‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 457 sur 586 · SUBSTITL'TIOX DE TEM^S RELATIFS AUX TEMPS ABSOLUS · texte numérisé non relu

SUBSTITL'TIOX DE TEM^S RELATIFS AUX TEMPS ABSOLUS

246) ; — On m sentait pas de queîle util Hé il est d'avoir des principes (d'où VET. Pf/is. de Cic, vil),

La même doctrine se conserva longtemps (1), Chez les observateurs, elle se lempéra pourtant peu ù pt-u f2). En effet, on avait remarqué qu'en dépit lie ta logique l'imparfait était d'usage. Il se trouve vn réalité à chaque page, chez les écrivains du XVI ï** s. et même du XVllI*: La dame au nez pointu répondit que la terre Etoit ait premier occupant (la font., Fabl.^ vn. 16) (3).

Aujourd'hui il y a encore du îlottctnent ; mai*> on use le plus souvent du temps relatif : A'ons avons montré comment, en uertu d'une loi nécessaire, r unité et la imriété,., croissoient simuilanémenl dans l'Uniifers (lamen., Esq. d'une phiL, i\\ 337> {U : — L'homme a cru qu'il était d'une essence spéciale et que les animaux,., n* agissaient que fwussês par une force, l'instinct (BRONGNiAKT, //, uoL, 183) ; — Il y a plus. On fait si sous-enL l'attracUon qu*on est surijris de ne pas la trouver à cerlains endroits : Dans mon rêve, on m'avait persuadé qaï\ pleut (alo., Av.. m* 4^.

Les romantiques usaient encore très souvent du tempK absolu dans les conjonctives : Je vouiûis retenir rame qui s*évapore (lam,, Méd,, ik 231); — Ce n'est pas parce que Fidée est perntiuienle qu'on a ici le présent, et Thotuas- Lefebvre a raison de demander 1 imparfait. Cf. Que j'aimais.„ A porter sur mon sein ce beau corps qui s'affaisse {lu., Jor., 12 déc. 94) ; — Lorsqu'un eut bien montré son front royal qui tremble (v. n., Ctutnls Crrp., Nap. 11); — Et sous les noirs taiiiis dont t'ombre renveloppe.,« La pantîière à l'affût humait leur jeune sang (lec. de i.isle, Po. ant,, Bhagavat). C'est un usage qui se perd. Il était la ])luî)arl du tenq>s, injustifié.

Dans le Kt;TLn. - Le.s observatîfjns ci-dessus s'appliquent, lorsque l'action subordonnée se place dans le futur. Ici encore, le temps absolu est

(1) • En rniin tai-fr uppeir û hattit imiT^ dirijiHt^ f'Iï p4*rl«iit tl'un homme éloigna, fai un qu'il ne m*entendoit puA. En vain îtii ftifr sfinvcnt udressé lu parok, *Urfïis-je cri parla ni d*uti siiurd. fui vu qu'il n*entpnti p<tx. • l.e tempî» nVisl plu» ou riiommc éloigiit' éiait no ni'ofilendant pas ; vollâ pourquoi dans la 1" phrase, il faul yn temps passé. Le temps esl encore, où lu suurd est n'entendant pas. voilj^ ptiurquoi dnii^la second*^', U faut un temp»' prèM*ni (noMEntiUE, lOf-lO^K

(2) A. Lrmarea IrcS justement observé : Cette di^rUion absolue de.\ Graminairipaïi nous puraU combat tu I* par le nombre même dei* exemples condamnés, car 11 résulte de ce rapprocliement que l'usage général est en eonlradiction avec In réftle. C'esl f|iie les r»rnmmaiFfens ici veulent faire violence rt lu pensée, cl cluinger le sen-* des pliravps. Si rauleur veut seulement irstirquer un rapport entre deux idièes, sli exprime un ii.enUment. une réflexiiun rrlalixo, pourquoi voulezvoui le forcer à changer sa pensée en une mnxime générale... * ï>îcu oit que son ouvrai^e était bon • indique l'approbation donnée au moment même ; c'est une réHexIon qui marque le rapport entre le jugement el la qualité énoncée. Si Ton subslitucJe présent e,'»/, ou change entièrement le sens... qtmnd Voltaire dit : •< J'ui trotmé que la lilierlé tuttait encore mieux que la '^iinté "» il n*a nullement rintenlion d'énoncer une vérité îneontestablcK.,

Ainsi donc la règle deOomergue est applicuble toutes les fois qu*on i*ent ou qu'on doit énoncer lin- qualité permanente, immuable. Mai*. c[uund il ne s*agit que d'une réflexion ou d*un rapport, il est loisible de mettre le verbe ù un temps pasvé (r»in.vuLT-i>tiviviiiH, tir, Jm Gr., note de A. LEMAHE. 69t-(>»2K

iZ} Les observations concernant le cas où le verbe principal est au passé t;^' applique ut aux phrases où ce passé est représenté par un comlitioniifl passé renfermant un doute : // aurait riCûnté qttr rmi.'i Atei, «/ac mnin éttvi son ami : — Les ttmix fJti dépttk^ strrhmt lUralflOt ailDAneé, titi matin dti scrutin^ que Mm prinripttl ctmcurrtni était inélitilttte, ixirve qn'U Hait né nealtment ie 1« juin 1905,

{i> Voici uu curieux exemple : Vous m*^Véisit/Jlsammi*itf démontré f/nr omn almlil i^fre flUe ti*im iQtit mitre arur qur itfnts ne rit'almaz liicnv., f.mini, /T., i* 15).

