CHAPITRE V LE PRIX
Questions. — On demande le prix à l'aide de : Combien, à quel prix, pour combien, etc. ?
Garactérisations extrinsèques. — Il n'y a pas d'adjectifs de prix précis. Le prix est le plus souvent marqué par un complément introduit à l'aide des prépositions de et à : un canif de treize sous ; — je vous le solderai à cinq francs; — je Vai trouvé à 4 fr. 50 (1).
Pour entre aussi en jeu : on vend tout pour rien. Cf. à raison de : à raison de vingt sous le mètre ; — moyennant un cadeau, moyennant finance ; — au prix de, au poids de Vor^ poids d*or.
Après un verbe, on exprime très souvent le prix par un complément sans préposition : Cela m'a coûté cent francs ; — je le paierais bien un louis ;
De même après les noms : un complet bon marché. Dans les annonces, cette construction est courante : un franc la livre les haricots verts. Elle vient probablement de l'étiquetage.
Coûter figure dans le Dictionnaire de l'Académie en qualité de verbfe « toujours neutre » , même au figuré : les efforts, la peine que ce travail m'a coûté. Le participe reste invariable. « Cette décision, dit Lemaire, s'appuie sur l'exactitude grammaticale. Mais l'usage s'est établi de lui donner, au figuré, le sens actif de causer, occasionner, et l'exemple de nos meilleurs écrivains semble autoriser cet emploi : « Vous n'avez pas oublié les soins que vous m'avez coûtés depuis votre enfance. » (Gram., 1862, 324).
Valu reste de même invariable avec un complément de prix : Ce château ne vaut plus les trois cent mille francs qu'iV a vidu.
L'a. f. usait de sur et de sous pour désigner un prix particulier, celui d'un délit ou d'un crime : Sous les ieux à crever. Sous ou sur peine de la vie ont été longuement discutés au XVII* s. Le premier a fini par triompher.
Après punir, on se sert de la préposition de, après condamner de à: punir de mort, condamner à mort ; — une loi toujours observée punissidt de mort celui qui entrait à la séance avec une arme quelconque (flaub., P. chois., 184, Sal.).
(1) Dans ie peuple, on commence à dire de : Je vous le laisserai de selie foat : c'est un provincialisme.