‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 341 sur 586 · HAPÎTRE V LES ADJECTIFS, LES ADVERBES ET LA MODE · texte numérisé non relu

HAPÎTRE V LES ADJECTIFS, LES ADVERBES ET LA MODE

Les adjectifs au XVI^ siècle. - Lt*s divers siècles ont varié, en ce

qui c'om'ernt* îr g«iùt des quïiliîieij lions. Les siècles descriptifs sont ceux qui en ont niilurcHement fait le plus grand usage. Le désir d'enrichir la langue, le besoin de rivaliser avec le grec avaient su g^téré aux poêles de La Pléiade des recherches de toutes sortes (h. i... ii, 409). Attrayabie. géautnl^ sourdaslre, Sfrpi'ntifr. gùarmeux, rrespeliu humble-doux, largr-vistr, en sont des lémoins, parmi beaucoup. L*élatt le leinps où les satyres étairnt fronlcornus, les (lùks doux-sou filantes, el les oiseaux nuit-milans. Ces mots n'étaienl pas viables.

La plus uialeneontreuse des idées de Ronsard el des siens fut d'adjertrver les noms composés. tels que porte- ma nieau et d'écrire : Atlas porte-CÎel, /« venis rase-terre, fc hœuf tirasse-coutre. C'était violenter la langue.

Los novateurs n 'cl aient j>as plus heureux quand, nial^ré le génie du français, rlsessayaîenl de ly[>es lels que r/nA\s('-né{néfle la cuisse) quL faute de cas. ne marquent pas (Je façon sensible le rapport de leurs cléments.

L'âge claBsi<|iie. — A ht suite de Malherbe, on apprit a se contenter de lu pauvreté, el même à la eulliver. Non seulement les « drôleries • du XVÏ^ s. disparurcTiL mais on m donna con«é >• à de l>ons et t>eaux mots, et surtout on se délia de l'esprit de création. La hllérature, tournée vers rhonime el non vers la nature, ne se soucia guère de raspccl des choses. Les ailjectifs d'analyse étaient f>récieux. tes adjeclifs pittoresques étaient peu ajipréciés, La langue s'habitua dés lors à des épithétes très ordinaires : braves troupes, valêuretix guerriers, aimable douée ur. Tragique avait régné cinquante ans. fateil lui succéda. Pis encore, on se contenta des adjectifs qui disarent» même vaguement, rimfiression au lieu de [leindre Tobjet : festons magnifiques, beauté à nulle autre seconde, vatii'es délicieuses,

Théophile (iautier» au moment ries combats ronianlîques, disait, pour s'amuser, qu'il faudrait donner comme sujet de prix de Rome aux peintres : « Hîppolyte étendu, sans forme et sans couleur ^ , Le vers esi authentique, c'esl le ir>79<^ de Phèdre, el voilà ce que Racine a jugé sutllsant pour décnre * Tobjet '1 qui se présentait aux yeux d'une amante. Les visions d*Andromaque ne sont pas plus roncrétes. Il y a i\n momenl oà elle parle de Troie : « Des murs que la cendre a couverts , dit -elle, et c'est toul.

Le romantisme ©t l'âge xnoderne. — Le XVI 11'' s. continua dans

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