue moderne emploie plutôt l'indicatif : C'est un vrai héritage que vous avez fait. On dirait ^u'il n'y a qu'une bourse au monde (musset, Capr., se. 3); — C'est d'une vérité..., d'une fraîcheur .'... On dirait que C'est d'un peintre (lab., P. aux yeux, i, 5) ; — On dirait^/na parole, que daiis ce pays-ci le gouvernement est le passe-temps naturel des gens qui n'ont plus rien à faire (aug., G. de M. Pair., i. 4).

Cf. cependant : On dirait qu'en topographie, comme en histoire, un dessein profond ait voulu cacher les traces du grand fondateur (ren., Jés., ch. viii).

Il arrive que sur Tadverbe apparemment on construit une phrase : Appa^ remment qu'il trouve moyen d'être en même temps à Paris et à la campagne (muss., Sec. de Jav., iv).

(1) Au début (lu XVII* s., ce subjonctif n'était pas rare : lime Mmble que je ne sols ney au inonde que pour vous importuner (Secr. de la Coar, 18).

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