‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 30 sur 586 · LE SENS ET LA FORME DE LA PHRASE · texte numérisé non relu

LE SENS ET LA FORME DE LA PHRASE

faisant une proposition — joue dans ces transpositions d'idées un rôJe énorme. Soit l'exemple : ce match aura lieu à Paris, le 12. On veut insister sur la date et le lieu ; on retourne la phrase ; les notions complémentaires deviennent les principales : c*est à Paris» c*est le 12 qu'aura lieu le match. Je le vois pour la première fois, devient : c*est la première fois que je le vois ; — il faut agir maintenant, c'est maintenant qu'il faut agir ; — Qui peut, en cet instant où Dieu peut-être échoue. Deviner Si c'est du côté sombre ou joyeux que la roue Va tourner ? (v. h., Chat., Au mom. de rent. en France).

N'importe quel élément de la pensée peut ainsi devenir ressentie] et être spécialement mis en lumière.

Le sujet : c'est vous qui l'aurez voulu : — sitôt que la conscience s'éveille et se met à vivre dans un être, c'est une destinée qui commence (maeterl., Sag., ch. ci).

L'attribut : c'est une chose singulière que la maladie dans ces intérieurs de paysans (A. daud., Jack, 251); — et c'est là la vraie grandeur, la vraie puissance des poètes, de s'adresser à tous dans l'histoire d'un seul ( ld,,Ib., 325).

L'objet : c'est lui qu'elle désire voir; — d'après la convention passée entre moi, Barca, et les ambassadeurs des Mercenaires, c'est VOUS que je choisis, et je vous garde ! (flaub., Sal., ch. xiv).

L'objet secondaire : c'est à cet homme que je dois mon bonheur ; — c'est à celui-là, c'est à Nostre Loti (en français, Monsieur Loti) qu'il faut faire vos remerciements (loti. Pitié, 205).

La manière : c'est comme cela que tu me déranges ; — c'est avec un vrai soulagement qu'il retourne à son banc ; — c'est de bonne amitié de pari et d'autre, n'est-ce-pas? (zola, Assom,, 308); — c'est dans cette posture si naturelle à un prêtre que les chanoines surprirent Rufîn Capdepont (fabre, A. Tigr., 169).

Le but : c'est pour te tromper qu'il t'a dit cela ; — c'était pour la gloire de l'£Sglise uniquement que je songeais à gravir les échelons de la hiérarchie (Id., ib., 162-163) ; — le chrétien seraloué d'être mauvais fils, mauvais patriote, si c'est pour le Christ qu'il résiste à son père et combat sa patrie (ren., Jés., ch. xix).

La cause : c'est pourquoi les barons pressèrent le roi Marc de prendre à femme une fille de roi (bédier, Tristan, 53).

Une comparaison : c'ét^t comme si une brise avait rafraîchi mes tempes.

Une conséquence : les hommes jetaient leurs armes ; c'ét^t à pleurer de honte.

Un résultat : c'est en vain que je lui écris lettre sur lettre, etc.

Dans beaucoup de phrases, c'est n'est plus qu'une formule. Ainsi dans des types tels que : c'est qu'il me le faut pour demain ; — c'est que mon argent est mangé» il est encore possible de traduire : ia chose, l'affaire, le point est que ; mais il est impossible de résoudre de même : c'est qu'il le ferait ; c'est qu'en vérité mes cheveux sont dans un désordre... (beaumarch., Fig., Il, 3). C'est que est destiné là à faire ressortir le fait énoncé.

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