COMPARAISONS GÉNÉRALISÉES
I, 1078, M.); — la plus belle compaignée gue on sçaurolt dire (id., ii, 299); — c'est une affaire sérieuse, et la plus pleine d 'honneur pour vous qui se peut souhaiter (mol., B. G., v, 5) ; — Ce service. Monseigneur, n*est pas le seul qu*on attend de vous (boss., Henr, de Fr,) ; — C*est la moindre faveur qu'on peut... prétendre (mol., D. Gare, 1828) ; — C'est tout le rare exploit dont il se peut vanter (corx., Androm., 1534).
En langue contemporaine, il semble bien que nous nous trouvions en présence de deux modalités assez différentes : Nous vous offrons les plus belles fleurs que nous ayons trouvées, signifie : que nous ayons été capable de trouver. La généralisation amène à considérer tout ce qui peut être. Cette nuance potentielle n'existe pas, si on dit : que nous avons trouvées. La question est de savoir si on peut parler ainsi. Incontestablement oui, dans certains cas : C'est la seule concession sur laquelle je peux vraiment compter.
Avec les mots : dernier, premier, sitôt qu'il s'agit d'une simple notation de rang, l'indicatif s'impose : Vous le trouverez facilement, c'est le premier qui est arrivé ; — c'est le dernier que J'irai consulter ; — c'est le premier musée que nous avons visité en détail.
Quelques exemples s'expliquent très nettement de la sorte; M»"^ de Staël écrit : Benjamin s'est mis à faire un roman, et il est le plus original et le plus touchant que J'ai lu (b. const.. Ad., xiii) ; — je ne voudrais pas mourir sans avoir laissé dans une mémoire après moi cette prolongation de notre existence dans l'existence d'un autre... seule immortalité à laquelle Je crois (lam., Raph., 89) ; — fai reçu une lettre d'un parent, le seul qui m'avait témoigné quelque intérêt (a. karr, Tilleuls, 67) ; — Ce fut là une des grandes forces de Jésus et le moyen le plus habituel qu'il employa pour fonder son enseignement doctrinal (ren., Jés., ch. viii).
Il paraît peu téméraire de retrouver le même sens dans des phrases de l'époque classique : De beaucoup de frères qu'avait eus le Duc de Nouilles, c'était le seul qui restait (st sim., 284, 105, L.) (1).
Autre construction. — Très souvent un simple complément, formé d'un infinitif construit avec à, sert de complément à ces adjectifs : Vous serez le premier, le dernier, le seul à admettre cela ; — Je n'étais pas le seul à souffrir (REN., Souv., Enf., 133).
(1) Une phrase de Madame de Sévigné gardera de raflflner trop : ron dit qu'il n'y a que celui qui commande en Provence qui n'en a point, et qui ftlt une belle et agréable place (I^tt., mcxxix).