GOO LES ÉLÈMESTS DE LANGAGE SERVANT DE CARACTÉRISTIQUES
la vogue est à inlassable (infatigable étant démodé) : Votre inlassable activité... Quand on parle de Valliance ou de Tamitié avec les puissances étrangères, on ne saurait se passer d* indéfectible. Les épithètes ne sont pas moin» flamboyantes chez les orateurs populaires. C'est un des pires abus du style actuel.
Les adjectifs verbaux en langue moderne. — Les écrivains du XIX*' s. ont usé et abusé des adjectifs verbaux : ces narines larges, reniflantes, aspirantes (flaib.. Par les champs, 74) ; — urf ruban rose dans ses cheveux bouclants (in.. Éduc, ii, 208) ; — Toute heureuse, toute gaie, toute espérante (gonc, (/. Lacert., 64) : — es-tu bOUSCIllante, Germinie! (iD.. Ib., 38) ; — dans la poussière craquante des routes (zola, D*" Pasc, 212).
Usage des adverbes. — Chaque époque a eu des adverbes à la mode (lî. L., III, 67). On se souvient des échantillons du sonnet de Trissotin : Votre prudence est endormie. De traiter magnifiquement Et de loger superbement Votre plus cruelle ennemie (mol.. Fem. Sav., 761). Il faut être Bélise pour se récrier là-dessus. Les adverbes en ment, si lourds, n'ont jamais passé pour des beautés littéraires.
Quelques grands écrivains du XIX** s. sont cependant arrivés à en tirer parti, par la place qu'ils leur ont donnée : Et, tranquille au milieu de Vépouvantement. Vient, passe, et disparait majestuensement (lec. de l., Po. tr., Albatros). Flaubert a souvent, lui aussi, de semblables trouvailles : la tente de coutil formait un large dais sur sa tête, et les petits glands rouges de la bordure tremblaient à la brise, perpétuellement (Éduc, i, 15).