‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 458 sur 586 · SUBSTITUTION DES TEMPS ABSOLUS AUX TEMPS RELATIFS · texte numérisé non relu

SUBSTITUTION DES TEMPS ABSOLUS AUX TEMPS RELATIFS

Passé simple substitué à un second passé*— La langue classique» se contenliiil souvent d'un passé simple au lieu du pius-que- parfait. Ce pnssé, marqoHnl un temps lointain, suffisait pour reculer l'aclion. On peut citer en exemple le vers cêïèï>re de Boileau : ce^ lapins Sentoîent rncor k chou dont iis furent nourris (1).

Passé composé substitué à un futur antérieur. — Il arrive aussi fort souvent qu'on renonce à marquer spécialement qu'une action antérieure à une action future est elle-même placée tïans l'avenir,

Molière écrivait : J'ai des raisons à faire approuver ma vonduite. Et }e connoîtraî bien si vous Faurez instntite (F. 5(^/i».,639). Comparez : Ton dira que Doire femme aura été cause de cet accident (la font., Psyché, 1. ii).

Cette syntaxe est impérativement réclamée par Andry de l3oisregard (Suite des Remarques, 374-378). Il blâme la plirase : It est certain qu'au jour du Jugement, on ne nous demandera pas te que nous avons lu, mais ce que nous avons fait. Il faut : aurons în, aurons fait

On trouve fréquemment de nos jours des exemples où on a abandonné l'usage d'une chronologie relative. On dira fort bien encore : j'*âi marciué ce que vous avez dépensé hier, et je verrai demain ve que VOUS âtire2 dépensé au/ourrf'/iu /Toutefois, quand il n'y a pas d'opposition de ce genre, on ne se pique plus de la même exactitude, on dit simplement : vous me ferez notre eompie. eî je verrai ce que VOUS avez dépensé (2) ; — Demain... il paraîtrait â ta table d'hôte, et il prendrait son repas sans s'apercevoir qu'il n'est pas seui àtabk (boisl., lies Borr., 40). Ici un présent est associé dans la phrase-objet à des futurs dans k passé.

(1 ï Cl. On se rnpfîektit qite, dit moins, les t'onxpiniieitnf qui les ont {précédés tviltat SU mourir iJmtrnaîdê Perkt^ VI Thermidor Hn li^ Aii.AKii. o. iv, i, 1),

(2j hlxt'nîpies contraîrcis ; Si If ntalhcttr tient que mm^ muiirht h prpmiiT^ A/onj»/rnr, ce »era û iNju* d'mvttit prit îcji disftoâition.^ que nutin lurei cru dei^oir prtendre {\. t>UMAs» Quest. tTurg., i\\ 7} ; ' fn ftifi! tttay iltre qu'il ii*jr lurt rien de changé il.wf.u., Xoiuk Jeu, 102).

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