‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 449 sur 586 · LA CONTE MPORANÊI TÉ DANS LE PASSÉ · texte numérisé non relu

LA CONTE MPORANÊI TÉ DANS LE PASSÉ

rimparfail. Elle peut l'être, suivant les cas, de plusieurs fnçons. L'action A et Factiûii B ioiii toutes deux ù rinipiîrraiL : La mi'rese mourait, tfs en/unis jouaient dans la cour.

L iution A peul cire i^i rhïiparfail, riKliun B à un paî»sé : La mire se mourait, Mv mfunis accoururent pour ia voir mcnttK

L'action A peut être au pasisé, l'action B a riniparfait : La mt^re mourut, les enfants jouaient touîours.

Forineâ d© l'imparfait. — Au conrmencement de la période française, l'imparfait présentait des formes très variables, suivant les dialectes. La première conjugaison avait, dans l'Est et le Nord-Est, une forme en eue, eves : chanttve ; dans T Ouest une forme en oe, oes : chanîot\ Peu h peu la forrae en eie, êtes, eit, eienf, qui proj*rement appartenait aux autres conjugaisons, envahit la 1^^, et on dit ameie, comme rompeie et savete, A la 1*"* et 2'" personnes du pluriel, les désinences étaient en iiens^ iiez{H. l., i, 202-203).

Vers le XIII» s., e/e passa à oit\ puis à wtr que Ton écrivait oie, l/e sourd final se fit entendre jusqu'au XV*^ s. Mais dès lor^ les deux formes aie et oh sont en concurrence. Au XV f*^ s., la lutte continua. Les tliéoriciens étaient partagés. Palsgrave, du Wez, Robert Estienne, Meigret, Ramus sont pour oye, Pillot, Abel Mathieu, Henri Eslienne veulent ois. Dans les impressions s est déjà fréquent : ic nfMoys euentant (tahir.. il '27, son» 33) ; ^i'ôStoys un soir (id., 65, son, 57; ii.L., ti, 329-332). — La forme la plus rare est en oiVsans e ni s. La langue s'imprimait» on n^avait plus la même raison de tenir ù Vy, cher aux maîlres d'écrit ure. Visiblement oie est aussi rn décadence. Cependant Ronsanl recornnuuidait < pour la commodité des vers) de ne pas l'abandonner.

Au XVI U' s., il n'y a plus qu*une question d'orthographe en jeu ; tous les imparfaits s'écrivent par une s, ce qui évite IMiiatus : je parhys. On garde la faculté à la rime d'écrire oi (otj) ; on évite ainsi de rimer toujours avec des pluriels : je serray : fioy (u, L., m, 320).

Le rôle de cette forme temporelle n'a cessé de grandir* Dans l'a. f., pour présenter un fait comme contemporain à une action passée, on employait surtout le passé simple : IJ reis Marsiîies en fut rnult esfreez : Vn algier tint ki d*or fui enpenez {Roi., 438). De même dans les descriptions : Un faldesloed ï itvtt {ail lui d*or mier (Ih., 115). LUmparfait existait, mais dans la chanson de Roland par exemple, du vers 1 au vers 500, on en trouve seulement trois exemples. Dès le XII*" s,, l'état des choses commence à changer : rimparfait entrait peu à peu en possession de son rôle de présent dans le passé. Ses progrés se sont poursuivis depuis sans interruption- En ce point que U roys estoit en Acre, se prirent ti frerc le rog a jouer ans deiz ; et jouoît ti cuens de Poitiers si courîoisvmenL que quant il amit gaaingné, il îesùit oui^rir la sale et f es Oit appeler les geniishomes et tes gentisfemmes^ se nuîz en y avoît, et donnoit à poingnies (joinv,, 276 ; cf. h. l., t, 241). On a te sentiment dés lors que l'imparfait représente une action qui dure, tandis que

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le passé simple exprime une action comme un point du une ligne close dan| le passé : Vostc de lu maison tira une hamlr de ces Liegais et vînt assaillir s4 maison, où kdirt dnc estoit drdans (comm., ii, 101, MaiicL) (1).

