‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 324 sur 586 · RENFORCEMENTS ET ATTÉNUATIONS · texte numérisé non relu

RENFORCEMENTS ET ATTÉNUATIONS

« Il faut éviter d'user de mots de commandement, pour tout ce qu'on veut « dire à quelqu'un en s'adressant à lui ; mais ^ 'accoutumer à tourner la « phrase par circonlocution, ou par quelque mode indefmi, comme au • « lieu de dire : allez, venez, faites ceci, dites cela, etc.. il faut dire par circon- « locution, vous feriez bien d'aller ; ne trouve riez-vous pas à propos de venir, etc. » {Tr, de la Civ., 28). — Je ne vous dis pas, observe un personnage de Court eline « Prenez la portera , je vous dis : « Vous pouvez la prendre» . Ce n*est pas du tout la même chose {Ronds de cuir, iv© tab., 3). Mais ce ne sont pas, à vrai dire, ces formules qui atténuent, c'est le ton. Chrysale commande à sa servante à l'impératif: Va, ne l'irrite point ; retire-toi, Martine. Et cependant il y a si peu de rudesse dans ses paroles que sa lemrae proteste : Comment ? vous avez peur d'offenser la coquine ? Vous lui parlez d'un ton tout à fait obligeant I Alors le bonhomme change de toffi : Moi ! point. AUons, sortez. Puis il reprend d'une voix adoucie : Va-t*e]l» ma pauvre enfant (mol., F. Sav., 507).

Au contraire, un fidtes-moi le plaisir de sortir ou ayez TobllgeaMe de vous expliquer peut être tout à fait sec et insolent. Il n'empêche qne l** abondance de ces tours entre lesquels on choisit est une caractéristique de la politesse française.

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