LES CONSTRUCTIONS DE L'ATTRIBUT D'OBJET
La construction des attributs d'objet est tantôt directe, comme nous venons de la voir, tantôt indirecte. Des verbes qui construisaient directement l'attribut de l'objet prennent aujourd'hui une préposition ; Au XVI« s., on disait : tenir heureulXy avoir agréable (h. l., ii, 476). Au XYII® s., avoir agréable, ou pour agréable étaient également usuels : J^espère que vous n'aurez point désagréable le petit présent (costar, Lett., ccxi); — les muses estoient des divinitez qu'il falloit avoir favorables (furet., Rom. Bourg., éd. elz., 288). De même, fe tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout (pasc, Pens., i, 1). 11 y a lieu de se souvenir à ce propos de l'équivalence des constructions directes et indirectes dans d'autres tours (1).
Les ligatures usuelles. — A. — La construction avec à était encore commune au XVIe s. : demander à femme, prendre à femme (h. l.,ii, 475). n en reste des exemples : prendre à partie, à témoin, imputer à vice.
Pour — Comme. — C'es-t pour et comme qui servent généralement aujourd'hui : tenir pour certain, présenter comme acceptable^ considérer comme une amie ; — Vopinion générale la tenait pour une tranquille personne ; — Trezène... Qui m'a, sans balcuicer, reconnu pour son roi (rac, Phèd., Ail) ; — Jésus ne regarda jamais la terre... comme valant la peine qu'il s*en occupât (ren., Jés., xvii).
De. — On dit aussi traiter quelqu'un de fourbe, d'impQSteur (2).
Dans la phrase passive. — L'attribut de l'objet devient naturellement attribut de sujet, quand la phrase est tournée au passif : On a mis l'Allemagne hors d'état de nuire devient : Elle a été mise hors d'état de nuire. Cf. Je l'ai prise à partie. Elle a été prise à partie. Nous revenons alors au cas que nous avons étudié dans un chapitre précédent (p. 618).
(1) Cf. Je uous liens de ce jour sujet rebelle et traître (v. n.. Hem., ii, 3). La guerre semble avoir brouillé complètement le sens de certaines constructions. Les Journaux impriment couramment : considérer impossible.
(2) Dans traiter en frère, recevoir en amis, et les semblables, on peut se demander si on a aiTaire à des attributs ou à des compléments de manière (Cf. traiter d'ami).