Malgré ces progrès, même au XVI'' s,, il arrive encore qu'on trouve Jtîl passé simple jouant dans les descriptions son rôle primitif : Son fouet feot d'œiilft&^ roses et iys Bkmcs^ fiez d'or en la France ciiciiîis (forcad,, Op.^ p. I, V. 3-4 ; H- i„ ni, 583).

Au seuil du XVII'* s.. Mnupas et Oudin établirent des distinctions tr* s] nettes entre les tli-ux temps : Si deux artions intervA^nues en ni^me temps sont d'éjJîaïe durée, elles sont toutes deux a riinpa riait. Si Tune est de 1angue| durée, t'autre de eourte, la seconde se met au passé simple, la premières l'in\parfait. Ouilin donne rexeniple suivant : J^esiùls hier chez Monsieur i comme ie Tentretenoîs, il me dit tiutt VOUloit parlir dans peu de jours, ce qiJi^ je ne lui conseîllay pas (Gr,, 18.y). Depuis lors, de nouveaux pro^rés^ qui s'ex]iîiqueroul par l'exposé qui suit, ont fait de te temps un élément essentid de notre système temporel.

I. Bmplois propres de rimparfait. — A) La eonteniporanéité étrinU marquée fxar T imparfait, il en résulte que c'est ce temps qui est enipIo>éj pour noter el déerire les eireonslances. la situation, le milieu où une action j se produit : /.r sair tombait ; la tuîle était ardente et noire. Il avait rofjtn* siv:*... U tenait Writingion aerulé sur un bois... Soudain, joyeux, il dit : Grouchy * — c'était Hlucher ! (\\ h.. Chat.. Expiât.) : — La matinée était i Mfe : tes alouettes commençaient (i ehanter : quelques lourdes charretu^i soulevaient çà el là la potissiere : — C*était i'n de ces beaux malins un pfO] froids, comme il fait En netohre. Le eiel secouait de sa robe Les brouUlardil vaporeux sur le terrestre glohe (^ïusseit, Mard.. xxiv) : — Il n'y avait encon j personne sur lit pUiffe, la petite maison du passeur... était fermée, toute ruissfi lanie de hrouiîtard : On entendait dedans des enfants qui toussaient (a, D.%ci>.,J ConL chois,, Le Bac).

B) Pour rapporter les dires, les idées d'un f>ersonnage qu'on fait parler I au passé, rimparfail entre eu jeu, naturellenienL Dans [e style indin-et» tantôt les imparfaits sont suliordoonés, tantôt ils ne le sont pas, Os |K*i;»j vent dépendre fl'un verbe ou d*un nom signiMant dire, penser : Etonné^ fl| courut chez son proteeleur : mais vefui-ci, loin de prendre parf à son échtc^ s'en réjouit tout lunit : Francis n*était point fait pour dépenser sa verve \ dans ces vulgaires restaurants de l* esprit appelés journaux, U se devait <<*«'] entier au grand culte de VarL Dieu V avait marqué du sceau de la poésie, sa^ muse ne pouvait sans crime descendre au rôle de femme de ménage (b. sorv., Clair., 57^ ; — le magistrat r interrompu brusquement : Commette ! il avait

(H Cf. D'iffius detiz issy Jfmm f.Vi^r, qtti lu kur fis. Qui fu en st fonesse de larltmt /m mi*i Cnr it fit fn tnfamhr desgtiiwz et hastis, Ei ftxt motttt de mertffUtx doril tl /u mouU hais, M«*f de biouié estait fMrfuitrmrrU gtirnia, 5*e]toit de pîeiiseur dames et antez et cherif. Et lluet g pff*' droit volentier trz drlis (if, i aimt* IV- 1 ; ii« 1,,^ i. 4(>8>.

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