LES liELATIONS CHROSOLQGIQVES

possible, logique, el on le trouve: Vous le croirez aisément qmmd vous sçaurez que Fou m*a dît anjourd^huy que noQS partirons lians cinq jours (voit.. LetL, XLiv) il). II est d'usage dans le slylc admiriislratif : M, A'. Vient de décider que les agents employés dans les recettes simples des postes bénéficieront dès ce mois-ci de t indemnité de guictiet. Cependant Tatiraction exerce là aussi une inûoence irrésistible : On a décidé que tes cafés ne fermeraieilt plus qu'à une heure.

Au Bubjonctil. -« Les nunue.s grammairiens qui demandaient Ir maintien du temps ;il>^oIu à l'indicatif, ont, par une conlradielion èlrangc, votilu» au subjonctif, imposer une concordance de temps exclusivement fondée sur la forme. Et on aboutît à des phrases comme celles-ci : Ces dames îraient-elles visiter tes fleurs demain^ aidant qn*etles nt fussent fanées 7 (p. r; r v. >tAi^c.uER.. Fem, nouiK, 27),

Après un temps passé, les classiques, eux, mettaient tout naturellement un présent du subjonelif, quand Faction subordonnée exprimait une vérité permanente : Je n*sï jamais remarqué qu'il y ait de ta perfection intérieure^ où te parfait amour du proctiain n'est pas (s^ chantal, !.ett.^ cccxuii); — je demande... quand il n'a pas été ra! sonnaille que le crime soit puni (la bb,. Car., ïîpn forts, 47) ; — Dieu a entouré tes grux de tuniques fort minces^ transparentes au devant, afin que Ton puisse voir au travers (D olivet» Pens, de etc., eh. n, sur T Homme),

Les bons grammairiens du conimeneenvent du XIX*-' s. avaient très bien observé. La Grammaire des Grammaires admet parfaitement le présent, lorsque le verbes exprime une action qui peut se faire dans tous les temps t ^ et elle cite Texemple de d'OlivcL

Il en est tout à fait de même quand l'action suliordonnce est dans le présent ou l'avenir : Vous êtes grand.,, et relevé, conmw j'ai touinuis desiré que vous soyez (malh., Ép,, xlvi) ; — Le Prince ayant connu te mérite de vostrc parent, a eommandér^u'on le reçoive honorablement (oudin, Gr,* 201 ï; — Mon père a consenti que Je suive mon ctwix (corn., Ment., 3) ; — Si je leur dois des vœux de ce qu'Us ont permis Que Je rencontre ici mes plus grands ennemis (îd., Pomp., 1007) ; — Mais qui n'est que V effet d'une sage condnitr. Dont César a voulu que VOUS soyéz instruite (rac, Brit., 131); — n'avezimus pas Ordonné dès tantôt qu'on observe ses pas ? (id,, Bér,^ 1201) ; — De vos ordres. Seigneur, j'ai dit ^u'on Favertîsse (id.» //».* 331) ; — J'ai tâetlé de ne mettre dans et petit Ouvrage, que tes matières tes plus nécessaires.-, afin qu'Qn puisse facile ment... remarquer la faste situation,,, des parties (Gram. méth., 1681, PréL).

n en est dans tous les systèmes de propositions comme dans la plirasc objective. Ainsi, dans les finales, dont la fin est dans le présent et le futur, on gardait, suivant la tradition française, le présent ou le passé composé : dirent qu*il seroît hon qu on te montrast aux parens de ta femme, affin qu'ils cogliois-

1 1 ^ MnUif^rbe 6erit : M 'avant écrit que voui parUifts... futur t*ftur ki, H tte iHtnM {/ wtffttnl pninim je ftetisnii {t.HL, vji. l£sl-re iiilc fautt- ?

SVBSTITVÎ fftS ni: temps relatifs aux temps absolus 791

sent son gouPfTnvmeni {C Xoiw., u, 55) ; — Pour ton retour ]*invoquay îefi îkrfes Nymphes dt-s eaux, afin que bifntoat elies ramènent (on vaisseau â /km porls (Fleurs de PEloq, fr.. 19); — J*al crn demir expliquer ici ces particulariiés, afin que cettx à qui fhisîoire de t' Ancien Tesîamenf n*^ sera pas ass6Z présenîe n'en soient point arrêtées en lisant celle tragédie (RAC, Atfh, Prt'f.) ; — Depuis trois ans entiers. qti*a-t*il ait, qu'a-t-il fait Qui ne promette ù Home un empereur parfait (m.. Brit., 25) ; — ne manquez pas de m'apprendre que ses ris ont accompagné Clarisse jusque dttns sa dernit^re demeure, afin que mon aversion pour ette solt parfaite (dider., Rivliardson, 216).

])e même dans les coriséciitives : Deux années ont-elles si fort changé te fits du barbier Nunez que VOUS te méconnaissiez? (lesaob, P, Choisies, 68).

ConeluaîOQ* — Donc, en bonne régie, contre le système d*aUraction érige en loi grammaticale, il faut maintenir qn'il n'esl pas toujours vrai qu'un passé dans la principale entraîne l'imparfait rin subjomUf «Jans la subordonnée : ït est orphetin. Mais j'ai fait en sorte qu'il n'apprenne pas son malheur pendant sa convalescence (la convalescence dure encore) ; — ta toi a orâonné qu' aidant toute procédure les deux confoints soient appelés en ronciiiation devant te juge. L'imparfait du subjonctif perd antanl à être eniployé hors de propos qu'à ne pas l*être du tout.

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